Fred critique Ten Hag : tactiquement brillant mais gestion du vestiaire catastrophique
Fred n’a pas mâché ses mots. Interrogé dans le Charla Podcast, l’ancien milieu de Manchester United a livré un témoignage explosif sur sa saison passée sous les ordres d’Erik ten Hag, allant jusqu’à qualifier le Néerlandais de « morceau de c**** » dans sa gestion du vestiaire.
Arrivé à Old Trafford en 2018 en provenance du Shakhtar Donetsk, le Brésilien aujourd’hui à l’Atletico Mineiro a traversé cinq années mouvementées en Angleterre. Il a connu Jose Mourinho, Ole Gunnar Solskjaer, Ralf Rangnick puis Ten Hag, avant de partir à Fenerbahce en 2023. Et s’il reconnaît sans hésiter les qualités tactiques de l’ancien coach de l’Ajax, le reste laisse un goût amer.
Un tacticien respecté, un vestiaire fracturé
Fred l’admet sans détour : sur le plan des idées de jeu, Ten Hag l’a marqué. « Tactiquement, l’un des meilleurs avec qui j’ai travaillé », résume-t-il. Organisation, exigences, volonté de voir son équipe courir et presser haut, le Néerlandais a imposé une structure claire.
Mais derrière le tableau noir, le climat se serait vite dégradé. « Avec le groupe, c’était un morceau de c**** », lâche le milieu de terrain, décrivant un entraîneur perpétuellement en conflit. Selon lui, Ten Hag « se disputait avec tout le monde », lui compris.
Les tensions ne se seraient pas limitées aux seconds rôles. Fred cite sans détour des poids lourds du vestiaire : Cristiano Ronaldo, Casemiro, Marcus Rashford. Autant de noms qui incarnent l’ossature sportive et l’image mondiale de Manchester United. Le Brésilien raconte un quotidien tendu, fait de désaccords répétés et de frustrations, notamment lorsqu’il se voyait écarté du onze : « Il ne me faisait pas jouer, parfois ça devenait stressant. »
Le cas Cristiano, symbole de la rupture
Le traitement réservé à Cristiano Ronaldo apparaît, dans le récit de Fred, comme un point de bascule. Ten Hag voulait une équipe qui « court », un pressing constant, une intensité maximale. Mais Cristiano, déjà en fin de carrière européenne, ne correspondait plus totalement à ce modèle.
Le Portugais a été sorti du onze de départ. La décision, assumée par le coach, a ouvert une brèche. « Il a enlevé Cristiano du onze, et ensuite il y a eu une brouille », raconte Fred. Le conflit, très médiatisé à l’époque, symbolise pour lui la cassure entre l’exigence implacable du technicien et la gestion humaine d’un vestiaire rempli de statuts XXL.
Des « clans » et des favoris
Fred va plus loin et décrit un environnement miné par la sensation de favoritisme. À ses yeux, Ten Hag aurait accordé une place privilégiée à certains éléments venus des Pays-Bas ou passés sous ses ordres auparavant. « Seuls ses joueurs néerlandais jouaient », affirme-t-il, parlant d’un entraîneur « plein de clans ».
Ce sentiment de hiérarchie figée, d’un groupe scindé entre proches du coach et les autres, nourrit le portrait d’un manager intransigeant, parfois au détriment de l’équilibre interne. Pour Fred, cette approche a pesé lourd sur l’ambiance générale et sur sa propre situation sportive.
Solskjaer, l’exact opposé
Pour mesurer l’écart, Fred convoque le souvenir d’Ole Gunnar Solskjaer, qu’il a côtoyé pendant trois ans, jusqu’au départ du Norvégien en 2021. Le contraste est total. Là où Ten Hag est décrit comme conflictuel et rigide dans sa gestion du groupe, Solskjaer apparaît comme un rassembleur.
« Solskjaer était bon avec le groupe », explique Fred. Le Norvégien, figure emblématique du club, savait parler à ses joueurs, créer un climat d’unité, fédérer. Sur le plan tactique, Fred raconte toutefois un fonctionnement différent : l’entraîneur s’appuyait beaucoup sur ses adjoints, Kieran McKenna et Michael Carrick, aujourd’hui à la tête de Manchester United.
Les séances, la préparation des matchs, la mise en place : selon Fred, le cœur du travail tactique passait largement par ce duo, pendant que Solskjaer incarnait davantage le lien humain, la cohésion, le visage du vestiaire.
Entre l’architecte tactique intransigeant et le meneur d’hommes davantage porté sur le relationnel, Fred a connu deux visions presque opposées du métier d’entraîneur à Manchester United. Ses mots, crus et sans filtre, ajoutent une couche de plus au débat permanent qui entoure le club : dans un vestiaire rempli de stars, que vaut une idée de jeu si le groupe cesse d’y croire ?



