Christian Horner révèle l'épisode Hamilton-RB
Christian Horner a levé le voile sur un épisode qui aurait pu réécrire l’histoire récente de la Formule 1. En 2012, Lewis Hamilton a bel et bien sondé Red Bull. Et c’est finalement le patron de l’écurie autrichienne lui‑même qui a soufflé à Niki Lauda l’idée de l’emmener chez Mercedes.
Hamilton voulait la voiture dominante
À l’époque, Red Bull écrase le championnat. Sebastian Vettel empile les titres, trois d’affilée, et la RB8 est la référence du plateau. Lewis Hamilton, encore chez McLaren, regarde ailleurs.
Selon Christian Horner, le Britannique se montre intéressé par un transfert vers l’écurie de Milton Keynes. Les discussions passent par Simon Fuller, alors représentant de Hamilton. Fuller avance une promesse XXL : ils peuvent conclure « le plus gros deal sportif de l’histoire ».
Mais pour Horner, une telle opération aurait exigé un investissement colossal de la part de Red Bull. Et surtout, elle aurait tout bouleversé en interne.
Vettel–Webber intouchables
Au sommet de sa domination, Red Bull estime ne pas avoir besoin de tout casser pour accueillir une autre star. Dietrich Mateschitz, copropriétaire de l’écurie, et les dirigeants refusent le scénario qui verrait Hamilton prendre la place de Mark Webber et devenir le coéquipier de Sebastian Vettel à partir de 2013.
Horner le rappelle : la structure fonctionne, les titres tombent, Vettel vient de conquérir trois championnats consécutifs. Pourquoi prendre le risque d’installer un duo explosif, coûteux, et de fragiliser un équilibre qui gagne ?
Red Bull referme donc la porte. Hamilton ne sera pas associé à Vettel. L’histoire s’arrête là pour Milton Keynes. Mais pas pour Mercedes.
Le coup de fil à Lauda
Après la décision de conserver le duo Vettel–Webber, Christian Horner ne range pas le dossier Hamilton dans un tiroir pour l’oublier. Il le transmet.
Il confie avoir alors conseillé à Niki Lauda, triple champion du monde et président non exécutif de Mercedes, de foncer sur le Britannique. L’écurie allemande, malgré la présence de Nico Rosberg et Michael Schumacher, peine à se mêler à la lutte pour les titres. Les résultats ne suivent pas les ambitions.
Pour Horner, Hamilton représente l’opportunité idéale pour faire basculer Mercedes dans une autre dimension. Lauda écoute. Et il agit.
Singapour 2012, tournant décisif
Horner relie directement le déroulement des négociations au Grand Prix de Singapour 2012. Ce soir-là, tout bascule.
Hamilton mène la course. Il contrôle. Puis la boîte de vitesses lâche. Abandon. Devant, Sebastian Vettel récupère la tête et s’impose.
Dans le regard de Horner, ce résultat renforce la position de Niki Lauda. D’un côté, Hamilton perd une victoire qui lui tendait les bras. De l’autre, Vettel triomphe avec Red Bull. L’écart entre les projets sportifs se voit en pleine lumière.
Ce contexte donne des arguments supplémentaires à Lauda pour convaincre Hamilton que l’avenir se joue à Brackley, pas à Woking. Et, au bout de ce bras de fer silencieux, le Britannique accepte de rejoindre Mercedes pour 2013.
La suite est connue : une dynastie, des titres en série, et un choix de carrière qui change le visage de la F1. Reste cette question, vertigineuse : à quoi aurait ressemblé la décennie si Red Bull avait dit oui ?



