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Enzo Maresca prend les rênes de Manchester City

Enzo Maresca n’a encore dirigé aucun match officiel de Manchester City, mais il sait déjà que le verdict tombera vite. Très vite. À la veille de son premier banc à la tête des champions d’Angleterre, samedi face à l’Inter Milan en match de préparation à Hong Kong, l’Italien a posé le décor : il ne sera ni un clone, ni un gardien de musée de l’ère Pep Guardiola.

Le décor, lui, reste le même : City, un effectif surdimensionné, une attente immense. Mais l’homme au centre du tableau a changé. Maresca a officiellement succédé le mois dernier au Catalan qui a empilé 20 trophées en dix ans à l’Etihad Stadium et redessiné le paysage du football anglais. Entrer derrière une telle porte, c’est accepter que chaque pas soit scruté.

« On va être jugés, toujours – pas seulement demain », a-t-il lâché en conférence de presse, lucide sur l’ampleur de la tâche.

City n’a repris que depuis dix jours, le groupe découvre de « nouveaux concepts », comme il les appelle. Ce premier rendez-vous face à l’Inter n’est qu’un amical, mais pour lui, il compte déjà : « C’est important demain de voir quelque chose. »

Pas de “copier-coller” de Guardiola

Maresca refuse d’endosser le costume du simple héritier. Il a travaillé dans l’ombre de Guardiola, il connaît la maison, mais il veut imposer sa griffe.

« Je ne crois pas au copier-coller. Chaque entraîneur est différent… C’est mon objectif, mon devoir, d’essayer d’introduire de nouvelles idées », a-t-il insisté.

Phrase simple, message fort : il prend le relais, pas le script.

Pourtant, ce début de mandat se fait avec un City en version réduite. Une partie des champions du monde et des cadres sortis rincés de la saison dernière n’a pas pris l’avion pour l’Asie. Hong Kong n’est que la première étape d’une tournée qui mènera aussi le club à Séoul, mais sans plusieurs de ses têtes d’affiche.

  • Erling Haaland, meilleur buteur de la dernière Premier League, n’est pas du voyage.
  • Rodri non plus. Le milieu espagnol, capitaine de la Roja sacrée championne du monde ce mois-ci, récupère d’une petite opération au dos.

Pour un entraîneur qui cherche à installer ses idées, l’absence de son métronome complique forcément le tableau. Elle nourrit aussi les rumeurs.

Rodri, repos officiel, rumeur officieuse

Le nom de Rodri circule avec insistance autour du Real Madrid. Le timing est parfait pour les spéculations : joueur clé, convalescence, nouveau coach, fin de cycle Guardiola. Maresca, lui, coupe court.

Les liens avec le club madrilène ? « De la spéculation », tranche-t-il.

Il assure ne pas avoir eu, avec sa direction, de « conversations juste focalisées sur Rodri ». Pour l’instant, le plan est simple : laisser souffler un joueur qui vient de boucler une saison dévorante, prolongée par un sacre mondial.

« Son principal objectif quand la saison s’est terminée, c’était la Coupe du monde. Maintenant, il profite de repos », rappelle l’Italien. Il ne cache pas non plus l’importance capitale du milieu : « Tous les entraîneurs au monde veulent Rodri parce que c’est un joueur de top niveau. C’est important pour moi, pour le club, pour tout le monde, mais maintenant il a besoin de ses vacances. »

Le message est clair : pas de panique, pas de bras de fer, pas de feuilleton officiellement ouvert. Au moins pour l’instant.

Inter, Stones et un premier test symbolique

En face, l’Inter Milan aborde ce duel avec un clin d’œil appuyé au passé récent de City. Le club italien a annoncé jeudi la signature de John Stones, libre après la fin de son contrat à Manchester. À 32 ans, le défenseur sort d’un été réussi, ponctué par une troisième place au Mondial avec l’Angleterre, et retrouve le très haut niveau européen avec un nouveau maillot.

Pour Cristian Chivu, l’entraîneur de l’Inter, l’opportunité était trop belle pour être manquée : récupérer gratuitement un joueur rompu aux exigences de City et aux rendez-vous de très haut niveau. « Pour nous, avoir la possibilité de prendre John Stones comme joueur libre, c’est important », a-t-il expliqué vendredi.

Il a détaillé la valeur de ce renfort : la qualité, bien sûr, mais aussi la personnalité, le charisme, l’expérience. « C’est un défenseur de plus dans notre groupe de défenseurs, qui va clairement améliorer le secteur », a résumé le Roumain. Une phrase qui sonne comme un avertissement pour tous ceux qui croiseront l’Inter cette saison, City compris.

Une première sans filet pour Maresca

Ce City–Inter de Hong Kong ne distribuera aucun trophée, ne décidera rien du classement et ne dira presque rien de la saison à venir sur le plan comptable. Mais pour Maresca, il pèse déjà lourd. C’est la première fois qu’il mènera les champions d’Angleterre au coup d’envoi, la première fois qu’il verra ses « nouveaux concepts » se frotter à un adversaire de ce calibre.

Sans Haaland, sans Rodri, sans plusieurs champions du monde, il devra bricoler un premier onze, jauger les automatismes, tester l’adhésion. Les jugements tomberont, comme il l’a lui-même admis. C’est la loi du banc de City : on ne vous laisse jamais vraiment le temps.

Reste à savoir si, au bout de cette tournée asiatique, on parlera encore d’un successeur de Guardiola… ou déjà d’un Manchester City version Maresca.