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France – Italie : enjeux de la Nations League sous Zidane

Vingt ans après Berlin, les trajectoires se sont croisées. La France, troisième nation mondiale, avance bardée de talents et de certitudes. L’Italie, elle, voyage avec ses doutes, ses cicatrices et une question lancinante : jusqu’où peut encore aller ce maillot-là face à une telle armada ?

Zidane, nouveau visage des Bleus, même exigence

L’ère Didier Deschamps s’est refermée après une Coupe du monde 2026 stoppée net en demi-finales par l’Espagne (2-0). Derrière, la Fédération a confié le volant à Zinedine Zidane, champion du monde et d’Europe en tant que joueur, légende sur le banc avec ses succès en club. Le décor est posé, la pression aussi.

Les débuts sont sobres, mais impeccables : deux victoires 1-0, face à la Belgique puis à la Turquie. Pas de festival offensif, mais une équipe qui gagne, qui contrôle, qui apprend les nouveaux automatismes sous un sélectionneur au regard intransigeant.

Malgré ces six points en deux journées, un paradoxe saute aux yeux : dans ce groupe 1 de Nations League, la France compte moins de buts et moins de tirs que l’Italie. Les Bleus dominent au classement, pas encore dans les statistiques offensives.

Une attaque brillante, même sans Mbappé

Kylian Mbappé a de grandes chances de manquer ce choc. Dans beaucoup de sélections, ce serait un drame. En France, c’est un handicap, pas une condamnation.

Zidane peut encore aligner un trio terrifiant : Michael Olise, Ousmane Dembélé, Désiré Doué. Vitesse, dribble, créativité, percussion entre les lignes : les profils se complètent, les défenses adverses n’ont aucun répit. Et ce, alors même que la charnière est affaiblie par les blessures de William Saliba et Ibrahima Konaté. Une France diminuée sur le papier, mais qui reste largement favorite à domicile.

L’Italie, géant historique en plein vertige

En face, l’Italie arrive avec un poids lourd sur les épaules : trois échecs consécutifs en qualifications pour la Coupe du monde. Pour une nation quatre fois sacrée, c’est un séisme prolongé.

La réaction a été radicale : retour de Roberto Mancini, l’homme qui avait offert l’Euro 2021 à la Squadra Azzurra. Deuxième mandat, même défi : reconstruire une équipe qui ne se contente plus de briller par éclairs, mais qui tient le choc face aux meilleurs.

Les premiers signaux sont contrastés. Défaite 2-0 contre la Belgique, puis large succès 4-1 face à la Turquie. Capable de s’effondrer, capable d’embraser un match. Une équipe à deux visages, encore loin de la régularité des grandes nations installées.

Une ossature prestigieuse, un collectif fragile

Sur la feuille, certains noms claquent encore. Gianluigi Donnarumma dans le but, Alessandro Bastoni en patron défensif, Sandro Tonali pour organiser au milieu. Des joueurs de très haut niveau, taillés pour les grandes soirées.

Mais le problème est ailleurs : cette Italie-là peine à fonctionner en bloc contre les équipes du gratin mondial. Les chiffres sont cruels : trois défaites de rang face à des sélections classées dans le top 18, pour un score cumulé de 9-1. Dès que le niveau monte, le château tremble.

Et cette fois, c’est un déplacement chez la troisième nation mondiale, en France, dans un contexte hostile. Un voyage qui rappelle à quel point le statut de l’Italie a glissé depuis ses heures dorées.

Le poids de l’histoire, la réalité du présent

Les souvenirs de 2006 planent toujours. La finale du Mondial, la séance de tirs au but, la blessure d’orgueil française, la gloire italienne. Mais ce match de Nations League raconte une autre histoire : celle d’un rapport de forces inversé.

Aujourd’hui, c’est la France qui aligne une « équipe de stars », même avec une infirmerie bien remplie. C’est l’Italie qui débarque en outsider assumé, presque contraint de s’en remettre à la solidarité et à l’exploit.

Les bookmakers ne s’y trompent pas : les Bleus sont annoncés largement favoris au Stade de France, quand la cote italienne traduit clairement le statut d’outsider.

Une soirée test pour deux projets

Pour la France, ce rendez-vous ressemble à un examen de passage pour l’ère Zidane : confirmer le sérieux des débuts, hausser le ton offensivement, montrer que cette équipe peut dominer sans forcément s’en remettre à Mbappé.

Pour l’Italie, c’est presque un miroir tendu. Ce groupe, avec Mancini de retour aux commandes, a-t-il encore les armes pour rivaliser avec une puissance installée comme la France ? Ou ce voyage à Saint-Denis ne fera-t-il que souligner, une fois de plus, la lente érosion d’un géant qui cherche désespérément son reflet d’antan ?