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Cody Gakpo et la foi qui soude les Pays-Bas avant le choc contre la Suède

Les Pays-Bas jouent déjà gros. Un seul match au compteur, et pourtant la marge d’erreur a presque disparu avant d’affronter la Suède, leader du groupe F, dans un Houston brûlant. Le nul 2-2 contre un Japon séduisant à Arlington a laissé des traces : un sentiment d’urgence, une pression lourde… mais aussi un noyau qui se resserre.

Au cœur de ce noyau, Cody Gakpo. Le joueur de Liverpool n’a pas seulement un rôle sur l’aile gauche. Il est aussi l’un des visages d’un groupe de prière qui, loin des caméras, façonne l’atmosphère de ce vestiaire néerlandais.

Un vestiaire sous pression, un cercle de prière en réponse

Trois finales de Coupe du monde perdues, un statut de grande nation, et un début de tournoi poussif : le décor est planté. Le Japon a bousculé les hommes de Ronald Koeman, et le 2-2 inaugural a immédiatement placé les Oranje au pied du mur.

En face, la Suède de Graham Potter arrive lancée à pleine vitesse. Un 5-1 infligé à la Tunisie, une attaque portée par Alexander Isak et Viktor Gyökeres, une confiance débordante. Sur le papier, le danger est évident.

Pourtant, à la base néerlandaise de Kansas City, le discours de Gakpo ne respire ni la peur ni la résignation. Il parle d’« espoirs élevés », d’un groupe qui « sait » ce qu’il vaut, mais qui doit enfin le prouver sur le terrain et se frayer un chemin hors de ce groupe F.

Ce sentiment d’unité, il ne le doit pas qu’aux séances vidéo ou aux entraînements à haute intensité. Gakpo révèle l’existence d’un cercle de 11 ou 12 joueurs qui se retrouvent régulièrement pour prier ensemble. Un rendez-vous régulier, presque un rituel.

Il explique qu’ils finissent souvent en discussions sur la foi, qu’il lui arrive de mener la prière, mais insiste : chacun a son rôle, sa place, sa voix. Le groupe grandit, se renforce. Et avec lui, la cohésion.

Cohésion spirituelle, impact très concret

Pour Gakpo, ces moments dépassent largement le cadre religieux. Ils créent des liens. Ils cimentent une forme de solidarité qui, selon lui, se ressent autant en dehors du terrain que pendant les matches.

Il parle de « force » partagée, de la capacité à se soutenir « dans des moments comme ceux-ci », quand la pression devient écrasante et que la moindre erreur peut coûter une qualification. L’idée est simple : former une unité. Pas seulement en bloc équipe, mais en hommes qui se connaissent, se parlent, se portent.

Dans un tournoi où chaque détail compte, cette dimension invisible peut faire la différence. Et elle tombe à point nommé avant de croiser une Suède en pleine confiance.

Isak, le danger venu de Liverpool

Le paradoxe est savoureux : pour espérer se relancer, les Pays-Bas devront contenir un joueur que Gakpo connaît intimement. Alexander Isak, son coéquipier à Liverpool, est l’une des grandes menaces de cette Suède qui déferlera sur Houston samedi.

Isak sort d’une saison tronquée, marquée par une grosse blessure à la cheville et une fracture du péroné. Longue absence, doutes, frustration. Puis un retour tardif, mais marquant. Gakpo le décrit comme un joueur « spécial », que tout le monde au club était heureux de revoir sur pied.

En fin de saison, l’attaquant suédois a retrouvé des jambes, des buts, des sensations. Il a surtout démarré ce tournoi comme il sait le faire : fort, tranchant, décisif. Gakpo ne minimise rien : tout le monde connaît le niveau d’Isak, tout le monde sait qu’il faudra garder un œil sur lui, ne jamais le lâcher.

Pour la défense néerlandaise, c’est un avertissement clair. Pour Gakpo, c’est presque un duel intime : contenir un ami, protéger une campagne mondiale encore fragile.

Tourner la page Liverpool, s’accrocher au présent

À titre personnel, l’ailier de 27 ans arrive avec un bagage lourd. Sa saison à Liverpool a laissé un goût amer. Le club a traversé une année noire, conclue par le limogeage d’Arne Slot. Un chapitre que Gakpo ne souhaite pas rouvrir.

Il le dit sans détour : ce n’est pas une saison que beaucoup ont envie de revoir en mémoire. Mais le football avance vite. Il parle de « passer à autre chose », de se plonger dans un environnement totalement différent, avec une équipe différente, une dynamique différente.

Pour lui, ce tournoi avec les Pays-Bas est une rupture nette. Un nouveau décor, une nouvelle responsabilité, une occasion de se réinventer sous le maillot orange.

La question est désormais simple, brutale même : cette foi partagée, cette cohésion renforcée et cette envie de tourner la page suffiront-elles à faire tomber une Suède déchaînée et à relancer une campagne qui vacille déjà sur son fil ?