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Harry Kane à 33 ans : Vers une nouvelle aventure

À 33 ans, Harry Kane regarde déjà au‑delà du but.

Harry Kane a soufflé ses 33 bougies en juillet, mais le capitaine de l’Angleterre n’a rien d’un joueur en préretraite. Il le sait pourtant : le jour viendra où il devra quitter le très haut niveau européen. La vraie question n’est plus « si », mais « où » et « quand ».

Depuis des années, Kane laisse filtrer une curiosité assumée pour un autre ballon, plus ovale cette fois. L’idée de se réinventer comme kicker en NFL le titille. Un fantasme américain qui nourrit forcément les scénarios les plus clinquants : un passage en Major League Soccer, un maillot d’Inter Miami sur les épaules, un dernier grand chapitre sous l’œil de Sir David Beckham, déjà maître des lieux en Floride.

Cette perspective séduit les observateurs, mais tous ne le voient pas faire ses valises si vite.

Hamann mise encore sur l’Europe

Interrogé sur l’avenir de Kane, Dietmar Hamann, ancien milieu de terrain du Bayern Munich, n’a pas hésité. Pour lui, le temps de l’exil doré n’a pas encore sonné.

« C’est ce qu’il veut faire », a-t-il d’abord rappelé, en référence aux envies américaines de l’attaquant. « Il sent clairement qu’il a encore en lui de quoi marquer des buts en Allemagne pendant deux ou trois ans. »

Hamann ne ferme aucune porte pour la suite, mais place le calendrier au centre du débat. À ses yeux, la MLS ou l’Arabie saoudite peuvent attendre : « Il peut toujours y aller à 35 ans, en MLS ou peut-être en Arabie saoudite. » Un point de vue teinté aussi de considérations personnelles. Kane est père de quatre enfants. Traverser l’Atlantique maintenant, chambouler toute une famille, n’a rien d’une évidence.

Hamann imagine plutôt un retour au pays… mais pas forcément crampons aux pieds : « Tôt ou tard, il reviendra en Angleterre, au Royaume‑Uni, peut‑être pas pour jouer mais pour y vivre. C’est une question à laquelle lui seul peut répondre. »

S’il insiste autant sur le présent, c’est que les discussions avec le Bayern existent bel et bien. Pour l’Allemand, le simple fait que ces échanges se poursuivent en dit long : Kane se voit encore marquer en Bundesliga pendant « les deux ou trois prochaines saisons ». Le reste, MLS ou Saudi Pro League, attendra la fin de contrat.

La tentation Miami, vue d’Angleterre

En Angleterre, certains imaginent déjà Kane sous le soleil de la Floride. Harry Redknapp, son ancien entraîneur à Tottenham, n’a jamais caché qu’un tel scénario lui semblait naturel en fin de carrière.

Interrogé sur une possible aventure à Miami, Redknapp n’a pas brandi l’argument financier comme moteur principal : « L’argent ne sera plus la clé pour lui. » Mais il reconnaît que conclure sa carrière avec un gros contrat aux États‑Unis a de quoi séduire. « Un gros dernier chèque en fin de carrière, partir en Amérique, à Miami, jouer pour l’équipe de Beckham ou ailleurs, ça ne sonne pas trop mal, non ? Ça ressemble même à une très bonne idée. »

Un dernier acte glamour, dans un championnat en pleine expansion, entouré de stars et de projecteurs : le tableau a de quoi faire rêver. Pour l’instant, il reste au rayon des hypothèses.

Kane calme le jeu

Face à ce flot de projections, Harry Kane, lui, reste droit dans sa ligne. Dès que la rumeur enfle, il la refroidit. La MLS, oui, mais pas maintenant.

La saison dernière, interrogé sur ses intentions, il a été clair : « La MLS, c’est trop tôt, pour sûr, avec la façon dont je me sens en ce moment, la façon dont je joue en ce moment. La MLS, ce serait quelque chose pour plus tard dans ma carrière, quand je penserai aux deux dernières années, à peu près. »

Le message est limpide : l’Amérique comme épilogue, pas comme prochain chapitre. Et ce prochain chapitre, Kane le voit très bien se poursuivre en Bavière. « Rester plus longtemps là‑bas, je peux clairement l’imaginer », a-t-il confié au sujet du Bayern.

Reste l’autre grand pan de sa carrière : la Premier League. Un retour semblait autrefois écrit. Aujourd’hui, la certitude s’effrite. « Si vous m’aviez demandé quand je suis parti au Bayern, j’aurais dit que je reviendrais à coup sûr. Maintenant que j’y suis depuis quelques années, je dirais que cette probabilité a un peu baissé, pas énormément, mais je ne dirais pas que je ne reviendrai jamais. »

Kane sait que le football ne suit pas toujours les plans tracés à l’avance. « Ce que j’ai appris dans ma carrière, c’est que différentes opportunités, à différents moments, se présentent, et que les choses s’emboîtent. » Pour l’instant, il ne veut connaître qu’une seule évidence : « Avec le Bayern en ce moment, je suis totalement investi. »

Le reste attendra. La NFL, Miami, Londres ou Riyad. Tant que le but semble encore à portée, Harry Kane n’est pas prêt à tourner la page européenne. La vraie décision, la dernière, tombera quand ses jambes – et son instinct de buteur – lui diront enfin stop.