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Hibs en barrages : une qualification sans éclat

Les Hibs filent en barrages, mais les supporters restent sur leur faim. Le nul 0-0 sur le terrain de Shkendija, en Macédoine du Nord, suffit pour décrocher une place en play-offs de Conference League. Sportivement, l’objectif est atteint. Emotionnellement, c’est plus nuancé.

Un « job done » sans éclat

Pour une partie du public, la soirée coche simplement la case obligatoire. Calum résume cette ligne pragmatique : travail accompli, pas de spectacle, mais un clean sheet en Europe reste précieux. Même constat chez Neil, qui parle d’un match « professionnel » et se tourne déjà vers la suite : franchir enfin ce dernier palier et découvrir le prochain tour pour la première fois.

John, lui, ne s’attarde pas sur l’esthétique. Il salue Hibs, assume que le match n’a pas été le plus agréable à regarder, mais rappelle l’essentiel : atteindre les barrages, rien d’autre ne comptait. Il insiste sur une impression de maîtrise : selon lui, l’équipe n’a jamais vraiment tremblé, Shkendija ayant été plus dangereux à Easter Road qu’à domicile.

La qualification apaise les nerfs. Elle ne fait pas taire les doutes.

Entre confiance et frustration

Kenny voit dans ce nul un prolongement direct de l’élan né du succès contre Rangers le week-end précédent. Pour lui, cette séquence doit servir de déclic à David Gray. Il réclame un Hibs plus audacieux, surtout face aux adversaires directs en Premiership, et regrette ces réflexes défensifs qui plombent parfois l’équipe.

Son message est clair : l’effectif a les armes pour jouer plus haut, presser, attaquer, au lieu de reculer et d’offrir des ballons dangereux à l’adversaire juste devant la surface. Les supporters, assure-t-il, suivront le manager si l’équipe joue « sur le front foot » et cesse de se mettre elle-même en difficulté. Trop de prudence, selon lui, bride un groupe qui pourrait viser davantage.

Un niveau de jeu qui interroge

Tous ne partagent pas l’optimisme. A Graham tranche nettement avec le discours du coach. Quand Gray parle d’un « très bon » adversaire, lui voit surtout une équipe faible… à laquelle Hibs se sont trop souvent adaptés. Il pointe du doigt la qualité de passe, jugée médiocre sur l’ensemble de la double confrontation, et une attaque sans tranchant.

Son agacement se cristallise aussi autour de la gestion de l’effectif : le transfert record du club reste sur le banc, alors que l’attaque peine à peser. Il attend encore des recrues supplémentaires, estimant que les arrivées déjà actées n’ont pas, pour l’instant, apporté les progrès espérés. La victoire contre Rangers apparaît, dans son esprit, comme une parenthèse plus que comme un nouveau standard.

Une qualification qui oblige

Entre satisfaction froide et inquiétudes persistantes, la voix des tribunes dessine un constat commun : Hibs avance, mais doit élever le niveau. La qualification pour les barrages de Conference League offre une plateforme idéale. Elle ne laisse plus d’excuse.

David Gray a validé l’étape européenne. La suivante, plus délicate, se jouera autant sur le terrain que dans la manière : osera-t-il libérer cette équipe, ou restera-t-il fidèle à une prudence qui commence déjà à agacer ?