Championnat marocain à l'arrêt : chaos et incertitudes
Le football marocain vit une drôle de saison. Pas de communiqué officiel, pas de calendrier, pas de visibilité. Juste un silence pesant et un constat brutal : le championnat est de fait à l’arrêt, sans que la Moroccan League Association n’ait annoncé la moindre suspension, ni expliqué pourquoi, ni jusqu’à quand.
Le quotidien marocain Al-Batal a mis des mots sur ce flou : l’absence totale de programme pour la 16e journée. Un trou noir au milieu du calendrier. Les clubs, eux, attendent. Ils s’entraînent, planifient, déplanifient. Ils ne savent ni quand ils joueront, ni comment la saison pourra aller au bout.
Un championnat figé, des clubs sous pression africaine
Ce gel tombe au pire moment. Plusieurs clubs marocains s’approchent de leurs demi-finales en African Champions League et en African Confederation Cup. Des rendez-vous majeurs, lourds en enjeu sportif et financier. Impossible, dans ce contexte, de caser sereinement les matches de championnat.
La question devient alors brûlante : comment articuler une fin de saison nationale déjà bancale avec un calendrier continental surchargé ? Pour l’instant, personne ne semble avoir la réponse.
Bras de fer autour des matches en retard
Comme si cela ne suffisait pas, un autre front s’est ouvert. Certains clubs refusent catégoriquement de reprendre la seconde moitié de saison tant que tous les matches reportés n’auront pas été reprogrammés. Une ligne de conduite claire : pas de reprise tant que le principe d’égalité des chances n’est pas respecté.
Ce blocage place la ligue devant un dilemme explosif. D’un côté, la nécessité sportive et éthique d’aligner tout le monde sur le même nombre de matches. De l’autre, la réalité d’un calendrier déjà saturé, où chaque nouvelle date devient un casse-tête.
La pression monte, et elle ne vient plus seulement des pelouses.
Une reprise repoussée… à quand ?
D’après Al-Batal, la reprise “normale” des compétitions ne se profile pas à court terme. Tout laisse penser qu’il faudra attendre la fin des compétitions continentales pour revoir un championnat fluide, avec un calendrier stabilisé.
Autrement dit, la trêve actuelle pourrait s’étirer bien au-delà de ce qui était imaginé. Les journées restantes seraient alors repoussées à plus tard, dans un bloc compact, avec tous les risques que cela comporte : fatigue, blessures, perte de rythme, distorsion sportive.
Le problème, c’est que personne ne présente pour l’instant de vision claire de cette seconde partie de saison. On navigue à vue.
La 12e journée, symbole d’un système grippé
Au cœur de cette crise, un symbole : les matches reportés de la 12e journée, toujours pas reprogrammés. Une série de rencontres en suspens qui désorganise toute la suite du calendrier.
Chaque jour qui passe sans solution complique un peu plus la tâche de la Moroccan League Association. Il ne s’agit plus seulement de replacer quelques matches ici ou là, mais de reconstruire un calendrier global cohérent, avec une date de fin de saison encore tenable.
Car une autre échéance se profile déjà à l’horizon : la Coupe du monde 2026. Le Maroc, au centre du projet coorganisé, ne peut pas se permettre un championnat domestique livré au désordre et à l’improvisation à l’approche d’un tel rendez-vous.
Le temps file. Les clubs attendent. Le public s’impatiente. La question n’est plus de savoir si le championnat pourra se terminer, mais à quel prix il réussira encore à ressembler à une compétition digne de ce nom.




