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Dani Carvajal : un nouveau défi avec Getafe

Dani Carvajal a tourné la page sans nostalgie apparente. Le latéral quitte le lustre permanent du Real Madrid pour la rudesse assumée de Getafe, mais son discours ne ressemble en rien à celui d’une star en préretraite. À 34 ans, il débarque au Coliseum avec un contrat jusqu’en 2027 et une idée fixe : continuer à se battre au plus haut niveau, chez lui, à Madrid.

« C’est un projet qui me motive beaucoup. Pour moi, la compétition est dans mon ADN. Je suis chez moi, à Madrid, là où j’ai grandi », a-t-il lancé lors de sa présentation, cité par Marca.

Pas de grand bilan annoncé pour la fin de saison. Il parle de quotidien, de travail, de calme. Comme un joueur qui se voit encore au cœur du jeu, pas en figurant de luxe.

Madrid, toujours, mais une autre vie

Rester dans sa ville a pesé lourd. Carvajal l’a répété : tous les facteurs convergeaient. La famille, le cadre, le sentiment de continuer à appartenir à la même histoire, mais sous un autre maillot. Getafe lui offre cette continuité géographique, tout en lui proposant une rupture sportive.

Le choix est aussi un signal. L’Espagnol aurait pu s’offrir un dernier gros contrat dans un championnat moins exigeant. Il a fait l’inverse. Selon les informations relayées, il a accepté une baisse de salaire pouvant atteindre 90 % par rapport à ce qu’il touchait au Real Madrid. Un gouffre économique, mais un pari assumé.

« Mon engagement est maximal ici, que je joue pour Madrid ou que je fasse une omelette. Je fais tout avec passion, c’est ma façon de comprendre la vie. Économiquement, ce n’est pas le contrat de ma vie. Mais je n’ai pas eu à faire d’effort, ça a été très facile. Getafe remplissait toutes les conditions », a-t-il expliqué.

Une phrase résume le reste : « Je suis mû par le côté sportif, par la compétition. »

Bordalás, l’autre clé du deal

Derrière ce transfert, il y a un entraîneur : José Bordalás. Son football rugueux, exigeant, frontal, colle parfaitement au profil de Carvajal. Intensité, duels, agressivité contrôlée : l’ADN de Getafe version Bordalás n’est pas si éloigné de celui qui a façonné le latéral au plus haut niveau.

« Très bien, nous avons discuté de ce que nous voulons de l’équipe. C’est un entraîneur qui tire le meilleur du joueur, je l’aime beaucoup. On partage cette façon d’aller, d’aller, d’aller, et je n’aurai aucun problème avec lui », a confié le défenseur.

Bordalás le voit comme une pièce polyvalente. Carvajal pourra se battre avec Kiko Femenía pour le poste de latéral droit, mais aussi glisser comme défenseur droit dans une ligne à trois. Une double option précieuse pour un coach qui construit ses équipes sur la solidité et l’abnégation.

Un pari sportif, pas une sortie discrète

Carvajal refuse l’idée d’un atterrissage en douceur. Il parle de se « racheter » après des années marquées par les blessures, de retrouver cette continuité qui lui a tant manqué. Il ne vient pas s’abriter, il vient se tester.

Il insiste sur la dimension compétitive du projet : Getafe en Europe, un stade qui vit, un environnement où l’effort est non négociable. « Getafe, avec la compétition européenne et le stade, est un projet qui me convient parfaitement », assure-t-il. La phrase dit beaucoup : il ne vient pas pour survivre en Liga, il vient pour jouer quelque chose.

La Roja toujours en ligne de mire

Le changement de décor ne ferme pas la porte de la sélection. Carvajal reste habité par l’idée de défendre le maillot de la Roja. Dans son esprit, un Carvajal performant à Getafe peut encore prétendre à l’équipe nationale. Le message est clair : il ne se voit pas comme un ancien, mais comme un joueur toujours en course.

Il en profite aussi pour éteindre les rumeurs. Pas de clause spéciale pour partir dès l’hiver, pas de porte dérobée vers un autre club. « Quand Getafe est arrivé, cela remplissait toutes les exigences que ma famille et moi avions. La clause n’est pas vraie ; je vais être ici toute la saison, nous n’avons pas l’option de partir en hiver, à moins que quelqu’un ne paie la clause de 50 millions », glisse-t-il en riant, avant de clarifier sa situation contractuelle.

Reste l’essentiel : un champion d’Europe avec une armoire à trophées pleine à craquer choisit de se replonger dans le dur, dans un club où chaque point se gagne à la sueur du front. Le Bernabéu est derrière lui, mais la bataille continue. Et elle se jouera, désormais, en bleu de Getafe.