Les frères Bellingham : duo en sélection anglaise ?
Jude Bellingham vit déjà dans la galaxie des stars. Installé au Real Madrid avec une étiquette de « Galactico », le milieu de 23 ans vient d’être rappelé avec l’Angleterre pour le nouveau rassemblement de l’UEFA Nations League, porté par un été XXL : sept buts lors de la Coupe du monde 2026, une demi-finale, une troisième place. Son statut a encore pris une autre dimension.
Forcément, quand un nom brille autant, on scrute le suivant sur la liste. Jobe Bellingham, 20 ans, suit la trace du grand frère à Borussia Dortmund. Sa première saison en Allemagne l’a bousculé, parfois dure, parfois frustrante, mais il a redressé la barre. Assez pour faire naître l’idée d’une fratrie en sélection A.
Un duo en sélection ? Pas tout de suite
Les discussions ont circulé : et si les deux Bellingham portaient ensemble le maillot des Three Lions ? Pour l’instant, la réponse est claire. Le staff anglais, Thomas Tuchel et son équipe de club suivent de près la progression de Jobe, mais ils préfèrent le laisser s’aguerrir chez les U21. L’équipe A attendra.
Cette patience repousse le fantasme d’un lien familial à la Bobby et Jack Charlton, ou Gary et Phil Neville. L’Angleterre a déjà connu ces fratries mythiques. Les Bellingham devront patienter avant d’entrer dans cette lignée.
L’ancien attaquant international Bobby Zamora, interrogé par GOAL dans le cadre d’une opération avec BetWright sur la Premier League, a résumé l’ampleur du défi pour le cadet : « Bon sang, encore une paire de crampons à remplir, pour rivaliser avec ton frère ! »
Il ne s’arrête pas là. Pour lui, le secteur est déjà ultra-compétitif : « Honnêtement, on est plutôt gâtés avec beaucoup de bons milieux. Donc, s’il peut entrer et challenger son frère, alors on est un pays très chanceux. Mais Jude est extrêmement spécial. C’est un joueur d’une génération. Si Jobe peut s’en approcher, on est très, très chanceux. Mais je pense que Jude est juste un peu trop fort.
Le message est clair : la porte n’est pas fermée, mais l’étalon de mesure s’appelle Jude. Et il est très haut.
Jobe refuse de vivre dans l’ombre
Face à ce poids, Jobe Bellingham n’a jamais voulu se contenter du rôle de « petit frère de ». Son choix de quitter Sunderland pour rejoindre Dortmund l’a prouvé. Même club, même pays, même couloir que Jude à ses débuts ? Sur le papier, l’ombre était immense. Pour lui, c’était surtout la voie la plus logique.
« Je ne pense pas que mon parcours soit le même que celui de Jude, pas du tout », a-t-il expliqué au moment de signer en Allemagne.
Il a assumé pleinement ce choix : « Si le bon chemin, c’est de signer à Borussia Dortmund, comme tant de jeunes joueurs de haut niveau l’ont fait, pas seulement moi et mon frère, alors pourquoi je ne le ferais pas ? Ce serait une grosse erreur de signer dans un autre club juste parce que Jude a joué ici et que ça ne s’est pas bien passé.
Le cadet trace sa route. Même formation, autre trajectoire.
Birmingham, berceau d’une fratrie sous pression
Les deux frères sortent de l’académie de Birmingham City. Très tôt, on a parlé d’eux comme de talents promis au très haut niveau. Aujourd’hui, ils ne sont plus seulement des promesses : ils cumulent déjà du vécu, des matches, des contextes différents. Et ça change tout dans leur discours.
À l’aube de la saison 2026-2027, Jobe ne se voit plus comme un gamin en découverte : « J’ai joué beaucoup de matches dans ma carrière, je ne suis plus un jeune gamin. Il y a beaucoup de joueurs plus jeunes que moi, et j’ai l’impression d’avoir l’expérience.
Il va plus loin, en redéfinissant ce que signifie, pour lui, ce mot souvent galvaudé : « Je pense que l’expérience, c’est le fait de tirer des enseignements de ce que tu vis, pas juste d’enchaîner les matches. J’ai déjà eu tellement d’expériences dont je peux apprendre dans ma carrière jusqu’ici, et je sens que je peux monter d’un cran, m’améliorer, et faire encore plus avec l’expérience que j’ai.
Le ton est posé, lucide, presque mature au-delà de ses 20 ans. L’Angleterre écoute. Dortmund observe. Et Jude, lui, continue de creuser l’écart au sommet.
Reste une question, simple et brutale : quand l’Angleterre décidera-t-elle que le temps est venu de voir les deux Bellingham alignés sous le même maillot, dans la même équipe, au même moment ?



