Dricus du Plessis refuse le Grand Prix de l'UFC
Monte Visser a levé le voile sur un plan que l’UFC aurait adoré voir naître. Un mini-Grand Prix éclair chez les lourds-légers. Une nuit, quatre noms, un seul survivant pour aller défier Carlos Ulberg pour la ceinture à son retour de blessure au genou l’an prochain. Sur le papier, un scénario explosif. Dans la réalité, Dricus du Plessis a dit non.
Un Grand Prix éclair à 205 lbs… avorté
Invité dans l’émission Fight Forecast, Monte Visser, entraîneur en chef de l’ancien champion des moyens, a raconté les coulisses de la proposition. L’UFC voulait propulser du Plessis en -93 kg pour un tournoi express réunissant Dricus du Plessis, Magomed Ankalaev, Jiri Prochazka et Navajo Stirling.
Le format était simple et brutal : quatre hommes, deux combats, puis les vainqueurs se retrouvent la même soirée. Le gagnant décroche ensuite le ticket pour affronter Carlos Ulberg pour le titre des lourds-légers. Une sorte de retour aux racines de l’organisation, version condensée, pensée pour frapper fort.
Visser a détaillé la réponse du camp sud-africain : ils ont refusé. Pas par manque d’ambition, mais par stratégie. « On le fera progressivement. On veut récupérer notre ceinture, et la défendre au moins une fois », a-t-il expliqué. Le message est clair : priorité absolue au retour sur le trône des moyens.
Du Plessis reste fixé sur le titre des moyens
Dricus du Plessis a effectué toute sa carrière à l’UFC en -84 kg. Depuis quelques semaines, il ne cache pas qu’un passage en -93 kg l’intéresse à terme. Mais pas dans ces conditions, pas à cette vitesse.
Des sources citées par Heavy.com confirment que l’UFC lui a bien proposé un combat face à Magomed Ankalaev en lourds-légers. Du Plessis a décliné. Il veut rester chez les moyens et repartir à la conquête de la ceinture qu’il a perdue. C’est là qu’il voit son histoire immédiate, c’est là qu’il veut régler ses comptes.
Pour l’UFC, l’idée avait pourtant tout du coup de poker séduisant. Un tournoi à quatre, des styles opposés, des profils déjà installés et un champion, Carlos Ulberg, en ligne de mire pour 2025. Le genre de nuit qui marque une division. Mais sans du Plessis, la pièce maîtresse manquait.
Un casting rêvé… et un grand absent
Le plus frappant, c’est que l’UFC n’a même pas semblé vouloir bricoler un plan B de même ampleur. Paulo Costa, par exemple, aurait pu être un candidat naturel pour combler le vide laissé par du Plessis dans ce Grand Prix avorté. Puissance, nom connu, goût pour la guerre debout : le Brésilien cochait beaucoup de cases pour ce type de concept.
Pourtant, rien n’indique qu’une telle option lui ait été proposée. Le projet, tel qu’imaginé autour de du Plessis, s’est tout simplement éteint au moment où ce dernier a fermé la porte.
Pendant ce temps, la machine UFC n’a pas cessé de tourner. Jiri Prochazka et Navajo Stirling ont finalement été programmés en main event de l’événement au Qatar, prévu en novembre. De quoi laisser penser que ce gala pouvait être, à l’origine, le théâtre idéal pour ce Grand Prix éclair. On peut facilement imaginer Ankalaev contre du Plessis en co-main event, pour compléter le tableau.
Une décision de carrière lourde de sens
En refusant ce tournoi, du Plessis envoie un signal fort. Il ne veut pas être happé par le spectacle au détriment de sa trajectoire sportive. Monter d’une catégorie pour un pari en une nuit, face à des cogneurs naturels de -93 kg, sans avoir d’abord installé son corps et son rythme dans cette division, aurait été un risque considérable.
Le Sud-Africain préfère reprendre le chemin qu’il connaît : celui des -84 kg, où il estime avoir encore une ceinture à reconquérir et une défense à assurer. Une vision linéaire, presque old school, dans un environnement où l’UFC adore bousculer les lignes avec des sauts de catégorie et des scénarios spectaculaires.
La question, désormais, est simple : l’organisation reviendra-t-elle à la charge avec un autre concept pour l’attirer chez les lourds-légers, ou laissera-t-elle du Plessis réécrire son histoire chez les moyens avant, peut-être, de tout bouleverser plus tard ?

