Dominik Szoboszlai sauve Liverpool contre Newcastle
À St James' Park, Liverpool a attendu la toute dernière seconde pour respirer. Dominik Szoboszlai a transformé un penalty au neuvième minute du temps additionnel et a sauvé le premier match de championnat d’Andoni Iraola sur le banc des Reds, face à un Newcastle qui menait deux fois au score mais a fini par tout laisser filer.
Liverpool puni, puis sauvé au bout du temps additionnel
Newcastle a longtemps cru tenir la soirée parfaite. Devant son public, avec un Liverpool encore en rodage, le plan semblait fonctionner : ouvrir le score, contenir, frapper encore. Les Magpies ont mené 1-0, puis 2-1, et à chaque fois les Reds ont dû s’arracher pour revenir.
Le premier tournant intervient en début de seconde période. La défense de Newcastle recule, laisse jouer, et Cody Gakpo en profite pour effacer l’ouverture d’Anthony Elanga. Un égalisateur qui aurait dû réveiller les locaux. Au lieu de ça, ils se tirent une balle dans le pied.
Car le vrai drame, pour Newcastle, se joue dans les derniers instants. Lewis Hall accroche Victor Munoz dans la surface alors que le match semble plié, les trois points presque dans la poche. La faute est grossière, le timing catastrophique. Szoboszlai ne tremble pas sur le penalty : 2-2, et deux points qui s’envolent.
Iraola soulagé, mais pas satisfait
Pour Andoni Iraola, ce nul a le goût d’un soulagement arraché, pas d’une récompense imméritée. Le Basque ne cache pas sa frustration, tout en protégeant ses joueurs.
« Ce n’est pas le résultat que tu veux avant le match, mais évidemment, finir en marquant dans la dernière minute, ça laisse un meilleur goût », explique-t-il. « Je ne pense pas que nous méritions de perdre aujourd’hui. Je valorise l’effort des joueurs, ils n’ont jamais abandonné, et à la fin c’est arrivé, on a pu récupérer au moins un point. »
Son Liverpool a été loin d’être flamboyant. Le pressing, parfois brouillon, a laissé des espaces, et les Reds ont souvent couru après le ballon comme après le score. Mais l’état d’esprit, lui, a tenu jusqu’au bout, jusqu’à ce penalty qui change tout dans la lecture de la soirée.
Wissa et Newcastle entre rage et promesses
Dans le camp d’en face, le sentiment est à la fois brutal et paradoxal. Yoane Wissa résume ce mélange de colère et d’espoir.
« C’est dur, surtout 30 secondes avant la fin du match, mais c’est un énorme pas pour nous. C’est la mentalité qu’on doit avoir toute la saison », souffle l’attaquant. « Le manager est arrivé il y a trois semaines et nous a donné beaucoup d’informations, maintenant on montre sur le terrain qu’on est prêts pour la saison. On avait besoin de cette victoire pour envoyer un message, mais au final on fait match nul. On a tellement de choses à travailler. »
Newcastle sort de l’été amoindri, privé de plusieurs cadres partis sous d’autres cieux. Dans ce contexte, beaucoup sur le Tyneside auraient signé pour un point avant le coup d’envoi. Mais la manière dont il s’échappe, dans le temps additionnel, laisse des traces.
Jaissle fustige un penalty « léger » mais s’accroche au positif
Matthias Jaissle, fraîchement installé sur le banc de Newcastle, vit lui aussi une soirée de sentiments mêlés. Il regrette une décision arbitrale qu’il juge trop sévère, tout en saluant la prestation d’un groupe en pleine transition.
« C’était vraiment un match de sentiments partagés, surtout à la fin, quand tu perds deux points sur une décision, c’est vraiment difficile à digérer », lâche-t-il. « Pour moi c’est un penalty vraiment léger, comme vous l’appelez ici. Si vous donnez ces penalties-là, il faudra en siffler beaucoup cette saison. »
Le technicien refuse cependant de s’enfermer dans la frustration. Il insiste sur ce qu’il considère comme un socle pour la suite.
« Il y a aussi beaucoup de confiance et nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons vu, les jeunes ont fait un travail incroyable avec tous les défis d’une période de transition. C’était spécial, déjà livrer une telle performance à ce niveau, et ça nous rend fiers. Newcastle a une très bonne base sur laquelle construire. »
Liverpool repart donc avec un point qui ressemble à un avertissement plus qu’à une promesse. Newcastle, lui, perd une victoire fondatrice mais gagne un début d’identité sous Jaissle. Reste une question, déjà : lequel des deux saura transformer ce match fou en tremplin plutôt qu’en regret permanent ?




