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Hull réclame la montée directe après le scandale Southampton

La folie des play-offs a basculé dans l’absurde. Pour Acun Ilicali, propriétaire de Hull City, il n’existe qu’une issue cohérente au chaos actuel du Championship : envoyer directement les Tigers en Premier League.

L’expulsion de Southampton pour espionnage a déclenché une réaction en chaîne sans précédent. L’EFL a décidé de repêcher Middlesbrough pour disputer la finale, alors que Boro n’a pas gagné sa demi-finale. Hull, lui, était déjà qualifié. Ilicali estime donc que son club n’a aucune raison de rejouer sa place.

« Nous devrions aller directement en Premier League »

Interrogé par Asist Analiz, le propriétaire turc a exposé la ligne de défense de son club. Un point, surtout, revient avec insistance : Hull est le seul finaliste « légitime » encore en lice.

« Dans des circonstances normales, deux équipes atteignent la finale et l’une est disqualifiée. L’avis de nos avocats est que nous devrions aller directement en Premier League, mais ils étudient la situation en ce moment. Nous ne pouvons rien dire de définitif. C’est un peu le désordre », a-t-il expliqué.

Le désordre, il commence avec la révélation qui a fait exploser le dossier : Southampton a envoyé un stagiaire observer les séances d’entraînement de Middlesbrough avant leur demi-finale. Une violation claire du règlement. Le club l’a reconnu, mais conteste avec vigueur l’ampleur des sanctions.

Le CEO des Saints, Phil Parsons, a déjà confirmé que Southampton a fait appel de la décision prise cette semaine : exclusion des play-offs et déduction de points à venir. Un coup de massue sportif et financier.

Un Wembley préparé… pour le mauvais adversaire

Au milieu de ce bras de fer juridique, Hull se retrouve dans une zone grise, sportive et mentale. Les Tigers ont passé plus d’une semaine à préparer un plan de bataille précis pour affronter Southampton. Vidéos, analyses, séances ciblées : tout était calibré pour un seul adversaire. Puis le décor a changé à quelques jours de Wembley.

Pour Ilicali, cette bascule de dernière minute fausse la compétition. Son argument est simple : Hull a gagné le droit de disputer la finale dans des conditions équitables. On lui impose désormais un « remplaçant » qui n’a pas passé l’obstacle sportif, et cela, dans un délai minuscule.

Le propriétaire ne cache pas sa frustration devant l’impact concret sur son vestiaire et son staff. Changer de plan de jeu à ce niveau, à cette vitesse, relève presque de la mission impossible.

« Nous nous préparions pour Southampton depuis 10 jours. Toute la planification, l’analyse et le travail étaient centrés sur eux. Maintenant, à quelques jours de la finale, l’adversaire a changé. Demain les joueurs sont au repos, jeudi est la dernière séance sérieuse. Nous allons préparer le nouvel adversaire avec un seul entraînement », a-t-il détaillé.

Une phrase qui résume le casse-tête : un match présenté comme « le plus précieux du football mondial », avec plus de 200 millions de livres en jeu, préparé sur une seule vraie séance face à l’adversaire finalement désigné.

Southampton crie à la disproportion, Hull se dit lésé

Pendant que Hull pousse pour une montée sur tapis vert, Southampton se bat sur un autre front : celui de la proportionnalité de la sanction. Les Saints dénoncent une décision sans équivalent dans l’histoire récente du football anglais.

Le club met en avant des précédents. L’épisode Leeds United en 2019, par exemple, où un scandale de « scouting » avait débouché sur une simple amende financière. Rien à voir avec une exclusion directe d’un match valant plus de 200 millions de livres.

Pour Southampton, se voir retirer la chance de disputer ce match, assorti d’une future pénalité de points, dépasse tout ce qui a été appliqué jusque-là dans le pays.

Hull, de son côté, se considère comme la principale victime collatérale. Le club ne digère pas l’idée d’affronter un « lucky loser » comme Middlesbrough, propulsé en finale sans avoir franchi sportivement le cap des demi-finales. Aux yeux de la direction, l’intégrité même du système de play-offs est touchée.

Une finale sous haute tension… si finale il y a

Pour l’instant, la date officielle n’a pas bougé : la finale est toujours programmée le 23 mai à Wembley. Sur le papier, Hull City doit y affronter Middlesbrough. Dans les bureaux d’avocats, la réalité est bien différente.

Les recours se multiplient, les argumentaires s’affûtent, les positions se durcissent. Southampton conteste la sévérité. Hull réclame la montée directe. Middlesbrough, lui, attend en silence une opportunité aussi inespérée que contestée.

Une chose est sûre : la route vers la Premier League n’a jamais semblé aussi embouteillée. Et si la plus grande question, désormais, n’était plus de savoir qui gagnera la finale, mais qui sera réellement autorisé à la jouer ?