Dani Carvajal : douleur au pied et ultime chance pour la Coupe du monde
Luis de la Fuente n’a pas claqué la porte au nez de Dani Carvajal. Pas encore. Mais le sélectionneur espagnol a été clair : le latéral droit du Real Madrid devra prouver sur le terrain qu’il mérite une place dans l’avion pour la Coupe du monde.
Touché au pied à l’entraînement avec le Real la semaine dernière, Carvajal a vu sa préparation basculer au pire moment. À 34 ans, en fin de contrat et déjà en difficulté pour enchaîner les matches cette saison, le timing frôle la catastrophe.
De la Fuente, lui, temporise, mais ne maquille rien.
« Carvajal est une figure très importante dans notre vestiaire », a-t-il expliqué mercredi. « J’ai parlé avec lui hier, je sais ce qu’il en est. Il n’a pas de blessure spécifique, rien de grave, mais il a besoin de temps pour retrouver son niveau habituel. »
Autrement dit : la porte reste entrouverte, mais il va falloir l’enfoncer.
Une course contre la montre
Le sélectionneur a prévenu qu’il jugerait sur pièces. Les prochains matches serviront de tribunal.
« Nous verrons, dans les rencontres qui restent, s’il a vraiment l’occasion et s’il offre les performances attendues », a-t-il prévenu.
Carvajal n’a disputé qu’un seul match avec la Roja en 2025. Une statistique qui pèse lourd au moment d’aborder une Coupe du monde programmée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Dans un groupe H où l’Espagne affrontera le Cap-Vert le 15 juin, puis l’Arabie saoudite et l’Uruguay, chaque choix comptera.
De la Fuente assure que son vice-capitaine potentiel connaît les règles du jeu. Le technicien a même laissé entendre que le défenseur comprendrait une éventuelle mise à l’écart, si son état de forme ne suivait pas. Cruel, mais limpide : le statut ne suffira pas.
Un cadre fragilisé par la concurrence
Au Real Madrid, Carvajal vit une saison inconfortable. Le temps de jeu se réduit, la hiérarchie se bouscule. La concurrence de Trent Alexander-Arnold, installé comme référence sur le côté droit, a relégué l’Espagnol dans un rôle secondaire.
Moins de minutes, moins de rythme, et désormais une blessure au pied au moment où il devait au contraire enchaîner pour convaincre. Tout ce qu’un joueur redoute à l’approche d’un grand tournoi.
Carvajal rejoint une liste grandissante de joueurs espagnols touchés physiquement à l’orée de la Coupe du monde, avec notamment Lamine Yamal également blessé ces dernières semaines. La préparation de la Roja se transforme peu à peu en exercice d’équilibriste.
Dernière chance pour un vétéran
L’histoire a parfois de la mémoire. Carvajal a déjà connu les rendez-vous manqués et les campagnes tronquées par les pépins physiques. Cette fois, l’enjeu est encore plus brutal : à 34 ans, en fin de contrat avec le Real, cette Coupe du monde ressemble à une dernière grande scène internationale.
De la Fuente lui laisse une fenêtre. Étroitement ouverte, mais réelle. À Carvajal de montrer, dans les quelques matches qui restent, qu’il n’est pas seulement un symbole du vestiaire, mais encore un titulaire crédible pour un tournoi mondial.
L’Espagne, elle, n’attendra pas. Le 15 juin, face au Cap-Vert, il faudra déjà répondre présent. Avec ou sans Dani Carvajal.




