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Cristiano Ronaldo : entraîneur ou propriétaire ?

Cristiano Ronaldo, l’éternel débat : entraîneur, propriétaire… ou les deux ?

À 41 ans passés quand son contrat avec Al-Nassr arrivera à son terme l’été prochain, Cristiano Ronaldo continue de laisser planer le doute. Aucune annonce, aucun indice concret sur la suite. Silence radio sur la retraite. Le Portugais joue, marque, s’entraîne comme si la fin n’existait pas.

Les chiffres, eux, rappellent le temps qui passe : 234 sélections avec le Portugal, une carrière internationale que beaucoup estiment assez longue, au point de réclamer sa sortie de scène. Lui, comme toujours, choisit de ne rien entendre. Douter de Ronaldo, c’est lui donner du carburant. Il a bâti sa légende sur cette opposition permanente avec le scepticisme ambiant.

À Riyad, un autre Ronaldo grandit déjà. Cristiano Junior progresse dans l’académie d’Al-Nassr. Le père, lui, ne laisse filtrer aucun signe de lassitude. Vingt ans et plus à vivre pour le football, à façonner son corps, à repousser les limites. Et une idée fixe : jouer le plus longtemps possible.

Mais la suite se prépare déjà en coulisses. Son contrat au Moyen-Orient ne se limite pas à un salaire astronomique. Il inclut une participation de 20 % dans Al-Nassr. Une porte grande ouverte vers les bureaux, la direction, voire un rôle de propriétaire-influenceur au cœur du projet. Certains imaginent même Ronaldo aller plus loin encore : acheter son propre club, le piloter depuis le conseil d’administration, imposer sa marque jusque dans les moindres détails.

Reste une question : un homme qui a passé toute sa vie adulte sur le terrain peut-il vraiment accepter de s’effacer derrière une vitre teintée de loge présidentielle ?

C’est là que Danny Simpson, ancien coéquipier de CR7 à Manchester United, apporte un éclairage intéressant. Interrogé par GOAL dans le cadre d’une intervention pour Free Bets, il ne voit pas Ronaldo disparaître du bord de la pelouse. Pour lui, la suite logique est claire : il entraînera.

Simpson avoue s’être longtemps interrogé : Ronaldo suivra-t-il la voie tracée par David Beckham, celle du propriétaire-icône, ou choisira-t-il le banc de touche, la tactique, la sueur du quotidien ? Sa conviction penche vers le terrain. Chez Ronaldo, la passion du jeu semble trop forte pour se contenter d’un rôle de figure de proue en tribune.

Le parallèle avec Beckham s’impose. L’ancien numéro 7 de Manchester United, lui aussi passé par le Real Madrid, a construit un empire en devenant co-propriétaire d’Inter Miami, sacré en MLS. En Floride, il a attiré Lionel Messi, huit fois Ballon d’Or, pour faire de la franchise l’épicentre médiatique du football nord-américain.

Alors, un jour, Ronaldo sous les ordres de Beckham, sur le banc d’Inter Miami, dans un stade rebaptisé pour marquer ce tournant ? Simpson sourit à cette idée, la trouve séduisante. Le simple scénario a de quoi faire frémir les producteurs de documentaires sportifs.

Mais il revient vite à ce qui, selon lui, définit le mieux le Portugais : l’exigence. Il rappelle la façon dont Ronaldo parlait, se comportait, ce qu’il attendait de ses partenaires lors de son retour à Manchester United. Standards, discipline, obsession du détail. Pour Simpson, tout cela dessine le profil d’un futur entraîneur de haut niveau, capable de lire et d’étudier le jeu avec la même intensité qu’il mettait à le dominer ballon au pied.

Reste une autre interrogation, plus intime : Ronaldo peut-il se contenter de « posséder » un club sans le vivre au quotidien sur le terrain ? Simpson en doute. « Il a été sur le gazon tous les jours depuis ses 16 ans », rappelle-t-il en substance. Couper ce lien, arrêter net cette routine, même les anciens joueurs ordinaires ont du mal à l’accepter. Ronaldo, lui, a prolongé ce lien dix ans de plus que la plupart des autres.

Pendant que le futur du Portugais alimente les conversations, Lionel Messi suit une trajectoire différente. Le génie argentin, double MVP en MLS, est lié à Inter Miami jusqu’en 2028. Il a tourné la page de la sélection après avoir tout gagné avec l’Argentine, de la Coupe du monde à la Copa America. Son avenir semble se dessiner loin des bancs de touche : un rôle en coulisses au FC Barcelona l’attirerait davantage qu’une carrière d’entraîneur.

Deux monstres sacrés, deux destins qui se croisent encore à distance. Messi, discret, en route vers un rôle institutionnel. Ronaldo, lui, laisse planer l’idée d’un rêve américain à sa manière, entre dernier défi sportif, exposition maximale et possibles incursions à Hollywood.

La question n’est plus de savoir si Cristiano Ronaldo s’arrêtera. Elle est de savoir sous quelle forme il refusera, une fois encore, de disparaître. Sur le banc, dans un bureau, ou à la tête de son propre club. Et si le prochain chapitre le voyait débarquer aux États-Unis, ce ne serait pas seulement une nouvelle aventure : ce serait un nouvel acte dans une carrière qui refuse obstinément de connaître un épilogue banal.