RDC Sport

Gianluca Prestianni : Suspension mondiale pour insultes en Champions League

La sentence est tombée pour Gianluca Prestianni, et elle dépasse désormais largement le cadre européen. Mercredi, la Fifa a confirmé l’extension à l’échelle mondiale de la suspension infligée à l’ailier de Benfica, conséquence directe de ses insultes à l’encontre de Vinícius Júnior en Champions League.

Une sanction européenne qui devient mondiale

Il y a deux semaines, l’Uefa avait frappé fort : six matches de suspension, dont trois avec sursis, pour des propos injurieux tenus envers l’attaquant brésilien du Real Madrid. Ce soir-là, Prestianni avait caché sa bouche derrière son maillot rouge avant de lâcher son insulte. Geste calculé, geste vu, geste sanctionné.

L’Uefa a ensuite demandé à la Fifa de rendre cette punition applicable au-delà de l’Europe. La réponse est arrivée, nette, sans surprise. Dans un communiqué, l’instance mondiale a annoncé que la suspension de six matches imposée au joueur de Benfica aurait désormais « effet mondial ».

Concrètement, si Gianluca Prestianni figure dans la liste de Lionel Scaloni pour la Coupe du monde aux États-Unis, il manquera les deux premières rencontres de l’Argentine : le 17 juin face à l’Algérie à Kansas City, puis cinq jours plus tard contre l’Autriche à Arlington, au Texas. Le groupe comprend également la Jordanie, qui disputera sa première Coupe du monde.

Scaloni, entre besoins sportifs et casse-tête éthique

Reste une question lourde : Prestianni fait-il encore partie des plans du sélectionneur ? À 20 ans, l’ailier n’a qu’une seule cape, obtenue lors d’un match amical en novembre. Il était resté sur le banc lors du dernier test de l’Albiceleste, un match de préparation contre la Zambie le 31 mars.

Quand Lionel Scaloni l’avait convoqué en mars pour ces rencontres amicales, il s’était gardé de commenter l’enquête en cours de l’Uefa. Il avait simplement expliqué avoir besoin du joueur de Benfica en raison de l’absence de Paulo Dybala, blessé. Aujourd’hui, le contexte a changé. La suspension est actée, mondiale, et pèse sur l’équilibre de son effectif.

Si Prestianni n’est finalement pas retenu pour défendre le titre mondial de l’Argentine, la sanction suivra son cours ailleurs : il purgera le reste de sa suspension la saison prochaine dans une compétition européenne organisée par l’Uefa.

Insulte raciste non prouvée, propos homophobes admis

L’affaire avait enflammé l’Europe. Vinícius Júnior avait dénoncé une insulte raciste, soutenu par son coéquipier Kylian Mbappé. Selon eux, Prestianni aurait utilisé en espagnol le mot signifiant « singe », en le dissimulant derrière son maillot relevé sur la bouche.

L’Uefa a enquêté. Elle n’a pas pu établir la preuve de l’insulte raciste, que le joueur a toujours niée. En revanche, Prestianni a reconnu avoir employé une insulte homophobe. C’est sur cette base que la suspension est tombée.

Il a déjà manqué un premier match : le retour face au Real Madrid en Champions League, en février, où l’Uefa lui avait interdit de jouer.

Un geste qui change la règle

Cette affaire intervient au moment où le football tente de serrer la vis sur le langage et les gestes sur le terrain. La semaine dernière, la volonté de la Fifa de sanctionner plus sévèrement les insultes dissimulées a franchi une étape décisive : l’Ifab, le panel qui fixe les lois du jeu, a validé la proposition d’en faire une faute passible de carton rouge lorsqu’un joueur couvre sa bouche pour insulter un adversaire.

Prestianni devient ainsi, malgré lui, un symbole d’une ère qui se referme. Celle où l’on pensait pouvoir tout dire sur un terrain, pourvu que les caméras ne lisent pas sur les lèvres. Le message, lui, est clair : même derrière un maillot relevé, les mots laissent des traces. Et ils peuvent désormais coûter une Coupe du monde.