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Cristiano Ronaldo bloque son salaire pour ses coéquipiers à Al-Nassr

Dans les coulisses dorées du football saoudien, tout n’est pas toujours aussi lisse que les contrats mirobolants le laissent croire. L’ancien défenseur espagnol Alvaro, passé par Espanyol et Villarreal, a levé le voile sur un épisode pour le moins déroutant de son aventure à Al-Nassr, avant l’arrivée tonitruante de Cristiano Ronaldo en décembre 2022.

Fraîchement retraité depuis août 2026, à 36 ans, l’ex-centre de la défense raconte avoir vécu ses six premiers mois à Riyad… sans toucher le moindre salaire. Une situation d’autant plus saisissante que le club, soutenu par le PIF, figure parmi les institutions sportives les plus riches d’Arabie saoudite.

« J’étais en Arabie saoudite sans être payé pendant six mois », a-t-il confié, cité par LeFutbolin. « Les premiers mois de mon passage en Arabie saoudite, dans le meilleur club du pays avec Al-Hilal. Tu pouvais mettre 70 000 [supporters] dans un match. Je n’étais pas inquiet parce que j’avais déjà passé 14 ans dans le football et j’avais économisé un peu d’argent, mais j’étais allé là-bas pour gagner de l’argent. »

Un vestiaire dans le flou, un géant qui s’en mêle

Derrière les projecteurs et les tribunes pleines, le vestiaire vivait dans l’incertitude. Des salaires en retard, des promesses qui traînent, des joueurs qui attendent. Certains, pas tous, mais assez pour créer un malaise persistant.

Le tournant arrive lorsque Cristiano Ronaldo, fraîchement débarqué de Manchester United, découvre la situation. Le Portugais n’est pas seulement la star d’affiche du projet saoudien, il devient, sur ce coup-là, le porte-voix du vestiaire.

Alvaro raconte un geste fort, simple et brutal à la fois. Ronaldo, informé du problème, décide de bloquer sa propre rémunération tant que ses coéquipiers ne sont pas régularisés. « Il a découvert la situation. Il allait être payé par le gouvernement et il a dit que, sur son premier salaire, qui n’était pas petit, la première chose à faire, c’était de payer les joueurs. Certains d’entre nous n’avaient pas été payés – pas tout le monde – et il a dit : “Tant que ces gens ne sont pas payés…” Il n’était pas obligé de le faire, mais Cristiano l’a fait. »

Le message est clair. Sans coup d’éclat public, sans conférence de presse. Un bras de fer silencieux, mais décisif, avec les autorités concernées. Le conflit salarial finit par se résoudre. Les joueurs concernés sont payés, l’orage se dissipe.

Une parenthèse brève, un héritage lourd

Sur le terrain, la collaboration entre Alvaro et Ronaldo reste courte. Les deux hommes ne partagent le maillot d’Al-Nassr que sur 11 rencontres officielles lors de la saison 2022-2023, pour un bilan de six victoires. Une poignée de matches, presque anecdotique à l’échelle de la carrière du Portugais, mais suffisante pour marquer profondément le défenseur espagnol.

Alvaro, lui, a tourné la page en annonçant la fin de sa carrière à 36 ans. Ronaldo, à 41 ans, continue de repousser les limites. Toujours sous contrat avec le club de Riyad jusqu’en juin 2027, il mène encore Al-Nassr en championnat comme sur la scène continentale, avec une obsession en toile de fond : se rapprocher du cap vertigineux des 1 000 buts en carrière.

L’épisode raconté par Alvaro laisse une image tenace : au cœur d’un projet aux moyens colossaux, c’est un geste de vestiaire, presque old school, qui a rétabli l’équilibre. Et pendant que Ronaldo poursuit sa chasse aux records, une question plane : jusqu’où ce mélange de puissance financière et de leadership individuel peut-il remodeler le paysage du football mondial ?