L'ère Luka Dončić débute avec les Lakers
L’ère Luka Dončić s’ouvre ce soir au Crypto.com Arena. Les projecteurs sont braqués sur lui, mais c’est tout un club qui bascule dans autre chose.
Los Angeles accueille Stephen Curry et les Golden State Warriors pour un premier test brutal, presque symbolique : le nouveau visage des Lakers contre l’un des visages les plus familiers de la ligue. Une affiche de début de saison qui ressemble déjà à un révélateur.
Un été de séisme, un automne de réponses
L’intersaison à Los Angeles a été un tourbillon. Sur le parquet, le départ de LeBron James a tout déclenché. Une page historique s’est tournée, et avec elle, une reconstruction express : neuf nouveaux joueurs, un effectif remodelé autour de Dončić et Austin Reaves, et un pari massif sur Walker Kessler, récupéré dans un échange XXL avec Utah pour devenir le pivot du futur.
En coulisses, la franchise a vécu un autre tremblement de terre. Une vente à 12,5 milliards de dollars à Joshua Kushner et à l’ancien patron de Disney Bob Iger, les remous judiciaires autour de la famille Buss, et en toile de fond l’enquête fédérale visant le propriétaire Mark Walter. Le soap-opera est permanent. Mais dès que l’entre-deux initial sera lancé, tout cela disparaîtra derrière le bruit du ballon et la pression du résultat.
Car la vraie question, ce soir, est simple : à quoi ressemblent ces nouveaux Lakers quand les choses deviennent sérieuses ?
Une alchimie à trouver… vite
Les Lakers présentent sans doute leur effectif le plus profond depuis des années. Mais c’est aussi l’un des plus déroutants. Autour de Dončić et Reaves, Rob Pelinka a empilé des profils capables de tirer, dribbler et créer : Collin Sexton, Quentin Grimes, Ziaire Williams, Sandro Mamukelashvili, Matisse Thybulle, Jaden Hardy. Sur le papier, les pièces s’emboîtent. Sur le parquet, tout reste à prouver.
Le problème saute aux yeux : le nouveau « big three » Dončić – Reaves – Kessler n’a joué que 13 minutes ensemble en présaison. Treize minutes pour une association censée porter une saison entière. C’est dérisoire. L’entraîneur JJ Redick refuse de se livrer au jeu des prédictions, mais il a déjà pointé le vrai enjeu : comment ce groupe réagira-t-il quand la saison se durcira, quand les défaites s’enchaîneront, quand la critique enflera ?
Pour Redick, la clé se jouera dans la manière de gérer les tempêtes, en novembre comme en mars, avec l’espoir d’une progression continue jusqu’aux playoffs. Le message est clair : le talent ne suffira pas, la résistance mentale décidera de la profondeur du parcours.
Walker Kessler face à l’ombre des géants
À Los Angeles, jouer pivot n’est pas un poste. C’est une lignée. George Mikan. Wilt Chamberlain. Kareem Abdul-Jabbar. Shaquille O’Neal. Pau Gasol. Anthony Davis. Walker Kessler arrive dans un couloir de légendes où chaque nom est associé à des titres, des bannières, des trophées.
Le costume est immense. La loupe médiatique, impitoyable. Beaucoup s’y sont brûlés. Kessler, lui, choisit d’y voir une chance plus qu’un poids. Il parle d’« énergie » et d’« opportunité de se battre pour une si grande franchise », conscient que la pression fait partie du package quand on enfile le violet et or.
Son histoire récente ajoute une autre couche à l’enjeu du soir. Ce match n’est pas seulement ses débuts avec les Lakers. C’est aussi son premier match NBA depuis Halloween dernier. Une déchirure du labrum à l’épaule gauche, cinq rencontres seulement disputées, puis une saison 2025-26 effacée par la chirurgie.
Le staff de Los Angeles le décrit comme un « fit parfait » avec Dončić et Reaves. Meilleur protecteur de cercle que la franchise n’en a connu depuis le transfert d’Anthony Davis, Kessler apporte exactement ce qui manquait : du mur, du rebond, du vertical. Le temps pour s’habituer est limité, mais lui savoure chaque minute passée à rattraper ce qu’il a perdu.
Ce soir, face à Curry et à l’attaque fluide de Golden State, son rôle sera immédiat et sans filet. À L.A., on n’a pas le luxe de la patience pour un pivot titulaire.
Austin Reaves, de lieutenant de luxe à patron assumé
Le départ de LeBron a libéré un vide de leadership autant que de points. Austin Reaves n’est plus le troisième homme discret. Il devient le bras droit officiel de Dončić, avec un contrat à 184,76 millions de dollars comme rappel quotidien de son nouveau statut.
Dončić a déjà noté le changement : un Reaves plus vocal, plus présent dans les échanges, plus direct avec ses coéquipiers. JJ Redick assure qu’il a été « le leader dans la salle » depuis le retour du voyage en Slovénie. Reaves, lui, revendique un style à sa manière : peu de cris, beaucoup de discussions en tête-à-tête, loin des regards.
Il ne veut pas imiter LeBron. Il ne veut pas copier Dončić. Il veut imposer une autre façon de guider un vestiaire, plus calme, plus subtile, mais tout aussi exigeante. La saison dira si cette approche peut tenir sur 82 matchs, dans une ville où chaque contre-performance devient un débat national.
Une nouvelle ère, un premier verdict
Les grandes sagas NBA ne commencent pas toujours dans le fracas. Mais celle des Lakers version Dončić, elle, démarre déjà avec une intensité rare : un effectif chamboulé, un pivot à relancer, un arrière promu leader, une franchise sous enquête, un nouveau propriétaire, et un premier duel contre Curry comme décor.
Le ballon va monter au Crypto.com Arena. Les questions sont nombreuses, les certitudes, beaucoup moins.
La seule chose sûre, c’est que l’ère Dončić commence ce soir. Et à Los Angeles, ce genre d’ère ne pardonne pas les faux départs.




