Endrick et Wesley : un lien stratégique pour la Roma
À Madrid, Endrick s’impatiente. À Rome, Wesley l’attend.
Entre les deux, une amitié qui pourrait bien devenir un axe de marché décisif dès janvier.
Wesley, l’ami devenu émissaire
Le lien entre les deux Brésiliens ne date pas d’hier. Il s’est cimenté dans la douleur, lorsque Wesley a vu son rêve de Coupe du monde s’effondrer à une semaine du coup d’envoi, fauché par une blessure. Endrick avait alors pris le temps de le soutenir, à distance, comme un petit frère qui refuse d’abandonner l’aîné au bord de la route.
Aujourd’hui, les rôles s’inversent. C’est Wesley qui tend la main.
Selon le Corriere dello Sport, l’ailier de la Roma multiplie les messages à son compatriote pour lui dire une chose très simple : il le veut à ses côtés au Stadio Olimpico. Pas de mandat officiel du club, pas de stratégie écrite dans un bureau, mais une démarche personnelle qui épouse parfaitement les ambitions du mercato romain.
Les deux hommes auront bientôt l’occasion de se retrouver face à face. Le calendrier a offert un rendez-vous idéal : le déplacement du Real Madrid à Rome pour un choc de Champions League, le 14 octobre. Endrick y découvrira, de l’intérieur, ce que Wesley décrit comme sa nouvelle maison. L’ambiance, la ferveur, la ville. Tout ce que l’on ne voit pas depuis un banc au Bernabéu.
Endrick, du joyau annoncé au remplaçant oublié
Le contraste est brutal. L’été dernier, Endrick débarquait en Europe comme l’un des grands paris de l’avenir du Real Madrid, protégé par un investissement massif et des promesses de temps de jeu. Quelques semaines plus tard, le décor a changé.
Huit matchs officiels, et seulement quatre minutes sur la pelouse, en fin de rencontre contre Elche. Rien d’autre. À 20 ans, l’attaquant se retrouve relégué au bout de la file, derrière Kylian Mbappé, Vinicius Jr et Arda Güler. Une concurrence féroce, presque écrasante.
Les garanties offertes plus tôt dans l’année ne se traduisent pas en minutes. La situation devient critique pour un joueur censé représenter l’avenir de la Seleção. Son entourage, comme lui, commence à envisager ce que personne n’osait vraiment prononcer à voix haute il y a encore quelques mois : partir, au moins temporairement.
Un départ en prêt en janvier apparaît désormais comme la voie la plus raisonnable pour toutes les parties. Pour le Real, qui doit protéger un investissement stratégique. Pour le joueur, qui a besoin de jouer pour progresser. Pour le Brésil, qui voit un de ses plus grands espoirs coincé sur un banc.
Roma en pole, Milan à l’affût
En Italie, le dossier est suivi de près. Très près.
La Roma a pris une longueur d’avance. Le club giallorosso a déjà ouvert un canal de discussion régulier avec les représentants du joueur. Wesley, lui, agit comme un relais naturel, un guide potentiel pour son compatriote dans la capitale italienne.
L’AC Milan n’est pas loin. Le club rossonero a signalé son intérêt et observe la situation madrilène avec attention, prêt à se positionner si une brèche s’ouvre. Mais, pour l’instant, c’est la Roma qui fait le plus de terrain, qui parle le plus souvent avec le clan du joueur, qui prépare le mieux le terrain.
Un autre moment clé se profile : la trêve internationale à Singapour. Nouveau décor, même enjeu. Wesley y disposera d’un espace privilégié pour continuer son travail de persuasion, loin des caméras européennes, pendant qu’Endrick réfléchira, encore, à la suite de sa saison.
Florentino Pérez veut garder la main
Au Real Madrid, Florentino Pérez ne veut pas entendre parler d’abandon. Pour l’instant, une seule formule est sur la table : un prêt sec. Pas d’option d’achat, pas de clause définitive, l’idée étant de garder un contrôle total sur la trajectoire d’un actif jugé stratégique pour le futur.
La Roma, elle, pousse pour un montage plus ambitieux. Les dirigeants romains aimeraient une formule hybride : prêt, avec option d’achat, assortie d’une clause de rachat en faveur du Real. Un schéma déjà vu ailleurs, qui permettrait au club italien d’investir sérieusement dans l’intégration du joueur, tout en offrant aux Madrilènes une porte de retour à moyen terme.
Ce type de compromis donnerait à la Roma la sécurité nécessaire pour construire autour d’Endrick, plutôt que de l’utiliser comme une simple solution temporaire. C’est tout l’enjeu des négociations : convaincre Madrid qu’un environnement stable et responsabilisant en Serie A peut servir autant leurs intérêts que ceux du joueur.
Le Brésil s’impatiente aussi
La situation ne passe pas inaperçue au Brésil. Dans les bureaux de la sélection, on s’inquiète. Voir l’un des talents les plus prometteurs du pays se contenter de quatre minutes de jeu en huit rencontres n’a rien de rassurant.
Le message venu de la Seleção est limpide : pour continuer à grandir, Endrick doit jouer. Souvent. Intensément. Il sort d’un prêt réussi loin de Madrid, preuve qu’un environnement différent peut le relancer. Le laisser s’enliser sur le banc du Bernabéu serait un risque majeur pour sa progression.
À l’approche de janvier, la pression monte sur deux fronts : celui du terrain, avec José Mourinho qui pourrait bien peser dans les discussions s’il valide le profil pour sa Roma, et celui des bureaux, où la direction madrilène doit arbitrer entre prudence financière, prestige et réalité sportive.
Reste une question, simple et tranchante : le Real acceptera-t-il de laisser respirer son joyau pour mieux le retrouver plus tard, ou prendra-t-il le risque de voir son développement se figer, pendant que Wesley lui ouvre grand la porte de Rome ?



