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Défaite historique des Chicago Bulls face aux Raptors

Les Chicago Bulls avaient allumé la lumière de l’espoir avant même l’entre-deux. Une nouvelle ère, un nouveau visage mis en avant, un nom surtout : Caleb Wilson. Mercredi soir à Toronto, la réalité les a brutalement ramenés sur terre.

Une claque historique pour ouvrir la saison

Sur le parquet des Toronto Raptors, les Bulls ont explosé : 135-92, soit une défaite de 43 points pour lancer leur saison. D’après K.C. Johnson de Chicago Sports Network, jamais la franchise n’avait autant sombré lors d’un match d’ouverture. Le précédent record, déjà peu glorieux, plafonnait à 25 points d’écart en 2001 et 2003. Cette fois, la marge a doublé, et la gifle laisse des marques.

Tout y est passé : pertes de balle, fébrilité, manque de taille, attaques brouillonnes. Une panoplie de faiblesses qu’on associe souvent à une équipe jeune, en reconstruction, encore loin de savoir souffrir ensemble. Chicago a rendu 27 ballons au total, dont 11 rien qu’en première mi-temps. Beaucoup trop pour espérer survivre à l’intensité défensive des Raptors.

Au cœur de cette tempête, Caleb Wilson a payé cher son baptême du feu. Le rookie, censé incarner le renouveau, termine avec 9 ballons perdus à lui seul. Josh Giddey, lui, en ajoute 5.

Wilson apprend la dure loi de la NBA

Il y a bien eu un éclair : le premier dunk de Caleb Wilson en NBA. Un moment symbolique, un instant qui aurait pu lancer sa soirée. Il n’a été qu’une parenthèse.

L’adresse a cruellement manqué. Wilson conclut la rencontre avec 16 points et 4 rebonds, mais à 7 sur 21 aux tirs, dont un famélique 1 sur 8 derrière l’arc. Volume, oui. Efficacité, pas encore. Face à une défense agressive, disciplinée, qui a constamment fermé les lignes de pénétration, chaque tir est devenu un combat.

Et quand le ballon n’entrait pas, les Raptors se régalaient des erreurs de jeunesse. Les passes téléphonées, les dribbles de trop, les hésitations : tout a été sanctionné.

Josh Giddey n’a pas été épargné non plus. Le meneur a semblé englouti par la défense canadienne, souvent piégé, rarement à l’aise. Il termine avec seulement 2 points, à 1 sur 10 au tir. Ses 7 rebonds et 6 passes décisives montrent qu’il a tenté d’exister autrement, mais sa soirée reste le reflet d’un backcourt débordé.

Un trou béant dans la raquette

Comme si cela ne suffisait pas, Chicago s’est présenté sans véritable tour de contrôle. Aucun joueur proche des 7 pieds sur le parquet, un handicap criant dans une ligue où la taille reste une arme majeure. Nic Claxton, blessé aux ischio-jambiers lors d’un entraînement de présaison, manque cruellement à l’équilibre de l’équipe.

Dans la peinture, Jalen Smith a fait ce qu’il a pu. Titulaire en l’absence de Claxton, il signe une ligne honorable avec 15 points et 8 rebonds. Combatif, présent au rebond, mais trop seul pour compenser le déficit physique global. À ce niveau, l’effort ne suffit pas toujours quand la structure vacille.

Buzelis montre les dents, Powell se met en route

Au milieu de ce naufrage collectif, quelques signaux positifs ont tout de même percé la grisaille. Matas Buzelis a été le meilleur marqueur des Bulls avec 17 points. Il n’a pas brillé par son adresse en jeu, mais il a constamment attaqué le cercle et provoqué des fautes, terminant à un impressionnant 13 sur 16 sur la ligne des lancers francs. Une attitude agressive, précieuse pour une équipe en quête d’identité offensive.

Norman Powell, pour sa première sortie sous le maillot des Bulls, a apporté 15 points. Une production solide, qui laisse entrevoir un rôle important dans la rotation. Tre Jones a ajouté 13 points, essayant d’apporter un peu de rythme et de contrôle dans un match où Chicago a trop souvent couru derrière le ballon.

Mais la vérité est implacable : quand votre meneur principal finit à 1 sur 10, votre jeune star annoncée à 1 sur 8 de loin, et que vous perdez 27 ballons, l’addition est forcément salée.

Un rappel brutal des exigences du très haut niveau

Ce match d’ouverture ne scelle évidemment pas le destin de la saison des Bulls. Il pose toutefois un décor sans fard : cette équipe va devoir apprendre vite. Apprendre à protéger le ballon. Apprendre à survivre sans Nic Claxton. Apprendre à gérer la pression qui entoure Caleb Wilson.

L’espoir n’a pas disparu après une seule soirée. Mais l’euphorie de l’intersaison, elle, a pris un sérieux coup. À Chicago, la reconstruction ne se fera pas à coups de slogans ou de hype. Elle passera par des nuits comme celle de Toronto, longues, douloureuses, où l’on découvre qui a vraiment l’étoffe pour changer le visage d’une franchise.