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Hull City surprend United et souligne les limites de Carrick

Hull a attendu neuf ans pour marquer de nouveau en Premier League. Il n’aura fallu que 17 minutes pour rappeler à United à quel point l’élite peut être impitoyable.

Dans un MKM Stadium en fusion, les Tigers ont signé leur première victoire contre United depuis 2017, 2-0, et lancé un sérieux avertissement à Michael Carrick, déjà sous pression pour sa première saison complète sur le banc.

Carrick prévenu, Carrick puni

Avant le coup d’envoi, le manager de United avait balayé d’un sourire les remarques sur un prétendu début de saison facile, avec ce déplacement à Hull suivi de la réception d’Ipswich, autre promu. Sa prudence n’avait rien d’un discours de façade. Elle s’est transformée en sinistre prophétie.

Sur le terrain, son équipe a rapidement sombré dans l’apathie. Youri Tielemans et Andrey Santos, tous deux titularisés au milieu pour leur première sous le maillot de United après leur arrivée d’Aston Villa et de Chelsea, ont traversé la rencontre comme des ombres. Anonymes, dépassés, jusqu’à être sortis ensemble au milieu de la seconde période, sans que cela n’apporte la moindre réaction collective.

En tribune, Alan Shearer a résumé le malaise d’une phrase cinglante. Pour l’ancien capitaine de l’Angleterre, United a été « choquant, sans faim, terrible ». Le verdict a résonné comme un écho brutal à la prestation proposée.

Un début prometteur… puis le naufrage

Le plus rageant pour United, c’est que tout avait plutôt bien commencé. Luke Shaw déposait un centre parfait sur Bryan Mbeumo, dont la frappe puissante obligeait le gardien débutant de Hull, Konstantinos Tzolakis, à une première parade autoritaire. Quelques instants plus tard, Noussair Mazraoui trouvait Matheus Cunha, qui déclenchait un tir rasant que Tzolakis allait chercher au bout de sa détente.

United semblait avoir la main. L’illusion n’a pas duré.

Hull a répondu avec un avertissement clair : un centre précis de Ryan Giles pour la tête d’Oli McBurnie, qui forçait Senne Lammens à s’employer. Le ton était donné. La fébrilité défensive de United n’allait pas tarder à exploser au grand jour.

Sur un corner, à la 17e minute, McBurnie se défaisait avec une facilité déconcertante d’un marquage laxiste. Sa frappe, mal repoussée par Lammens, revenait dans les pieds d’Ajayi. Le défenseur nigérian, tout sourire, poussait le ballon au fond à bout portant.

Le premier but de Hull en Premier League depuis neuf ans déclenchait une explosion de joie. Le stade se transformait en marée orange et noire, les supporters dansant, hurlant, savourant chaque seconde de ce moment attendu depuis si longtemps.

Défense en ruine, attaque inoffensive

United vacillait. Et devant, rien pour compenser. Patrick Dorgu avait l’occasion rêvée de faire taire le MKM Stadium, lancé par Harry Maguire, mais son tir, totalement dévissé, fuyait le cadre. Un symbole : la lucidité manquait partout.

Derrière, c’était pire. À la 38e minute, la punition tombait de nouveau. Un coup franc millimétré de Regan Slater semait la panique dans la surface de United. Personne ne s’imposait, la défense reculait, regardait. Mendy surgissait et plaçait une tête puissante, imparable pour Lammens. 2-0. Et des tribunes qui entonnaient un cruel « you’re getting mauled by the Tigers » pour accompagner le désarroi de Carrick, figé au bord de la touche.

Le manager, si précieux par son calme lors de son intérim après le règne tumultueux de Ruben Amorim, découvrait un autre costume : celui de patron permanent, attendu au tournant pour ramener un premier titre national depuis 2013. Le poids de cette attente s’est vu sur son visage.

Rashford impuissant, Hull en pleine confiance

Carrick a tenté un électrochoc à la pause. Marcus Rashford, de retour après une saison en prêt à Barcelone, entrait pour changer le cours du match. Rien n’y a fait. L’attaquant anglais a couru, cherché, décroché. Sans jamais vraiment fissurer le bloc compact de Hull.

Les Tigers, eux, jouaient avec une assurance nouvelle. Mohamed Belloumi faisait passer un frisson de plus dans le dos de United avec une frappe lointaine qui frôlait le poteau. Chaque offensive de Hull semblait plus tranchante, plus déterminée, que tout ce que United proposait.

Sergej Jakirovic, qui avait martelé toute la semaine que son équipe pouvait faire mentir les pronostics de relégation, voyait son discours prendre corps sous ses yeux. Au point que même lui devait se pincer pour y croire, tant ce premier succès contre United depuis 2017 avait des allures de rêve éveillé.

Un message clair pour la suite de la saison

United a fini par se rendre. Sans révolte, sans vraie réaction collective. Tielemans et Santos sortis, l’équipe n’a pas trouvé plus de liant, ni d’idée. Juste un constat : cette prestation indigente va peser lourd.

Carrick, qui réclamait déjà des renforts, a vu son club s’entendre avec Brighton pour le milieu Carlos Baleba. Après un tel naufrage, il réclamera encore davantage. Parce qu’une chose est apparue avec une clarté brutale : dans cet état, United est très loin d’une équipe taillée pour viser le titre.

Hull, promu par les play-offs après une sixième place en Championship – une première depuis Blackpool en 2010 –, vient de rappeler à toute la ligue qu’il ne sera pas un figurant. Et si cette soirée n’était pas seulement un accident pour United, mais le vrai révélateur de ce qui l’attend cette saison ?