Chelsea domine Milan : le 3-4-3 d’Alonso en action
Chelsea se réveille à Jakarta : le 3-4-3 d’Alonso frappe fort, Joao Pedro assomme le Milan
On attendait une réaction. On a vu une démonstration. Après deux revers d’affilée en préparation, Chelsea a remis les choses au clair à Jakarta en balayant l’AC Milan 3-0, avec un doublé de Joao Pedro et un bijou de Moises Caicedo. Surtout, on a enfin aperçu un Chelsea qui ressemble vraiment à une équipe de Xabi Alonso.
Le vrai 3-4-3 d’Alonso, enfin sur le terrain
Fini le compromis un peu flou entre 4-2-3-1 et 3-4-3. Cette fois, Alonso a assumé son système fétiche du premier au dernier ballon. Et la différence a sauté aux yeux.
Marco Palestra a incarné ce basculement. Aligné piston gauche, l’Italien a donné une largeur constante, a provoqué, a repiqué intérieur, a débordé extérieur. Sa faculté à utiliser ses deux pieds en fait une menace permanente, peu importe le côté. Il a offert une occasion nette à Danny Welbeck avant de frôler lui-même le but après la pause. Un vrai couteau suisse dans un rôle clé.
Dans l’axe, le duo Moises Caicedo – Romeo Lavia a tenu la maison. Caicedo a souvent décroché dans la ligne de trois pour lancer la relance, comme un faux défenseur central qui dicte le tempo. Lavia, lui, avait une mission précise : suivre Luka Modric partout. Résultat, le Croate a quasiment disparu de la circulation. Les principes d’Alonso se dessinent : pressing coordonné, sorties de balle propres, responsabilités claires.
Joao Pedro, de la grosse occasion manquée au doublé décisif
Le match de Joao Pedro raconte aussi la soirée de Chelsea. Un début frustrant, une montée en puissance, puis une domination nette.
À la 42e minute, Palestra se joue de son vis-à-vis, rentre intérieur et sert parfaitement Joao Pedro. Position idéale, frappe en première intention… et ballon qui s’envole. Grosse occasion gâchée, le genre de raté qui a coûté cher lors des précédents matches.
Mais l’attaquant ne s’est pas caché. Juste avant la pause, Chelsea obtient un corner. Caicedo s’en charge. Joao Pedro se détache du marquage, se glisse dans le dos de Lorenzo Torriani et effleure le ballon de la tête. Cette fois, c’est dedans. 1-0, 45+2e minute. Le déclic.
Le coup de massue arrive à la reprise. Milan change sept joueurs à la mi-temps, perd ses repères, et Chelsea frappe immédiatement. À la 46e, Pedro Neto enroule un centre rentrant au second poteau. Joao Pedro a senti le coup, se glisse encore une fois dans la zone dangereuse et conclut de près. Deux buts en deux minutes de jeu effectif. 2-0, affaire déjà bien engagée.
Les coups de pied arrêtés, nouvelle arme des Blues
Chelsea avait marqué 10 buts sur corner sur toute la saison de Premier League 2025/26. À Jakarta, les Blues en plantent déjà deux en 90 minutes. Le travail d’Austin McPhee, nommé récemment coach des coups de pied arrêtés, commence à se voir.
Le premier but de Joao Pedro vient d’un corner travaillé, avec mouvement pour libérer la zone du premier poteau et appel décroisé de l’attaquant. Le troisième but, lui, valide encore plus l’influence du nouveau spécialiste.
À la 49e minute, nouveau corner. Le ballon est repoussé, mais mal. À l’entrée de la surface, Caicedo a anticipé. Il se place, attend la retombée et déclenche une volée sèche. Torriani est battu, 3-0. Trois minutes à peine après le deuxième but. Deux réalisations directement issues de phases arrêtées, dans des registres différents, mais avec la même impression : Chelsea sait enfin quoi faire sur ces situations.
Neto, Quenda, Jackson : des entrants qui bousculent tout
Le score aurait pu être plus lourd. Une fois le 3-0 acquis, Alonso a fait tourner, sans que le niveau ne chute.
Pedro Neto, déjà dangereux en première période avec une frappe enroulée à la 27e qui oblige Torriani à une vraie parade, a continué à faire mal sur son côté. Geovany Quenda, lui, a apporté de l’électricité dans le dernier quart d’heure. À la 74e, il fixe son défenseur dans la surface, l’élimine et fracasse le poteau au premier poteau. Geste puissant, presque rageur.
Nicolas Jackson a signé une entrée du même tonneau. En une demi-heure, il a tout fait sauf marquer. Appels tranchants, remises intelligentes, une superbe passe inversée pour Cole Palmer, et cette action à la 83e minute où il se crée l’espace tout seul avant de trouver, lui aussi, le montant sur une frappe vers le premier poteau. S’il cherchait à rappeler qu’il a encore une carte à jouer à Stamford Bridge, le message est passé.
Même Estevao a eu sa balle de 4-0 : lancé côté droit à la 87e minute, il file au but et tente de lober Torriani. Le gardien milanais reste debout jusqu’au bout et détourne au-dessus. Milan limite la casse, seulement sur le tableau d’affichage.
Un match amical, oui. Mais un tournant dans la préparation.
On pourra toujours rappeler que ce n’est “que” la pré-saison. Que Milan a multiplié les changements à la pause. Que le rythme n’était pas encore celui d’un mois d’octobre en pleine Premier League.
Reste les faits : après une défaite 1-2 contre Tottenham à Sydney, puis un inquiétant 0-1 sans tranchant face à la Juventus à Hong Kong, Chelsea avait besoin d’un match référence. Jakarta l’a offert.
Un système assumé, des circuits de passes plus fluides, un milieu dominateur, des pistons influents, des coups de pied arrêtés enfin dangereux, un banc impliqué. Et trois buts, dont deux sur corner, face à une équipe de Serie A.
La tournée continue dès le lendemain face à Johor Darul Ta'zim, avant un retour à Stamford Bridge contre Real Sociedad le 15 août. Si ce 3-0 n’offre aucun trophée, il laisse pourtant une impression forte : l’identité version Xabi Alonso commence à prendre forme.
La vraie question désormais n’est plus de savoir si ce Chelsea progresse. Mais jusqu’où il peut aller une fois la saison lancée.




