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Guardiola défend les célébrations de Manchester City

Guardiola assume la fête : « Attendre la fin de saison pour célébrer ? Allez… »

Pep Guardiola n’a pas mis longtemps à répondre. Vingt-quatre heures après les critiques de Wayne Rooney et Danny Murphy sur les célébrations jugées excessives de Manchester City, l’entraîneur catalan a renvoyé la balle avec la même précision que son équipe face à Arsenal.

Rooney avait trouvé la réaction des joueurs et des supporters de City « un peu excessive » après la victoire 2-1. Danny Murphy, lui, parlait de scènes qui « semblaient un peu trop ». Les images de Gianluigi Donnarumma bondissant dans la foule, d’Erling Haaland chantant dans une caméra de télévision et d’une banderole « Panic on the streets of London » avaient fait jaser.

Guardiola, lui, n’a pas tremblé.

Ils savent la valeur de l’adversaire

Face aux journalistes, le manager de City a balayé les remarques d’un revers de main. Pour lui, ces scènes de liesse ne sont ni déplacées ni démesurées, mais le reflet brut de l’enjeu.

« Quand ils ont célébré, les gens peuvent dire ce qu’ils veulent – des choses stupides s’ils veulent –, ils ont célébré parce qu’ils connaissent la valeur de l’adversaire », a-t-il lancé en conférence de presse.

La victoire contre Arsenal a une portée bien plus large qu’un simple succès de prestige. Elle remet City en position de bondir en tête du classement : un nouveau succès contre Burnley mercredi, et les champions en titre s’installeront au sommet de la Premier League. Dans un duel au sommet où chaque point pèse lourd, Guardiola sait que ce genre de rendez-vous ne se joue pas deux fois.

Pour lui, ce match-là avait un parfum de couperet.

Si on ne gagnait pas, c’était bye bye

Guardiola l’a expliqué sans détour : la tension avant le coup d’envoi était telle que le dénouement ne pouvait être accueilli que dans le bruit et la fureur.

Il a confié à quel point le vestiaire se sentait dos au mur : une défaite, et les rêves de titre auraient pris un sérieux coup. « Ils savaient que si on ne gagnait pas, c’était “bye bye”. Ils ont gagné et nous sommes toujours là. Comment ne pas le célébrer ? » a-t-il insisté.

Les images parlent pour lui. Haaland qui transforme un tour d’honneur en karaoké improvisé. Les joueurs qui communient longuement avec les tribunes. Cette banderole acide visant Londres, théâtre des espoirs d’Arsenal. L’Etihad a vibré comme pour un trophée, parce que pour City, ce soir-là, c’en était presque un.

Guardiola a tenu à rappeler une règle simple : tant que le respect de l’adversaire est là, le reste appartient aux émotions du moment. « Tant que tu respectes l’adversaire et ses supporters, célèbre comme tu veux », a-t-il martelé.

Vivre le titre au jour le jour

L’idée que l’on doive attendre le mois de mai et la remise officielle du trophée pour laisser éclater sa joie l’agace profondément.

« Attendre la fin de saison pour célébrer ? Allez », a-t-il lâché, presque agacé. Il raconte avoir donné une consigne claire à ses joueurs : savourer chaque victoire, chaque souffle avec leurs supporters. « Je leur ai dit : à chaque match, allez vers nos fans et profitez du moment. Quel sens ça a de ne pas le vivre ? Tu dois célébrer une seule fois si tu gagnes ? Et si tu ne gagnes pas, tu pleures tout le temps ? Allez. »

Pour Guardiola, ce duel contre Arsenal avait valeur de finale. Pas dans le calendrier officiel, mais dans la tête de son groupe. « Tout le monde savait que ce match était une finale. Surtout pour nous. Peut-être pas pour eux, mais pour nous, c’était une finale et bien sûr qu’il faut la célébrer », a-t-il insisté.

Ce n’est pas une posture, c’est une méthode : maintenir la pression, mais relâcher la valve émotionnelle à chaque étape franchie. C’est ainsi que City a appris à survivre dans des courses au titre où le moindre faux pas se paie cash.

Burnley en ligne de mire, sans Rodri

La fête est déjà rangée. City doit maintenant enchaîner dès mercredi, sur la pelouse de Burnley. Le contexte sera différent, l’ambiance aussi, mais l’obligation de résultat reste la même. La marge d’erreur, elle, n’existe plus vraiment, ni pour City ni pour Arsenal.

Guardiola espère voir son équipe transporter la même intensité, la même rage dans ce déplacement. Il devra cependant composer sans une pièce maîtresse : Rodri manquera ce rendez-vous en raison d’une blessure à l’aine contractée face à Arsenal. Un coup dur, tant l’Espagnol incarne l’équilibre de cette équipe.

La lutte pour la couronne se joue désormais sur des détails, des états de forme, des absences. City a choisi de célébrer chaque victoire comme un sursis arraché, chaque trois points comme un pas de plus au bord du précipice.

Reste à savoir si cette énergie brûlée au fil du chemin portera le club vers un nouveau titre ou laissera, cette fois, un goût de trop peu.