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Harry Kane et Lionel Messi en MLS : le rêve de Don Garber

Don Garber rêve déjà d’un duo Harry Kane – Lionel Messi en MLS. Et il ne s’en cache plus.

Alors que l’attaquant de Bayern Munich empile les records en Europe, le commissionner de la ligue nord-américaine voit dans l’intérêt affiché par le capitaine de l’Angleterre l’aboutissement d’une idée née il y a près de vingt ans, portée à l’époque par un certain David Beckham.

Kane, Ballon d’Or, records et regard vers l’Amérique

Harry Kane a 33 ans, un âge où certains commencent à lever le pied. Lui accélère. Sur la dernière saison, il a empilé 73 buts toutes compétitions confondues, club et sélection réunis, avec au passage un titre de Bundesliga avec Bayern Munich et une médaille de bronze à la Coupe du monde. Résultat : une place dans la liste des nommés pour le Ballon d’Or.

Mardi, il a fêté sa 125e sélection avec l’Angleterre, égalant le record national, en marquant lors du succès 3-0 contre la Tchéquie en Nations League. Son compteur en sélection grimpe désormais à 91 buts. Six réalisations sur les quatre derniers matches internationaux : la machine ne ralentit pas.

Dans ce contexte, ses déclarations récentes sur une possible aventure en MLS, assorties d’un vieux rêve assumé de devenir un jour kicker en NFL, ont fait tilt de l’autre côté de l’Atlantique.

« J’adorerais qu’il le fasse », lâche Don Garber. Pour lui, ce n’est pas qu’un transfert de plus. C’est la validation d’un projet de fond.

Le vieux rêve de Beckham prend forme

Garber le rappelle : tout cela était écrit. Littéralement. « Nous voulions créer quelque chose qui donne envie aux Harry Kane de ce monde de se dire : “J’aimerais bien jouer en MLS”. » Messi a ouvert la voie. Kane pourrait la consolider.

La signature de Lionel Messi à Inter Miami n’a pas été un coup de tête. Garber parle d’un « processus compétitif », construit pour offrir à l’Argentin un cadre plus attractif qu’un retour au Barça ou un exil en Arabie saoudite. Jouer à Miami, porter une franchise en pleine expansion, bâtir un nouveau stade, empiler les records, décrocher un titre de MVP, puis tirer sa révérence internationale sous les projecteurs : le scénario a été soigneusement écrit.

Au cœur de cette transformation, un nom revient toujours : David Beckham. Son arrivée à LA Galaxy a servi de déclencheur. Elle a offert à la MLS une crédibilité que la ligue n’avait jamais connue. En pleine force de l’âge, l’ancien milieu a choisi Los Angeles et montré au reste du monde que ce championnat pouvait être compétitif, attractif, divertissant.

Les conséquences ont suivi. Thierry Henry, puis une série d’autres grands noms ont pris le même chemin. « Sans David, il n’y a probablement pas de Major League Soccer », admet Garber. Puis il ajoute, sans forcer le trait : sans Messi, la MLS ne serait pas ce phénomène global, présent dans les conversations footballistiques aux quatre coins du globe.

Garber passe la main, la MLS change de dimension

Après un quart de siècle aux commandes, Don Garber s’apprête à quitter son costume de commissionner pour devenir président de la ligue au tournant de l’année. Il regarde derrière lui, mais surtout devant.

Née dans le sillage de la Coupe du monde 1994 organisée aux États-Unis, la MLS s’est installée dans ce que Garber décrit comme « le plus grand marché commercial de la planète pour ce sport ». Une base solide, mais pas une ligne d’arrivée.

« Nous venons de quitter la petite route de campagne, maintenant nous montons sur l’autoroute », image-t-il. La métaphore dit tout : la MLS a changé de paysage, mais doit encore hausser son niveau.

Le défi est clair : rendre la ligue plus compétitive, capable non seulement de se qualifier pour la Coupe du monde des clubs, mais d’y gagner régulièrement. Inter Miami a déjà signé une victoire. Ce n’est qu’un début aux yeux du dirigeant.

La question, désormais, dépasse le simple prestige. La MLS peut-elle vraiment rivaliser avec les grandes puissances européennes et sud-américaines, non plus seulement en attirant des stars comme Messi… mais en convainquant, demain, un Harry Kane au sommet de son art de traverser l’Atlantique pour écrire le prochain chapitre ?