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Eze : Première titularisation gâchée et avertissement d’Ian Wright

Eze, première titularisation gâchée et avertissement brutal d’Ian Wright

Arsenal repart de Nottingham avec la victoire, mais pour Eberechi Eze, l’après-midi au City Ground a laissé un goût amer. Première titularisation de la saison en Premier League, sortie à la pause. Une coupure nette, presque chirurgicale, dans un match qui devait relancer son statut.

Mikel Arteta l’avait installé d’entrée au milieu, dans un onze remodelé pour affronter Forest. Un signal fort pour un joueur recruté à près de 60 millions de livres, censé incarner une nouvelle dimension créative. Quarante-cinq minutes plus tard, le panneau s’est levé. Eze dehors, Noni Madueke dedans.

La suite a été cruelle pour lui. À la 80e minute, Madueke a frappé, but décisif, victoire 1-0, trois points dans la poche. Le remplaçant héros, le titulaire évincé relégué au second plan.

Wright : « Il doit être dévasté »

Sur le plateau de Sky Sports, Ian Wright n’a pas cherché à adoucir le constat. L’ancienne légende d’Arsenal sait ce que signifie être sorti aussi tôt, surtout dans un contexte où la concurrence s’aiguise.

« C’est très dur pour lui en ce moment », a-t-il lâché. En regardant la première période, Wright s’attendait à voir Eze remplacé, mais pas aussi tôt. « On a commencé à se dire qu’il allait sortir. Je ne pensais pas que ce serait à la mi-temps. Il doit être dévasté. »

Le mot est fort, mais il colle à la situation. Eze sort à la pause, son remplaçant marque le but de la victoire, et la discussion bascule immédiatement sur son avenir à court terme dans le onze d’Arteta. Wright l’a dit clairement : il craint désormais pour la place de l’international anglais dans l’équipe-type jusqu’à la fin de la saison.

Un champion en difficulté

Le paradoxe est frappant. Eze a participé au titre de champion d’Angleterre d’Arsenal et à une campagne européenne menée jusqu’à la finale de la Champions League dès sa première saison à l’Emirates Stadium. Collectivement, rien à dire. Individuellement, la courbe est beaucoup moins flatteuse ces derniers mois.

Les attentes, elles, n’ont pas diminué. Prix du transfert, statut d’international, image de meneur de jeu élégant formé à Crystal Palace : tout pousse à l’exigence maximale. Or, son influence se délite. Son impact dans les matchs s’effrite, au point de rendre logique, aux yeux de Wright, cette sortie précoce.

Un problème de poste qui s’installe

Pour Wright, le cœur du problème est aussi tactique. Eze n’est pas un ailier de ligne. Il vit entre les espaces, dans l’axe, là où il peut se retourner, provoquer, combiner. Arteta, lui, le place majoritairement sur un côté.

« Eze est plus un joueur de mouvements, il aime rentrer à l’intérieur », a détaillé Wright. Sur le papier, le rôle semble taillé pour lui. Sur le terrain, c’est une autre histoire. « Il a l’air isolé sur la gauche, ce n’est pas utiliser ses principales qualités. »

Coincé près de la ligne, dépendant des décrochages des autres, il touche moins de ballons dangereux, pèse moins dans la création, et finit par disparaître des débats. Un luxe qu’Arsenal ne peut pas se permettre, surtout avec la concurrence qui monte.

Wright le reconnaît : dans l’axe, la porte est presque verrouillée. « Ça va être très difficile pour lui d’entrer dans l’équipe dans ces positions-là », a-t-il insisté. Alors Eze se retrouve à occuper ce couloir gauche, sans forcément avoir les relais qu’il réclame autour de lui.

« Au moins, avoir une vraie tentative »

Face à ce mur, l’ancien attaquant des Gunners a lancé un message presque de défi à Eze. S’il ne fait pas partie des cadres indiscutables, il doit, selon lui, tout lâcher sur le terrain, quitte à forcer la hiérarchie.

« Il semble qu’il ne sera pas l’un des principaux titulaires, pareil pour [Viktor] Gyokeres et [Noni] Madueke, donc au moins, avoir une vraie tentative », a résumé Wright. Autrement dit : accepter le contexte, mais refuser le rôle de figurant.

La sortie à la pause à Forest ressemble à un signal. Pas une condamnation, mais un avertissement brutal. À ce niveau, un prix de 60 millions ne garantit rien, pas même une heure de jeu.

Arsenal vers l’Europe, Eze face à un tournant

Pendant qu’Eze digère cet après-midi compliqué, Arsenal bascule déjà vers un rendez-vous bien plus grand. Mercredi soir, l’Emirates Stadium accueille le géant allemand Bayern Munich pour un choc crucial de Champions League. Un match où chaque choix de Mikel Arteta sera scruté, chaque visage sur la feuille de match interprété.

Eze y sera-t-il simple option de banc, ou l’Espagnol lui offrira-t-il une chance de réaction rapide ? Sa capacité à répondre à ce moment de doute pourrait peser lourd sur le reste de sa saison.

Forest, de son côté, devra panser ses plaies dès vendredi avec un déplacement à Ipswich Town pour relancer sa campagne domestique. Arsenal, lui, n’a pas ce temps-là. Entre la lutte pour le titre et l’Europe, les places sont chères, les états d’âme comptent peu.

Dans ce contexte, Eze n’a plus vraiment le choix : ou il impose enfin son football là où Arteta le place, ou la saison risque de se résumer à une suite de sorties prématurées et de regrets.