Chelsea s’écroule face à Nottingham Forest : Awoniyi brille
Calum McFarlane n’aura eu que deux minutes de répit. Deux minutes pour croire que la magie de la Coupe pouvait se prolonger en championnat. Puis Nottingham Forest a éteint la lumière à Stamford Bridge.
Un début de cauchemar
Sur la première vraie offensive, Dilane Bakwa fixe, lève la tête et dépose un centre parfait. Taiwo Awoniyi s’élève, domine son vis-à-vis et place une tête aussi précise que clinique, hors de portée de Robert Sanchez. Premier ballon dangereux, premier but. Les grands débuts de l’intérimaire des Blues tournent déjà au supplice.
Chelsea tente de réagir dans la foulée. Enzo Fernandez enroule du gauche, le stade se lève… mais le ballon vient mourir sur le poteau opposé. Le soupir des tribunes se transforme vite en gémissement collectif.
Car la suite est encore plus brutale.
Un nouveau centre venu de la droite sème la panique dans la surface. Malo Gusto se fait surprendre, agrippe Awoniyi dans le dos. Le geste est grossier, la VAR ne laisse aucune échappatoire : penalty. Igor Jesus s’avance et transforme, sans trembler. 2-0, et un Stamford Bridge médusé, sonné par cette nouvelle humiliation en Premier League.
Une jeunesse qui se découvre… et se brûle
Face à ce Chelsea malade, Forest aligne pourtant une défense expérimentale. Morato, seul rescapé de la campagne européenne des Tricky Trees, sert de guide à une ligne arrière rafistolée, avec la première titularisation de Luca Netz et seulement une deuxième apparition en championnat pour le jeune Zach Abbott, 19 ans.
C’est justement un geste d’inexpérience qui rouvre, un instant, la porte aux Blues. Juste avant la pause, Abbott se jette pour disputer un ballon aérien avec le néophyte Jesse Derry. Le duel tourne mal, choc de têtes violent, et la pelouse se fige. Derry reste au sol, les soigneurs accourent.
Dix minutes d’interruption. Le jeune joueur de Chelsea est finalement évacué sur civière. Ambiance glaciale. Quand le jeu reprend, Chelsea hérite d’un penalty. L’occasion rêvée de relancer un match jusque-là catastrophique.
Cole Palmer s’avance. Habituellement imperturbable, le meneur de jeu frappe… et bute sur Matz Sels, impeccable sur sa ligne. Forest garde son matelas de deux buts, Chelsea son mal-être.
Awoniyi, encore et toujours
Le retour de Levi Colwill après la pause apporte un peu de stabilité à l’arrière-garde londonienne. Mais la vraie différence vient du banc adverse. Steve Cooper lance Morgan Gibbs-White, et le meneur de jeu ne tarde pas à peser.
Sur une transition rapide, Gibbs-White trouve Awoniyi dans la profondeur. Le Nigérian conclut pour la deuxième fois de l’après-midi. Le drapeau se lève, la VAR intervient, le suspense dure quelques instants… puis valide. Le doublé est confirmé, la claque aussi.
La rencontre se transforme alors en épreuve de résistance pour Chelsea. Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau choc vient perturber la fin de match : Gibbs-White et Robert Sanchez s’écroulent après une collision, contraints tous deux de céder leur place. Une soirée noire jusqu’au bout pour les Blues, qui perdent leur gardien après avoir déjà perdu le fil de leur saison.
Un bijou pour l’honneur, rien de plus
Dans ce marasme, un éclair. Joao Pedro pense d’abord sauver l’honneur et mettre fin à une disette offensive de près de neuf heures en championnat. Sa première réalisation est cependant refusée pour hors-jeu. Même la maigre consolation semble refuser à Chelsea.
Il faudra attendre le temps additionnel pour voir enfin le ballon londonien franchir légalement la ligne. Joao Pedro, dos au but, s’élève et claque une bicyclette somptueuse. Un geste de pur talent, un but pour les compilations… mais totalement déconnecté de l’enjeu. La messe est dite depuis longtemps.
Chelsea décroche, Forest respire
Sixième défaite consécutive en Premier League pour Chelsea. La pire série depuis 1993. Neuvièmes, les Blues voient désormais le top 5 s’éloigner définitivement, officiellement hors de portée. Les chiffres sont froids, mais ils résument le climat : cette équipe glisse, sans repère ni certitudes, malgré le changement sur le banc.
En face, Nottingham Forest valide pratiquement son maintien. Avec cette victoire, les Tricky Trees prennent six points d’avance sur la zone rouge, à trois journées de la fin, portés par une série de sept matches sans défaite. Une dynamique diamétralement opposée.
Taiwo Awoniyi, auteur d’un doublé, est logiquement désigné homme du match par Flashscore. Puissant, clinique, décisif : il incarne ce que Chelsea n’est plus.
Forest peut désormais se tourner vers sa demi-finale retour de UEFA Europa League contre Aston Villa, avec l’esprit libre et la confiance gonflée. Chelsea, lui, doit se poser une question plus dérangeante : jusqu’où cette spirale peut-elle encore les entraîner ?




