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Les Falconets au Malawi : défendre leur avance et prolonger une tradition

Les Falconets ne voyagent pas à Lilongwe pour faire du tourisme. Elles arrivent au Bingu National Stadium avec deux buts d’avance sur le Malawi, un billet pour la Coupe du monde U20 féminine 2026 en ligne de mire, et surtout une tradition à protéger : apparaître à chaque édition du tournoi depuis sa création en 2002.

Deux buts d’avance, zéro marge d’erreur

Le week-end dernier à Ikenne-Remo, le Nigeria a fait le travail. Sérieux, appliqué, parfois clinique. Un but contre son camp de Maureen Kenneth puis une réalisation de Kindness Ifeanyi ont offert une victoire 2-0 et une avance confortable avant le déplacement.

Confortable sur le papier seulement. À 3h de l’après-midi, heure du Malawi (14h au Nigeria), ce matelas de deux buts sera soumis au test du public local, de la chaleur, et de la pression d’un match à élimination directe.

Aduku : « Nous sommes ici pour jouer et pour gagner »

Moses Aduku n’a pas cherché à enjoliver les choses. Le sélectionneur des Falconets sait ce que représente ce rendez-vous pour son groupe et pour tout le football féminin nigérian.

Son équipe a atterri au Malawi mercredi, avec un plan clair et un discours sans détour. « Nous sommes ici pour jouer et pour gagner. Les joueuses comprennent l’importance de ce match, et nous sommes pleinement prêtes mentalement, tactiquement et physiquement pour le défi qui nous attend », a-t-il assuré en conférence de presse d’avant-match vendredi.

Pas de calcul, pas de gestion excessive. Le message est simple : terminer le travail, valider la qualification, et prolonger une présence continue sur la scène mondiale.

Le Malawi croit au renversement

En face, le Malawi refuse le rôle de victime annoncée. La sélection de Maggie Chombo a souffert à Ikenne-Remo, mais la technicienne s’accroche à ce que son équipe a appris de ce premier acte.

« Nous avons appris, et nous allons retourner travailler sur ces aspects. Elles ont marqué sur leur terrain, mais nous allons faire de même devant nos supporters. Tout est possible », a-t-elle lancé.

C’est là que se joue une grande partie de ce match : dans la foi d’un public prêt à pousser, et dans la capacité du Malawi à transformer cette énergie en pressing, en duels gagnés, en occasions franches. Un but rapide, et la donne change. Un but encaissé, et la montagne devient presque infranchissable.

Une régularité continentale sans équivalent

Sur le continent africain, personne ne rivalise avec la constance des Falconets dans cette compétition. Depuis Canada 2002, le Nigeria n’a manqué aucune édition. Deux finales, une demi-finale, et une réputation de machine à produire des talents.

Ce parcours n’est pas le fruit du hasard. Pour atteindre ce dernier tour de qualification, l’équipe d’Aduku a balayé le Rwanda, 5-0 sur l’ensemble des deux matches, puis dominé le Sénégal, 3-1 au total. Une campagne solide, sans trembler, qui confirme la profondeur du vivier nigérian dans cette catégorie.

Perdre cette régularité aujourd’hui, au seuil de la Coupe du monde 2026 en Pologne, serait un séisme sportif. Les joueuses le savent. Le staff aussi. Ce contexte donne à ce déplacement à Lilongwe une dimension bien plus lourde qu’un simple match retour.

L’Afrique joue gros ce samedi

Pendant que le Nigeria défend son avance au Malawi, d’autres nations jouent également leur destin.

Le Ghana se déplace à Kampala avec un mince avantage, 2-1, arraché à domicile lors du premier acte. Mission périlleuse face à une Ougandaise portée par son public.

Le Cameroun, lui, s’avance avec un coussin un peu plus large. Les Lionnes U20 mènent 3-1 avant leur voyage à Dar es Salaam pour défier la Tanzanie. Une avance qui rassure, mais qui n’offre aucune garantie si la rencontre s’enflamme.

Enfin, le Bénin reçoit la Côte d’Ivoire après un nul 1-1 à Abidjan. Un duel totalement ouvert, où le moindre détail peut faire basculer la qualification.

Une tradition à défendre, un message à envoyer

Pour les Falconets, ce samedi à Lilongwe ne se résume pas à gérer un score. C’est une question de rang, d’identité, de continuité au plus haut niveau.

Garder ce billet pour la Coupe du monde U20 féminine, c’est rappeler à tout le continent que le Nigeria reste la référence. Perdre ce fil, ce serait laisser la porte ouverte à une nouvelle hiérarchie.

Au Bingu National Stadium, les 90 minutes diront si cette génération est prête à reprendre le flambeau et à l’emmener, encore une fois, jusqu’à la grande scène mondiale.