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Colère au Wanda Metropolitano après une nouvelle décision arbitrale

Au Wanda Metropolitano, la colère ne retombe pas. Elle gronde, sourde, depuis plusieurs semaines, alimentée par une série de décisions arbitrales jugées incompréhensibles face au Real Madrid puis au Barcelona. Samedi soir, après une nouvelle défaite 2-1 en Liga, elle a explosé.

Un rouge qui devient jaune et met le feu aux poudres

L’action qui cristallise tout se joue sur un tacle haut de Gerard Martin sur Thiago Almada. Sur le moment, l’arbitre de champ, Busquets Ferrer, n’hésite pas : carton rouge direct. Le Wanda exulte, persuadé que la sanction est logique.

Puis Melero Lopez intervient depuis la salle VAR. Dialogue, révision, écran au bord du terrain. Et, contre toute attente, le rouge se transforme en simple jaune. Le stade bascule dans l’incompréhension. Sur le banc, dans les tribunes, on a le sentiment que quelque chose échappe au jeu.

Atlético finira par s’incliner 2-1. Mais au coup de sifflet final, le score devient presque secondaire. C’est le processus, la mécanique arbitrale, qui se retrouve au centre du débat.

Marin charge le VAR : « On ne peut que ressentir de la honte »

Face aux audios du VAR rendus publics par la Fédération, Marin n’a pas mâché ses mots. Pour lui, la technologie a dépassé son rôle et fausse désormais l’équilibre des pouvoirs sur le terrain.

« Quand on voit les images et qu’on entend l’audio partagé par la Fédération, tout ce qu’on peut faire, c’est ressentir de la honte », lâche-t-il, cité par Marca.

Il dénonce un usage du VAR qui, selon lui, ne se contente plus de corriger des erreurs manifestes, mais oriente directement la décision de l’arbitre principal.

Il insiste sur un point central : l’autorité de l’homme au sifflet. « L’arbitre de champ doit être responsable et prendre des décisions en interprétant les intentions de chaque joueur. Le VAR ne doit intervenir que pour corriger des erreurs non interprétables, pas décider à la place de l’arbitre principal. »

Ce qui exaspère le plus le dirigeant rojiblanco, c’est l’absence de ligne claire. « Ce n’est pas normal que des décisions différentes soient prises pour des actions identiques, que les critères changent et qu’on ne sache pas à quoi s’attendre. Ça nous est arrivé lors des deux dernières journées. Ça n’a aucun sens. »

Dans son discours, une idée revient : la faute humaine fait partie du football, mais l’influence à distance, elle, n’est pas acceptable. « Les arbitres ont le même droit à l’erreur que les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants, rappelle-t-il. Mais une erreur sur le terrain reste une erreur. C’est autre chose quand un arbitre dans la cabine VAR influence l’arbitre principal au moment où il juge une action. »

Le Normand, sur le terrain, ne décolère pas

Dans le vestiaire, le ton est le même. Robin Le Normand, en première ligne sur la pelouse, ne cache ni sa frustration ni son incompréhension face au revirement sur le carton.

« Maintenant, ils vont dire que ce n’était pas un rouge, mais tous ceux qui comprennent le football savent que ça l’était », lâche le défenseur. Il va plus loin, se mettant lui-même en exemple : « Si je fais ça, c’est presque certainement rouge. »

Pour appuyer son propos, il cite un précédent tout frais : le match Betis–Rayo Vallecano, où une action similaire avait été sanctionnée d’un rouge, validé par le CTA, le Comité Technique des Arbitres. « Je ne sais pas ce qui s’est passé aujourd’hui avec la même action. Il la revoit et voit que c’est dangereux. Je ne comprends pas non plus. »

La critique ne s’arrête pas à cet unique épisode. Le Normand pointe une gestion globale du match qu’il juge défaillante. « Aujourd’hui, on ne pouvait parler à personne, même pas au capitaine. À chaque fois qu’il se passait quelque chose, il sortait un jaune et relevait la tension du match au lieu de l’apaiser. »

Ce sont ces « petits détails » qui, selon lui, ont pesé lourd. « Tout le monde peut se tromper, et aujourd’hui je pense qu’il s’est trompé. Tout le monde l’a vu. Aujourd’hui, ce sont les petites choses qui ont influencé le match. Ce sont les petites choses qui nous ont fait mal. »

Une fracture qui dépasse un simple match

Au-delà de la défaite et du cas Martin, c’est la confiance dans le système qui vacille au Wanda Metropolitano. Les références répétées aux deux dernières journées, aux décisions contradictoires, à la variabilité des critères, dessinent un malaise plus profond.

Atlético n’en est pas à sa première polémique face aux géants du championnat. Mais cette fois, les critiques visent moins un arbitre en particulier qu’un dispositif censé apporter transparence et justice, et qui, aux yeux du club, fait exactement l’inverse.

La saison est encore longue, les points perdus ne reviendront pas. Reste une question brûlante : combien de temps encore les clubs accepteront-ils un VAR qui, au lieu d’éteindre les incendies, semble les rallumer chaque week-end ?