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Howard Webb sur l'erreur VAR du but de Haaland

Le chef des arbitres Howard Webb a mis des mots sur ce que tout le monde avait vu. Et ce que personne ne comprenait. Le but d’Erling Haaland lors du derby de Manchester à Old Trafford n’aurait jamais dû être accordé. Pas à cause du Norvégien. À cause d’Enzo Fernandez. Et le VAR n’a tout simplement… pas regardé.

En direct, à la 60e minute, l’assistant signale un hors-jeu. Haaland pense avoir offert la victoire à Manchester City, mais le drapeau se lève. Puis la technologie s’en mêle. Le VAR, dirigé par Matt Donohue avec Blake Antrobus à ses côtés, trace les lignes : Haaland est en jeu de trois centimètres sur le centre de Josko Gvardiol. Le but est finalement validé.

Et c’est là que tout déraille.

Le hors-jeu oublié d’Enzo Fernandez

Les ralentis montrent très vite autre chose. Enzo Fernandez plonge au centre, en position de hors-jeu, se jette vers le ballon et perturbe clairement la défense de Manchester United. Lisandro Martinez, d’abord au marquage de Haaland, abandonne le Norvégien pour aller couper la trajectoire devant Fernandez. Il laisse ainsi Haaland seul au second poteau pour conclure.

Pour les joueurs, les entraîneurs, les consultants, l’infraction saute aux yeux. Wayne Rooney, sur Match of the Day, ne mâche pas ses mots : ne pas voir Fernandez en position de hors-jeu et son impact sur l’action, pour lui, défie la logique de quiconque a déjà joué au football.

Le problème, révélé par la première émission de la saison de « Match Officials Mic’d Up », est brutal dans sa simplicité : à aucun moment le VAR ne se demande si Fernandez est hors-jeu. L’audio montre Donohue et Antrobus totalement focalisés sur un seul élément : la position de Haaland.

« Tunnel vision » au cœur du contrôle

Howard Webb ne cherche pas d’excuse. Il parle de « tunnel vision ». Une obsession pour Haaland qui fait perdre de vue le reste de l’action.

La semi-automatisation du hors-jeu confirme d’abord que Haaland est en jeu. Le VAR valide ce point, puis se limite à vérifier une éventuelle déviation d’Enzo Fernandez qui aurait pu créer une nouvelle phase de hors-jeu contre l’attaquant de City. Comme Fernandez ne touche pas le ballon, Donohue conclut : but valable.

Mais il ne va pas au bout de l’analyse. Il ne mesure pas l’impact de la position de Fernandez sur les défenseurs, ni le fait qu’il interfère avec des adversaires en étant hors-jeu. Toute la nuance, pourtant centrale dans la loi du jeu, disparaît dans ce « tunnel ».

« Le VAR se concentre de manière excessive sur Haaland, il établit qu’il est en jeu et pense que c’est un bon but », explique Webb. « Il ne prend pas vraiment en compte l’impact complet de la position de Fernandez. »

Personne, dans la cabine, ne le ramène à une vision globale de l’action. L’erreur collective est consommée.

Une décision qui laisse des traces

Webb ne se cache pas derrière le jargon. Il parle de « déception », de but qui « aurait dû être refusé », d’erreur « inhabituelle » mais lourde de conséquences. Il reconnaît avoir déjà partagé l’audio et la vidéo avec Manchester United.

Les conséquences internes tombent aussi. Les officiels impliqués ne seront plus désignés avant la trêve internationale. Un signal fort, dans un climat où chaque décision du VAR est disséquée, contestée, moquée parfois.

Cette séquence relance surtout une question brûlante : comment un outil aussi puissant peut-il rater un hors-jeu aussi évident sur le plan conceptuel, alors même que la technologie a fait son travail sur les centimètres de Haaland ?

Le VAR est censé offrir une vision plus large, plus juste. À Old Trafford, il a regardé trop près. Trop étroit. Et dans un derby de Manchester, ce genre d’aveuglement ne s’oublie pas facilement.