France – Italie : Zidane et Mancini face à un test décisif
Les soirées européennes ont pris une saveur particulière pour l’Italie depuis dix ans. Privée de Coupe du monde depuis 2014, la Nazionale vit chaque grand rendez-vous continental comme un examen de passage. Face à la France, un autre poids lourd du Vieux Continent, Roberto Mancini ne joue pas seulement un match de Nations League : il poursuit la reconstruction d’une sélection en quête d’identité.
En face, la scène est idéale. Vendredi, au Stade de France, Zinedine Zidane dirigera son premier match à domicile à la tête des Bleus. Une entrée officielle devant son public, dans une enceinte qui sait reconnaître les grandes soirées. Et la France arrive avec un capital précieux : six points sur six, deux victoires 1-0 à l’extérieur, en Turquie puis en Belgique.
Des Bleus solides, pas encore étincelants
Les résultats parlent pour eux. Le contenu, un peu moins. En Turquie, Kylian Mbappé a fait basculer la rencontre avant de sortir sur blessure. En Belgique, il a fallu attendre la 88e minute pour voir Michael Olise percer la muraille bruxelloise sur une action individuelle, libérant une équipe patiente, parfois trop, mais rarement mise en danger.
Zidane, lui, a surtout retenu la mainmise sur le jeu à Bruxelles. Il a insisté sur la volonté de dominer le ballon, de contrôler le tempo, de faire courir l’adversaire plutôt que de s’exposer à un match ouvert. Il a aussi salué les nouveaux visages qui s’installent peu à peu, preuve que cette équipe de France version Zidane se construit plus sur la maîtrise que sur les feux d’artifice offensifs.
Le tableau est clair : peu de buts, mais une structure déjà lisible. Une défense solide, un milieu qui verrouille, des attaquants encore en rodage. Les Bleus ne brillent pas encore, mais ils gagnent. Et, pour un début de mandat, ce n’est pas un détail.
L’Italie, du chaos à la déferlante
La semaine italienne a suivi une trajectoire beaucoup plus heurtée. Le retour de Mancini sur le banc s’est ouvert sur un revers sec, 2-0 contre la Belgique. Une équipe bousculée, des repères fragiles, un début qui sentait la transition compliquée.
Puis Bursa a tout renversé. Huit changements dans le onze, une approche beaucoup plus agressive, et une Turquie rapidement submergée. 27 minutes de folie, trois buts d’avance, et au bout du compte un succès 4-1. Alessandro Bastoni, Davide Frattesi, Michael Kayode et Francesco Pio Esposito ont signé le festival offensif.
Le symbole de cette soirée se nomme Michael Kayode. Un but pour sa première sélection chez les A, une projection pleine de culot, et l’illustration parfaite de la nouvelle vague que Mancini tente d’injecter dans son équipe. Jeunesse, intensité, verticalité : quand l’Italie appuie sur l’accélérateur, son potentiel saute aux yeux.
Une rivalité récente, un test grandeur nature
Ce France – Italie porte aussi la trace de leur duel récent en Nations League 2024/25. Les deux nations s’étaient répondu par des victoires 3-1 à l’extérieur : l’Italie l’avait emporté à Paris, la France avait répliqué à Milan. Deux matches ouverts, deux démonstrations de force loin de leurs bases, et la preuve que l’écart entre les deux sélections reste ténu.
Cette fois, les Bleus ont pour eux l’élan des résultats et le soutien du Stade de France. L’Italie, elle, arrive avec le souvenir brûlant de sa démonstration en Turquie, comme un rappel que la machine peut devenir redoutable quand le plan de Mancini s’emboîte.
Les deux sélectionneurs façonnent encore des versions inédites de leurs équipes. Zidane cherche la domination sereine, la possession contrôlée, la maturité. Mancini pousse vers l’intensité, le pressing, les vagues offensives portées par une génération montante.
Entre une France en quête de certitudes à domicile et une Italie qui vient de se découvrir un visage décomplexé, ce rendez-vous au Stade de France ressemble moins à un simple match de Nations League qu’à un révélateur. Qui, des deux géants, assumera le mieux son nouveau costume sous les projecteurs européens ?




