Chelsea s’enfonce à Nottingham : soirée maudite et déroute
Chelsea n’avait presque pas touché le ballon que le match avait déjà basculé. Une première incursion de Nottingham Forest côté droit, un centre millimétré au second poteau, et Taiwo Awoniyi s’envole. Tête décroisée, imparable. Le ballon finit au fond, Stamford Bridge se fige. Les Blues, eux, n’avaient même pas encore commencé à jouer.
Sous le choc, Chelsea tente de reprendre le fil. Le ballon circule, Forest recule, s’organise en bloc compact, dense, presque hermétique. Les Londoniens cherchent la brèche, la trouvent une fois, seulement une. Enzo Fernández ouvre son pied, place parfaitement sa frappe, bat le gardien… mais pas le poteau. Le cuir vient mourir sur la base du montant avant de s’échapper. Le genre de signe qui annonce une longue soirée.
Et la punition tombe aussitôt. Sur la transition suivante, Forest remonte le terrain, profite d’un repli défensif apathique et arrache un penalty. Gusto accroche le maillot d’Awoniyi, qui n’oublie pas de s’écrouler. L’arbitre désigne le point de penalty, Igor Jesus se charge de la sentence et frappe plein fer. 2-0, moins d’un quart d’heure de jeu. Chelsea est sonné.
Forest, désormais, n’a plus qu’une idée : défendre, fermer, casser le rythme. Mission accomplie. Les Blues monopolisent le ballon sans vraiment l’exploiter. Les centres se perdent, les appels ne sont pas trouvés, la surface adverse reste un territoire interdit. Ironie cruelle, Malo Gusto se fait à son tour ceinturer dans la surface, mais cette fois, rien. Pas de penalty. La frustration monte, la cohérence du scénario échappe à tout le monde.
Dans ce décor verrouillé, un rayon de lumière : Jesse Derry. Pour sa première titularisation en équipe première, le jeune attaquant ose, provoque, tente. Il joue sans complexe, comme si le contexte ne pesait pas. Puis tout bascule. Juste avant la pause, un choc à la tête, le staff médical qui accourt, la civière qui entre. Derry quitte la pelouse, le visage invisible, l’inquiétude, elle, bien visible. De cette action naît un penalty pour Chelsea. Cole Palmer s’avance, spécialiste quasi infaillible de l’exercice. Il frappe… et manque. Seulement la deuxième fois de sa carrière. Quand ça ne veut pas.
La seconde période ne fait qu’enfoncer le clou. Awoniyi s’échappe encore et inscrit le troisième but de Forest, validé malgré une impression nette de hors-jeu. Chelsea proteste, en vain. Le tableau d’affichage, lui, ne discute pas : 3-0, et une équipe londonienne qui sombre. Comme si cela ne suffisait pas, Robert Sánchez doit quitter le terrain à son tour, touché à la tête peu après l’heure de jeu. Un gardien de moins, une blessure de plus, une soirée qui tourne au cauchemar.
Le match est déjà plié, mais Chelsea croit tout de même réduire l’écart. João Pedro trouve enfin la faille, pense relancer un semblant de suspense. Le drapeau se lève, la VAR confirme : hors-jeu, de peu. Nouveau coup de massue. On parle de malédiction, cette fois sans exagération. Les minutes s’égrènent, le stade comprend que l’issue ne changera plus.
En toute fin de rencontre, João Pedro refuse malgré tout de sortir sans laisser sa trace. Dans le temps additionnel, le Brésilien s’élève, se retourne dans les airs et déclenche un superbe retourné acrobatique. Le ballon file au fond. Geste splendide, but magnifique, mais consolation seulement. La série noire en championnat s’arrête enfin, après près de dix heures sans marquer (566 minutes exactement), mais le symbole reste amer : trop tard, beaucoup trop tard.
Les dernières notes de cette soirée sont contrastées. Le retour de Levi Colwill offre une lueur de positif dans un tableau très sombre. Pedro Neto et Alejandro Garnacho manquaient, eux, à l’appel, blessés. Pour Jesse Derry, aucune nouvelle officielle au coup de sifflet final, seulement l’espoir que la peur soit plus grande que le mal.
Il reste quatre matchs à disputer cette saison, quatre épreuves à traverser. Prochain arrêt : Liverpool, à l’extérieur, samedi. Après une soirée pareille, une question s’impose : jusqu’où cette équipe peut-elle encore encaisser avant de enfin se relever ?




