Enzo Maresca en quête de son premier titre avec Manchester City
Enzo Maresca joue déjà un premier titre. Dimanche, à Cardiff, le nouveau manager de Manchester City peut soulever son premier trophée sur le banc mancunien, face à Arsenal, lors du Community Shield. Un choc de rentrée, mais aussi un bras de fer symbolique contre l’équipe qui a chipé le titre de Premier League aux Cityzens la saison passée.
City s’est invité à ce match en remportant la FA Cup lors de la dernière campagne de Pep Guardiola. Maresca, lui, arrive encore en rodage : un nul contre l’Inter pour ses débuts officieux, puis deux succès 3–1 face aux K-League All-Stars et à l’Atlético de Madrid. Trois rencontres, des promesses, mais rien encore de gravé dans le marbre. Cardiff peut changer ça.
Le technicien italien voudra marquer son territoire d’entrée, envoyer un message clair au champion en titre. Le décor : le Principality Stadium, un Arsenal déjà affûté, et un City diminué, privé de plusieurs cadres. Rodri, annoncé dans le viseur du Barça et touché au dos, ne sera même pas du voyage. Maresca doit composer, ajuster, oser.
Un bloc défensif en recomposition
Dans les buts, Gianluigi Donnarumma tient la corde. James Trafford aurait sans doute débuté sans son transfert à Leeds United pour un montant avoisinant les 60,5 millions de dollars. Gerónimo Rulli, fraîchement arrivé de Marseille, débarque comme numéro deux. Pour un premier titre à aller chercher, Maresca devrait logiquement se tourner vers Donnarumma, le gardien de référence.
Sur le côté droit, Matheus Nunes est attendu dans un rôle de latéral, avec un duel annoncé face à la recrue d’Arsenal, Christos Tzolis. Le Grec a déjà signé trois contributions décisives sous les ordres de Mikel Arteta. Il attaquera sans relâche. Nunes devra tenir le couloir, mais aussi accompagner le jeu, sous peine de passer une longue soirée à courir vers son but.
Dans l’axe, Abdukodir Khusanov profite du grand ménage estival. City a laissé filer plusieurs défenseurs centraux, dont Nathan Aké et John Stones. Résultat : la voie s’ouvre pour le jeune Khusanov, qui peut gagner de vraies minutes dans un match à enjeu. À ses côtés, Rúben Dias reste le patron. Il n’a peut-être plus la même aura qu’à son apogée, mais son leadership et son sens de l’organisation restent vitaux dans une arrière-garde en reconstruction.
À gauche, Joško Gvardiol a une longueur d’avance. Nico O’Reilly ne devrait pas être lancé d’entrée, et Maresca pourrait privilégier la sécurité en titularisant Gvardiol plutôt que Rayan Aït-Nouri. Face à des ailiers d’Arsenal rapides et agressifs, le Croate offre plus de garanties défensives et une relance propre pour sortir du pressing.
Un milieu sans Rodri, mais pas sans idées
L’absence de Rodri change tout dans l’axe. Elle enlève un pilier, mais elle enlève aussi, au passage, une bonne partie des questions insistantes sur son avenir et l’intérêt du Barça. À court terme, c’est Nico González qui devrait prendre le relais au poste de sentinelle. Une mission lourde : couvrir la défense, orienter le jeu, offrir une première rampe de lancement dans un match où Arsenal ne laissera que peu de répit.
À ses côtés, Mateo Kovačić revient avec de l’appétit. À 32 ans, le Croate a déjà disputé en présaison un tiers du total de ses apparitions de la saison dernière, plombée par les blessures (neuf matches seulement en 2025–26). Sous Maresca, il retrouve du rythme, de la continuité, et peut redevenir ce milieu capable de casser des lignes balle au pied et de donner du tempo.
Devant eux, Phil Foden concentre beaucoup d’attentes. Écarté de la liste de l’Angleterre pour la Coupe du monde, le meneur de jeu sait qu’il doit relancer sa trajectoire. Ses 21 contributions offensives la saison passée n’ont pas suffi à masquer des prestations trop irrégulières. Le Community Shield lui offre une scène idéale : un adversaire de haut niveau, un trophée en jeu, et l’occasion de redevenir le visage créatif de ce City nouvelle version.
Des ailes à relancer, un Semenyo en feu
Sur le flanc droit, Savinho joue gros. L’ailier brésilien est de nouveau associé à des rumeurs de départ vers Tottenham, lassé de son temps de jeu famélique. L’arrivée de Maresca lui offre une page blanche. À lui de la remplir. Chaque minute compte, chaque prise de balle peut peser dans son avenir immédiat à Manchester. Face à Arsenal, il devra montrer qu’il peut être plus qu’un joker de luxe.
À gauche, Antoine Semenyo, lui, surfe sur sa dynamique. Le polyvalent attaquant a déjà distribué quatre passes décisives en présaison. Il confirme ce que beaucoup pensaient déjà : son recrutement est un coup de maître. Son activité, sa capacité à attaquer les espaces et à servir ses partenaires en font une arme idéale pour un entraîneur qui veut un jeu vertical et tranchant. Sous Maresca, tout indique qu’il continuera à empiler les gestes décisifs.
Reste une question centrale : ce onze, privé de Rodri et remanié derrière, peut-il déjà rivaliser sur 90 minutes avec un Arsenal lancé et sûr de ses forces ? La réponse tombera à Cardiff, dans un match qui dira bien plus qu’un simple lever de rideau sur ce que sera le Manchester City version Maresca.




