Florian Wirtz brille et envoie un message à Liverpool
Sur la pelouse, Florian Wirtz a tout changé. En tribune, Jürgen Klopp a tout assumé. Dans la victoire 2-0 de l’Allemagne contre la Serbie en Nations League, le sélectionneur a profité du récital de son milieu offensif pour envoyer un signal très clair vers son ancien club, Liverpool.
Wirtz n’a pas seulement brillé. Il a dicté. C’est lui qui provoque l’ouverture du score de Tom Bischof en frappant le poteau avant que le ballon ne revienne dans la zone dangereuse. C’est encore lui qui inscrit le deuxième but allemand. Entre les deux, une prestation de métronome créatif : six occasions créées, 97 ballons touchés, 95 % de passes réussies. Des chiffres qui traduisent ce que l’on voyait à l’œil nu : le jeu passait par lui, tout le temps.
Klopp, lui, n’a pas cherché à tempérer.
« Flo est un joueur incroyable et il a fait un grand match », a-t-il lâché au micro de la chaîne publique allemande ZDF après la rencontre. « On a vu un garçon qui débordait de joie avec le ballon et qui a travaillé de façon brutale sans ballon. »
Puis le technicien a glissé la phrase qui résonne jusqu’à Anfield : « Je pense que tous les gens de Liverpool sont très, très contents de sa performance. Je ne crois pas qu’autant de supporters de Liverpool aient déjà regardé un match de l’équipe nationale allemande. Et ils se sont bien amusés. »
Une pique amicale ? Un rappel à l’ordre ? Un peu des deux.
Wirtz, entre doutes en club et renaissance en sélection
Car ce match ne tombe pas dans le vide. En Angleterre, le début de saison de Wirtz avec Liverpool alimente les débats. Toujours aucun but, des interrogations sur son rôle exact, sur son influence, sur la façon de l’intégrer dans un collectif déjà structuré. Rien de nouveau pour un international de son expérience, mais suffisamment pour alimenter les plateaux télé et les réseaux.
Klopp, lui, a choisi une autre voie : le temps et la proximité. Profitant des blessures de Jamal Musiala et Kai Havertz, Wirtz a rejoint le rassemblement plus tôt que prévu. Dimanche, lors de la défaite contre la Grèce, son entrée tardive n’avait rien d’un tournant. Physiquement, mentalement, il semblait encore à côté du costume qu’on attend de lui. L’Allemagne n’a pas paniqué. Elle connaît le talent du joueur formé à Bayer Leverkusen. Elle attendait la réaction. Elle l’a eue.
Après la victoire face à la Serbie, Wirtz a confirmé que ces quelques jours sous les ordres de Klopp avaient été tout sauf anodins.
« On a eu une ou deux conversations et il m’a donné quelques choses que je vais clairement garder avec moi », a-t-il expliqué en zone mixte. « Je suis content qu’on ait parlé. Il veut que je rejoue le football qu’il connaît de moi. »
Sur le terrain, le message s’est vu. Wirtz a retrouvé cette façon de prendre le ballon entre les lignes, de se retourner vite, de casser les défenses par la passe ou la conduite. Et surtout, de sentir le moment juste.
La Serbie, un peu désorganisée, lui a offert les espaces dont il raffole. « L’adversaire était un peu désorganisé et attendait peut-être un peu plus une ou deux contre-attaques. Ça crée simplement plus d’espace », a-t-il détaillé. Avec ce sourire en coin, presque provocateur, il a ajouté : « Évidemment, ce serait mieux si j’avais autant d’espace à chaque match et que je pouvais faire ce que je voulais. »
Un test grec pour confirmer
Personne, dans le vestiaire allemand, ne s’y trompe : la vraie mesure de ce renouveau arrive maintenant. L’Allemagne se déplace à Thessalonique pour un rendez-vous autrement plus corsé en Nations League, face à cette même Grèce qui l’a battue sur le sol allemand pour la première fois de son histoire le week-end dernier.
Les espaces se feront rares, les duels seront plus âpres, les erreurs se paieront cash. C’est précisément dans ce genre de contexte que Wirtz doit prouver qu’il n’a pas seulement livré un éclat isolé, mais qu’il tient une nouvelle base pour sa saison.
Klopp, lui, sait exactement ce qu’il espère : que l’élan de ce jeudi soir ne s’arrête pas à la frontière. Que ce Wirtz-là, libéré, tranchant, revienne avec lui à Liverpool.
Et sur les bords de la Mersey, on ne regardera plus les matches de la Mannschaft d’un œil distrait. On les suivra de près, très près.




