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Le Derby di Milano à Perth : Milan face à l’Inter

Le Derby di Milano s’invite en Australie cette semaine, loin de San Siro mais avec la même électricité dans l’air. À Perth, AC Milan et Inter Milan se retrouvent pour un choc de pré-saison qui, malgré son statut amical, porte déjà en lui une bonne dose d’orgueil, de symboles… et de paris intéressants.

Un premier acte sous haute tension, mais équilibré

Les chiffres de la saison passée racontent une histoire claire : ces deux équipes savent défendre. 35 buts encaissés en 38 journées de Serie A pour Milan comme pour l’Inter. Habituellement, c’est du béton.

Cette fois, le décor change. Pré-saison, rotations, cadres ménagés, jeunes en vitrine : la mécanique défensive risque de grincer un peu au coup d’envoi. Et surtout, les habitudes des deux clubs invitent à la prudence sur le score à la pause.

Milan n’était pas une équipe de démarrage canon la saison dernière : pas devant au score à la mi-temps dans 74 % de ses matches de championnat. L’Inter, elle, affichait le plus faible taux de buts en première période en Serie A, avec 21 % de rencontres sans le moindre but avant le repos. Les Nerazzurri n’avaient pas l’habitude d’écraser les débuts de match : pas de avance à la pause dans 45 % de leurs affiches.

Leur été confirme la tendance. L’Inter s’est retrouvée à égalité à la mi-temps lors de ses deux amicaux, face à Karlsruhe puis Manchester City. Milan, lui, a même été mené 2-0 à la pause lors de son premier test avant de réagir après le repos. Dans les confrontations directes récentes, deux des quatre derniers derbies se sont également soldés par un nul à la mi-temps.

Tout pointe vers un premier acte accroché, où personne ne prend réellement le dessus au tableau d’affichage. Le scénario le plus logique à Perth : un score de parité à la pause.

Milan, bourreau récent de l’Inter

Sur le papier, le champion en titre inspire naturellement confiance. L’Inter sort d’une saison domestique majuscule, avec un Scudetto et un doublé national à défendre. Mais ce derby ne se joue jamais “sur le papier”.

Les derniers chapitres de cette rivalité penchent clairement vers le camp rossonero. Malgré le titre de champion décroché par l’Inter, Milan a signé un doublé en championnat la saison passée, deux victoires 1-0. Sec, clinique, frustrant pour les Nerazzurri.

Le dernier succès de l’Inter contre Milan remonte à avril 2024. Depuis, sept confrontations sans parvenir à faire tomber les Rossoneri. Sur ces sept matches, Milan en a remporté cinq. Une domination récente qui pèse dans les têtes, même en match amical, même à l’autre bout du monde.

Ruben Amorim, nouvel homme fort du banc milanais après le départ de Massimiliano Allegri, peut s’appuyer sur cette dynamique. Son équipe entame un nouveau cycle après avoir manqué la qualification en Ligue des champions, un échec qui a coûté son poste à Allegri. Le contexte est clair : relancer le projet, réaffirmer l’identité du club, frapper un grand coup symbolique dès cet été.

Sur terrain neutre, avec une Inter privée de certains éléments majeurs et toujours en phase de remise en route, Milan a une vraie carte à jouer. Les deux équipes restent invaincues en pré-saison, le duel s’annonce ouvert, mais les signaux récents poussent à imaginer les Rossoneri capables de signer un nouveau succès face au rival.

Des buts dès le début ? Tout indique que oui

Équilibre au score à la pause ne veut pas dire stérilité offensive. Loin de là.

L’Inter a frappé 89 fois en 38 matches de Serie A la saison dernière. Une machine à marquer, capable de faire sauter n’importe quel verrou. Milan, avec 53 buts et une sixième place au classement des attaques, n’a pas démérité dans le dernier tiers.

Les statistiques en première période confirment le potentiel spectacle. Dans 21 % des matches de Milan en championnat, les deux équipes ont marqué avant la mi-temps. Ce pourcentage, bien que modeste en valeur absolue, plaçait le club à la troisième place de la ligue dans ce domaine. L’Inter faisait encore mieux : leader du championnat avec 24 % de rencontres où chaque camp trouvait la faille avant le repos.

Quand ces deux attaques-là se croisent, la probabilité de voir les filets trembler des deux côtés dès le premier acte grimpe nettement. Sur l’ensemble des 90 minutes, Milan et l’Inter ont vu les deux équipes marquer dans 47 % de leurs matches de Serie A. L’Inter, surtout, a pris l’habitude de frapper tôt : but marqué ou encaissé dans le premier quart d’heure lors de 14 de ses 38 rencontres, troisième total de la ligue derrière Como et Sassuolo.

Avec des défenses encore en rodage et des joueurs offensifs désireux de se montrer pour gagner du temps de jeu en vue de la saison, tout est réuni pour un début de match animé, avec des occasions de part et d’autre.

Amorim, Chivu et une nouvelle ère en coulisses

Ce derby d’Australie marque aussi un tournant sur les bancs.

Côté Milan, Ruben Amorim ouvre un nouveau chapitre. L’effectif n’est pas encore au complet, plusieurs cadres n’ayant pas retrouvé le rythme après la trêve, mais des noms forts ont tout de même fait le voyage jusqu’à Perth, comme Rafael Leao ou Luka Modric. Le Portugais ne devrait pas les user sur 90 minutes, mais leur simple présence change le ton du rassemblement : Milan veut repartir fort.

En face, Christian Chivu prend également ses marques à la tête de l’Inter. Le champion d’Italie avance avec un objectif limpide : défendre son doublé national. Sa préparation a démarré sur de bonnes bases avec deux succès, face à Karlsruhe puis contre Manchester City après une séance de tirs au but, la rencontre s’étant achevée sur un 1-1 dans le temps réglementaire.

Ce derby s’inscrit dans cette montée en puissance, avec déjà un autre test de prestige en ligne de mire : une affiche face à la Juventus attend l’Inter dès le week-end prochain. Chivu devra donc jongler entre volonté d’aligner une équipe compétitive et nécessité de ménager certains cadres.

Des compositions qui ouvrent le jeu

Les onze probables donnent le ton d’une rencontre ouverte, avec des lignes prêtes à se projeter.

Pour Milan, la composition attendue : Torriani – Tomori, Gabbia, Pavlovic – Athekame, Ricci, Comotto, Bartesaghi – Loftus-Cheek – Ossola, Camarda. Une base défensive sérieuse, un milieu capable de tenir le ballon et, surtout, la présence de Ruben Loftus-Cheek pour casser les lignes, ainsi que Francesco Camarda, jeune attaquant dont on attend les éclairs.

En face, l’Inter pourrait démarrer avec : Martinez – Pavard, Bisseck, Bastoni – Diouf, Barella, Stankovic, Mkhitaryan, Dimarco – Esposito, Iddrissou. Une défense solide sur le papier, un milieu dense et technique, des pistons offensifs comme Dimarco, et devant, Francesco Esposito et Iddrissou pour peser sur la surface.

Tout cela pour un affrontement de pré-saison, certes, mais avec des enjeux bien réels : des places à gagner, des automatismes à créer, une suprématie locale à rappeler, même à des milliers de kilomètres de la Lombardie.

Un derby ne se joue jamais vraiment “pour du beurre”. La question est simple : qui, de Milan ou de l’Inter, donnera le ton de sa saison dès cette nuit australienne ?