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Cristiano Ronaldo suspendu par la Fédération portugaise après son départ

Cristiano Ronaldo est rattrapé par les règles qu’il réclamait lui‑même. La Fédération portugaise de football a suspendu son capitaine après son départ spectaculaire du rassemblement de la Seleção, consécutif à une vive dispute avec le sélectionneur Jorge Jesus.

Tout est parti d’un match pourtant gagné. Lors de la victoire inaugurale en Ligue des nations contre la Norvège (4-2), Jesus demande à Ronaldo de partir à l’échauffement. L’attaquant s’exécute, s’attend à entrer, attend encore… et ne jouera finalement pas une minute. Resté sur le banc, il vit la décision comme une humiliation. Le lendemain, il quitte le camp de la sélection.

Le geste est fort, le symbole encore plus. Capitaine aux 234 sélections et 146 buts, figure centrale de la sélection depuis près de deux décennies, Ronaldo claque la porte. Puis il recule. Conscient de l’onde de choc, il publie un long mea culpa, allant jusqu’à appeler de ses vœux une sanction de la Fédération.

Selon le quotidien britannique « Mirror », ce sont justement les règlements internes de la Fédération qui ont déclenché automatiquement sa suspension. Le conseil de discipline doit désormais fixer la durée exacte de la sanction, comprise entre un mois et six mois.

Un mois ou plus, et Ronaldo manquerait les deux prochains matches de Ligue des nations, contre le Danemark et le pays de Galles. Les juges prendront en compte l’ensemble du dossier, notamment ses excuses publiques. Des médias comme ESPN estiment qu’une sanction courte reste le scénario le plus probable, mais le barème réglementaire laisse la porte ouverte à un coup de tonnerre.

Dans ses déclarations de mardi, Ronaldo n’a pas cherché à se défausser. « Je dois aussi des excuses à mes coéquipiers de l’équipe nationale pour avoir quitté le camp. Malgré la rupture claire de confiance dans la parole de l’entraîneur, et comme ceux qui ont assisté à ces conversations peuvent le confirmer, je n’aurais pas dû faire cela », a-t-il reconnu.

Il assume, frontalement : « La responsabilité retombe sur moi seul. Je présente à nouveau mes excuses au peuple portugais, mais la rupture de la promesse qui m’avait été faite a, pour moi, un impact décisif. J’ai senti qu’à partir de ce moment-là, rester ne ferait que nuire au groupe de travail, et j’ai fait ce que j’ai toujours dit que je ferais si je ne me sentais plus utile : j’ai fait mes valises et je suis parti. »

La suite sonne presque comme un acte d’accusation… contre lui-même : « Les conséquences de cette action doivent être évaluées et je dois être puni par la Fédération portugaise de football. Je suis conscient qu’il ne doit pas y avoir de circonstances atténuantes. Je ne suis pas n’importe quel joueur ; je suis le capitaine de l’équipe, et cela constitue une circonstance aggravante. »

Ronaldo insiste encore sur la nécessité de la sanction : « Je me suis déjà excusé, mais je sais que les situations doivent avoir des conséquences. Tous ceux qui travaillent dans le football comme moi savent que, quel que soit le statut de chacun, les règles s’appliquent à tout le monde. »

Face à cette tempête médiatique, Jorge Jesus a choisi le contre-pied. Ton posé, pas de polémique publique. « J’ai lu le communiqué et maintenant je fais mon travail comme chaque jour. Je vais à la Fédération pour travailler et penser à l’équipe », a-t-il simplement déclaré, refusant d’alimenter l’incendie.

Reste une réalité crue : la Seleção vient de sanctionner son joueur le plus emblématique, celui qui a redéfini les standards du poste et du maillot portugais, chiffres à l’appui. 234 sélections. 146 buts. Des records mondiaux et un statut quasi intouchable, que cette affaire vient brutalement fissurer.

La suspension dira beaucoup de la ligne choisie par la Fédération : fermeté exemplaire envers son capitaine ou clémence mesurée pour préserver l’icône. Dans les deux cas, une certitude s’impose déjà : à partir de maintenant, chaque rassemblement du Portugal se lira aussi à travers ce bras de fer entre l’homme aux records et l’institution qui l’a couronné.