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Eddie Howe quitte Newcastle, Matthias Jaissle arrive

Eddie Howe a quitté Newcastle. Brutal sur le calendrier, presque inévitable sur le fond. Le club s’apprête désormais à confier l’équipe au technicien allemand Matthias Jaissle, actuellement sur le banc d’Al-Ahli.

Pendant près de cinq ans, Howe a incarné la reconstruction de St James’ Park sous pavillon saoudien. Il laisse derrière lui un club transformé : une Coupe de la Ligue remportée en 2025, deux qualifications en Ligue des champions, un stade ranimé et une identité de jeu assumée. Sur le papier, le bilan est solide. En coulisses, la pression était devenue étouffante.

Les propriétaires saoudiens de Newcastle scrutaient son travail depuis des mois. La 12e place en Premier League la saison dernière a fissuré la confiance. Une partie des supporters réclamait son départ, les bookmakers l’avaient désigné comme favori pour devenir le premier entraîneur limogé de la saison, et les discussions internes se sont faites plus tranchantes.

Howe, lui, a choisi de partir. À 48 ans, selon des sources proches du club, il a indiqué vouloir faire une pause avec le football. Une décision personnelle, mais prise dans un climat où son influence s’érodait et où chaque choix était disséqué.

Le plus frappant, c’est que rien ne laissait filtrer ce dénouement mercredi soir. Après la lourde défaite 4-1 en match de préparation à Bristol City, Howe affichait encore un discours d’optimisme, fidèle à son personnage. Il parlait d’« amour » pour le club, de « grandes choses possibles chaque saison », de « buzz » autour de ce qui attend Newcastle. Aucune fissure publique. Quelques heures plus tard, la page était tournée.

En réalité, la bascule avait commencé bien plus tôt. En avril, lors d’un sommet dans un hôtel de campagne dans le Northumberland, Howe semblait avoir sauvé sa peau. Il avait convaincu les propriétaires de lui accorder une saison de plus, malgré la déception du classement. Cette réunion avait été présentée comme un point de départ. Elle ressemblait finalement à un sursis.

L’été a achevé de tout faire exploser. Le vestiaire a été secoué par les départs d’Anthony Gordon vers Barcelona et de Sandro Tonali à Tottenham. Le futur de Bruno Guimarães reste entouré de doutes. Les certitudes sportives se sont effritées, tout comme le pouvoir de Howe sur le recrutement.

L’arrivée de Ross Wilson au poste de directeur du football a changé la donne. L’Anglais a imposé une nouvelle ligne : cibler principalement de jeunes joueurs à fort potentiel de revente, dans une fourchette de prix située globalement entre 20 et 40 millions de livres (17,4 à 38,8 millions d’euros). Howe, qui pesait lourd sur les décisions de mercato au début de l’ère saoudienne, a vu son rôle réduit. La direction sportive a pris le dessus, la marge de manœuvre du manager s’est rétrécie.

Dans ce contexte, l’ombre de Matthias Jaissle s’est rapidement dessinée. Jeudi matin, les négociations entre Newcastle et l’Allemand étaient déjà décrites comme très avancées. Un détail clé facilite tout : Al-Ahli, son club actuel, appartient lui aussi au Public Investment Fund (PIF) saoudien, comme Newcastle. Le changement de banc s’annonce donc fluide, presque interne au même écosystème.

Jaissle débarquera dans un environnement puissant, mais exigeant. Il héritera d’un club secoué par un été turbulent, d’un effectif en recomposition, et d’une base de supporters qui a goûté à la Ligue des champions et ne se contentera plus d’un ventre mou en championnat.

Eddie Howe, lui, quitte Tyneside avec un palmarès qui restera comme le point de départ de l’ère saoudienne à Newcastle. La question est désormais simple, brutale, et elle ne laisse aucun répit au successeur : ce qu’il a construit était une fondation. Jaissle saura-t-il en faire une véritable ère de domination ?