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Hervé Renard sous pression après les défaites de l'Arabie saoudite

La trêve qui devait apaiser a au contraire allumé l’incendie. En quelques jours, l’équipe nationale d’Arabie saoudite a vu ses certitudes voler en éclats, et avec elles la position de son sélectionneur, Hervé Renard, désormais au cœur de la tempête.

Un 4-0 encaissé face à l’Égypte, puis une défaite 2-1 contre la Serbie : la gifle est lourde, le timing brutal. À quelques mois d’une Coupe du monde 2026 qui s’annonce dévorante, la sélection saoudienne a rappelé de mauvais souvenirs, ceux d’une équipe fragile dès que le niveau s’élève. Les critiques se sont abattues sur le technicien français, cible d’appels de plus en plus insistants à son limogeage.

Une Fédération sous pression, mais qui temporise

Face à ce climat électrique, la Fédération saoudienne de football a réuni ses cadres ces derniers jours. Une réunion importante, presque stratégique, au lendemain de cette fenêtre internationale ratée. Pourtant, malgré la colère qui monte, le message officiel reste clair : pas question, pour l’instant, de se séparer de Hervé Renard avant la phase finale de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Le discours est répété, assumé. La Fédération veut de la stabilité au moment où la compétition la plus exigeante du football mondial approche. Les Saoudiens sont logés dans un groupe H relevé, avec l’Espagne, l’Uruguay et le Cap-Vert. Deux billets directs pour les deux premiers, et un filet de secours pour les meilleurs troisièmes parmi les douze groupes. Le moindre faux pas se paiera cash.

Dans ce contexte, chaque décision autour du sélectionneur pèse double.

Renard, décortiqué ligne par ligne

Selon le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, la direction technique de la Fédération a lancé une revue complète du travail de Renard. Pas un simple coup d’œil sur les derniers résultats, mais une évaluation globale de la phase écoulée. Bilan tactique, gestion de groupe, progression de l’équipe : tout est sur la table.

Cette analyse n’a pas encore de date butoir, signe qu’à Riyad on veut éviter la panique. Le même journal évoque toutefois un chiffre qui résume l’ambiance : la probabilité d’un départ de Renard serait estimée à environ 30 %. Une minorité, certes, mais suffisamment élevée pour installer un doute persistant autour du banc saoudien.

La tendance, pour l’instant, reste à la patience. Le calendrier est serré, la Coupe du monde approche à grande vitesse, et changer de sélectionneur à ce stade aurait tout d’un pari à quitte ou double. La Fédération préfère observer, mesurer, plutôt que tout renverser sous le coup de l’émotion.

Le Ghana en embuscade, mais Renard reste

Ce flou autour de son avenir a naturellement réveillé les convoitises. Le quotidien français L’Équipe a révélé que Hervé Renard avait reçu une proposition pour prendre en main la sélection du Ghana. Une offre sérieuse, venue d’un pays habitué aux grandes scènes internationales, et que le technicien français regarderait avec intérêt.

Mais la version relayée par Al-Sharq Al-Awsat nuance fortement ce scénario. D’après ses informations, des responsables ghanéens ont bien pris contact avec l’agent de Renard pour sonder la possibilité d’une arrivée. La réponse aurait été nette : refus. Le Français privilégierait la continuité avec l’Arabie saoudite, malgré la pression, malgré les critiques.

Un choix fort. Rester, alors que la contestation enfle, dit quelque chose de la détermination du sélectionneur. Ou de sa conviction qu’il peut encore retourner la situation avant la Coupe du monde.

Une Coupe du monde comme verdict

Le décor est planté. D’un côté, une Fédération qui s’accroche à sa ligne : ne pas tout casser à quelques encablures de la compétition phare. De l’autre, un sélectionneur expérimenté, habitué aux défis en terrain hostile, qui voit son crédit s’éroder après deux défaites lourdes de sens.

Entre les deux, un groupe H impitoyable, avec l’Espagne et l’Uruguay en juges implacables, et un Cap-Vert loin d’être un figurant. L’Arabie saoudite n’aura pas le luxe de démarrer doucement. Ni sur le terrain, ni en coulisses.

L’évaluation interne de Hervé Renard doit se conclure dans les prochains jours. Sans échéance officielle, mais avec une urgence sportive évidente. La question n’est plus seulement de savoir s’il restera jusqu’au coup d’envoi de la Coupe du monde.

La vraie question, désormais, est simple : cette équipe peut-elle vraiment franchir un cap avec lui, face à un tel plateau mondial, ou la Fédération osera-t-elle un dernier virage avant d’entrer dans l’arène ?

Hervé Renard sous pression après les défaites de l'Arabie saoudite