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France – Italie : Le Choc au Stade de France

Le décor est planté à Paris. Coup d’envoi à 20h45, pelouse du Stade de France impeccable, tribunes pleines, et une affiche qui sent l’histoire à chaque duel : France – Italie, version Nations League 2026/27.

D’un côté, Roberto Mancini, revenu aux commandes de la Nazionale et déjà bousculé par deux visages opposés : une défaite 2-0 à Rome contre la Belgique, puis une réaction éclatante, 4-1, sur la pelouse de la Turquie. De l’autre, Zinedine Zidane, deux victoires 1-0 à l’extérieur pour débuter son mandat, et une première sur le banc français à domicile, là où il a soulevé la Coupe du monde en joueur.

Mancini ose : les frères Esposito et Kean ensemble

Cette fois, Mancini ne se cache pas. L’Italie aligne une attaque assumée, presque provocatrice : Moise Kean, Pio Esposito et Sebastiano Esposito tous titulaires. Trois profils offensifs, trois joueurs capables d’attaquer la profondeur, de presser haut, de casser les lignes.

Kean n’était pas à 100 % ces derniers jours. Le doute planait sur sa présence dans le onze. Mais le buteur de Como a finalement récupéré à temps et démarre, symbole d’une Italie qui préfère prendre des risques que subir.

Derrière eux, un milieu inchangé, récompense de la démonstration en Turquie : Davide Frattesi, buteur à Bursa, reste au cœur du jeu, entouré de Sandro Tonali et Nicolò Fagioli. Une triplette capable de courir, d’agresser, de jouer vite vers l’avant.

Sur les côtés, les choix sont forts. À gauche, Riccardo Calafiori retrouve son rôle de latéral façon Arsenal, à la fois protecteur et créateur, prenant la place de Matteo Ruggeri. À droite, Michael Kayode conserve sa place après avoir convaincu Mancini : intensité, personnalité, et une capacité à tenir son couloir face aux ailiers de haut niveau.

La liste des absents rappelle toutefois le coût de ce rassemblement. Giacomo Raspadori et Nicolò Zaniolo ont quitté le groupe sur blessure. Honest Ahanor a été redescendu chez les U21. Restent à Florence Samuele Inacio, Alessandro Romano, Honest Ahanor, Nicolò Cambiaghi, Diego Coppola, Daniele Ghilardi, Eddy Kouadio, Rolando Mandragora et Massimo Pessina. Une Nazionale resserrée, recentrée sur un noyau que Mancini veut compétitif tout de suite.

Zidane retrouve le Stade de France… sans Mbappé

En face, la France avance avec une autre certitude : deux matches, deux victoires, deux fois 1-0, en Turquie puis en Belgique. Zidane a démarré son mandat sans fracas mais avec une efficacité chirurgicale. Ce soir, il revient sur la scène qui a marqué sa carrière de joueur, mais avec une responsabilité nouvelle : gagner en patron, sur le banc.

Le plan français est clair : solidité, maîtrise, puis éclairs individuels. Mike Maignan garde les buts, l’un des visages de Serie A sur la feuille de match. Devant lui, Pierre Kalulu est confirmé à droite, choix fort de Zidane, alors que le latéral de la Juventus n’était pas forcément attendu titulaire. Il accompagne une défense avec Jacquet, Dayot Upamecano et Adrien Truffert.

Le milieu intrigue et excite à la fois. Rayan Cherki, Lucas De Cunha et Adrien Rabiot forment un trio technique, créatif, capable de dicter le tempo. La surprise vient de De Cunha : le milieu de Como, brillant pour sa première sélection, conserve sa place et relègue Manu Koné sur le banc. Un signal clair : avec Zidane, le mérite du moment compte autant que le statut.

Devant, le danger est partout. Michael Olise, buteur décisif à la dernière seconde à Bruxelles après être entré en jeu, retrouve cette fois une place de titulaire. À ses côtés, Ousmane Dembélé, dribbleur imprévisible, et Mathys Doué complètent un trio offensif mobile.

La grande ombre au tableau reste l’absence de Kylian Mbappé, touché en Turquie et renvoyé à la maison. L’équipe a déjà prouvé qu’elle savait gagner sans lui, mais ce soir, face à l’Italie, le test est d’une autre dimension.

Deux dynamiques, une même exigence

Les trajectoires récentes des deux sélections se croisent sans se ressembler. L’Italie cherche encore son équilibre sous le Mancini bis : un match raté, un match réussi, une composition qui se stabilise à peine. Cette rencontre à Paris ressemble à un révélateur. Le choix d’aligner Kean et les deux frères Esposito en même temps ne laisse aucune place au doute : la Nazionale veut frapper la première.

La France, elle, avance à petits pas, mais sûrs. Zidane a déjà posé sa marque : bloc compact, transitions propres, peu de fioritures, mais une exigence énorme dans les détails. Le maintien de Lucas De Cunha au milieu en est la preuve : celui qui saisit sa chance reste sur le terrain.

Un détail pimente encore ce duel : les quatre dernières confrontations entre ces deux nations se sont toutes terminées sur le même score, 3-1. Une seule fois en faveur de l’Italie. Statistique curieuse, presque dérangeante pour les Azzurri, qui savent à quel point le moindre trou d’air se paie cash face aux Bleus.

Les compositions officielles

France : Maignan ; Kalulu, Jacquet, Upamecano, Truffert ; Cherki, Da Cunha, Rabiot ; Olise, Dembelé, Doué

Italie : Donnarumma ; Kayode, Scalvini, Bastoni, Calafiori ; Frattesi, Tonali, Fagioli ; Kean, P Esposito, S Esposito

Une France qui gagne sans briller, une Italie qui flambe un match sur deux, un Stade de France plein, un Zidane de retour chez lui, un Mancini qui joue gros sur ses choix offensifs : tout est en place.

Reste une question simple, brutale : ce soir, qui assumera vraiment son statut de grande nation ?