EFL Play-offs : Hull et Millwall en attente de la décision finale
Les play-offs de l’EFL ont repris leurs droits sans fracas, mais avec ce nœud au ventre qui serre toujours un peu plus à l’approche de la ligne d’arrivée. À l’issue d’une soirée tendue dans l’Est du Yorkshire, Hull et Millwall sortent indemnes, leurs rêves de Premier League encore intacts. Tout se jouera à Londres, lundi soir, dans le bouillonnement du Den.
Un 0-0 qui ne dit pas tout
À la pause de ce genre de demi-finale aller, on dresse instinctivement un premier bilan. Qui a pris l’ascendant, même léger, avant le retour ? Sur le papier, Millwall peut se dire en position de force : score nul et vierge, billet retour pour le sud de l’Angleterre, et la perspective de conclure l’affaire à domicile.
Mais ce serait oublier un détail qui compte : Hull est déjà allé gagner au Den cette saison. Et ce Hull-là, longtemps sous embargo de transferts, a fini par faire taire les sceptiques en se glissant dans le top 6 du Championship. Rien, dans cette première manche, ne permet vraiment d’affirmer que l’un ou l’autre a montré son vrai visage. La tension a tout comprimé, tout bridé. Une erreur pouvait coûter une saison.
Le verdict tombera à Londres.
Belloumi allume la mèche, puis le verrou se referme
Les premières minutes ont pourtant laissé croire à un scénario plus ouvert. Mohamed Belloumi a pris le ballon, a percé, a accéléré, a éliminé. Sa course a déchiré le bloc de Millwall et son tir, légèrement dévié, est venu lécher le poteau d’Anthony Patterson. Si ce ballon avait terminé sa course à l’intérieur, on tiendrait déjà l’un des buts références de l’histoire des play-offs.
Ce frisson initial laissait présager un match débridé. Il n’en a rien été. La rencontre a vite glissé vers une sorte de bras de fer figé. Personne ne voulait se découvrir trop tôt dans ce duel en deux actes. Les deux équipes se sont observées, contenues, presque neutralisées, comme si elles se réservaient pour les moments décisifs à venir.
Dans ce contexte, Hull a tout de même semblé plus tranchant dans les transitions. Sur les contres, les Tigers ont été les plus menaçants, sans pour autant forcer Patterson à des parades spectaculaires. En face, Millwall a affiché davantage de maîtrise dans la possession, un contrôle plus posé, mais sans véritablement casser des lignes.
Les occasions, elles, se sont faites rares. Très rares.
Une deuxième période sous haute tension
Au retour des vestiaires, une impression dominait : la première équipe à se libérer mentalement prendrait une option, même minime, sur la qualification. Millwall, notamment, a parfois semblé vouloir forcer des passes qu’il n’aurait jamais tentées lors d’un banal match de championnat. Le poids de l’enjeu, encore.
La question planait : le match allait-il enfin s’ouvrir ? Pas vraiment. Comme en première période, la plus grosse opportunité est arrivée très tôt. Lewie Coyle, capitaine de Hull, a pris sa chance de loin, une frappe puissante qui a filé au-dessus. Puis, de nouveau, le jeu s’est resserré dans l’axe, coincé dans une bataille du milieu de terrain, sans véritable coup de scalpel offensif.
Une image a résumé cette heure de jeu : Alex Neil, sur le bord de la touche, interloqué, les bras écartés, après une tentative lointaine de Tristan Crama, parti pour frapper depuis près de 40 mètres. Le ballon a survolé le but d’Ivor Pandur sans le moindre danger. L’engagement était total, l’intensité bien réelle, mais les occasions franches restaient presque inexistantes.
Hull appuie, Millwall répond
Restait une interrogation, côté Hull : accepter ce 0-0 et descendre l’autoroute vers Londres avec ce score neutre, ou prendre un risque dans le dernier quart d’heure pour arracher un but qui pourrait peser lourd ? Les Tigers ont fini par cligner les premiers.
Le choix a failli être payant immédiatement. Sur un centre travaillé de Yu Hirakawa, tout juste entré en jeu, Oli McBurnie a jailli au premier poteau. Son geste a frôlé le cadre, le ballon a filé à quelques centimètres du but. Le stade a retenu son souffle.
Dans la foulée, Millwall a riposté. Femi Azeez s’est ouvert une fenêtre de tir, a enroulé une frappe superbe que Pandur a dû aller chercher avec autorité. En quelques minutes, le match, jusqu’ici cadenassé, s’est soudainement animé. Le volume sonore est monté, les tribunes se sont réveillées. Enfin, les play-offs ressemblaient à des play-offs.
L’entrée de Barry Bannan a ajouté une autre couche de qualité au jeu des Lions. Son toucher de balle, sa vision, ont tout de suite trouvé les interstices. Ses passes ont commencé à fissurer la ligne défensive de Hull, et Millwall a cru tenir son moment-clé à l’approche du temps additionnel.
Sur un centre venu de la droite, Ryan Leonard a devancé la défense et poussé le ballon au fond. Le Den, en pensée, s’embrasait déjà. Mais l’euphorie a été coupée nette : l’arbitre a sanctionné Crama pour une faute sur Charlie Hughes au moment du centre. But refusé.
Alex Neil est entré dans une colère froide sur sa zone technique, furieux de voir cette opportunité s’envoler. Le tableau d’affichage, lui, n’a pas bougé.
Tout pour le Den
Le coup de sifflet final a entériné ce 0-0 crispant, mais loin d’être insignifiant. Les deux équipes quittent la pelouse avec un sentiment partagé : la frustration de ne pas avoir frappé un premier grand coup, mêlée au soulagement de n’avoir rien concédé.
Wembley reste à portée de main. Lundi, le Den ne laissera aucune place au calcul. Hull sait qu’il peut y gagner. Millwall sait qu’il doit y imposer sa loi. Dans ce genre de rendez-vous, il n’y a pas de deuxième chance.




