Celtic s'intéresse à Haissem Hassan mais le malaise grandit
Celtic a enfin bougé. Selon Sky Sports, le club a déposé une demande officielle pour le virevoltant ailier égyptien Haissem Hassan, révélation de la Coupe du monde avec l’Égypte et pièce maîtresse de Real Oviedo. Une cible ambitieuse, un profil excitant. Mais derrière ce frémissement sur le marché, le tableau d’ensemble reste sombre.
Hassan ciblé pour un rôle majeur
Haissem Hassan, 24 ans, sort d’un Mondial 2026 marquant, où son activité sur l’aile et sa capacité à faire reculer les défenses ont attiré les regards bien au-delà de l’Espagne. Il lui reste un an de contrat avec Real Oviedo, et Celtic explore désormais les conditions d’un possible transfert vers Glasgow.
Le plan est clair : offrir à Martin O'Neill un titulaire en puissance sur le côté, un joueur capable de dynamiter les défenses en Scottish Premiership et d’apporter une menace réelle en UEFA Champions League. Sur le papier, le profil colle parfaitement aux besoins urgents du technicien irlandais.
Urgents, car O'Neill a besoin de renforts. Désespérément.
Un été à contretemps
Le mercato de Celtic ressemble encore à un exercice de lenteur calculée. Les dirigeants avancent à pas comptés, comme si chaque décision devait être repoussée au lendemain. Pendant ce temps, le calendrier, lui, ne ralentit pas.
Le 5 avril dernier à Dens Park, lors du sprint final vers le titre, l’équipe donnait l’impression d’un groupe prêt à être consolidé, non démonté. Pourtant, deux des héros du retournement de situation de mai – Kelechi Iheanacho et Marcelo Saracchi – n’ont pas été conservés.
Les offres pour les retenir ? Jugées « low cost », insuffisantes, et finalement repoussées. Résultat : deux joueurs expressément réclamés par O'Neill n’ont pas été prolongés, malgré la demande claire adressée à Michael Nicholson, directeur général, et Chris McKay, directeur financier. Le manager voulait bâtir autour d’eux. Il se retrouve à reconstruire sans eux.
La décision ne doit rien au hasard : les deux joueurs offraient peu de valeur de revente. La logique financière a pris le dessus sur la logique sportive, encore une fois.
Tensions en coulisses
Le dossier Iheanacho a ajouté une couche de malaise. Des fuites dans les médias ont mis en avant des exigences salariales jugées excessives de l’attaquant. Une version rapidement remise en cause par des informations venues de Turquie, qui ont balayé cette présentation comme une manœuvre de communication.
Pour O'Neill, c’est un nouvel épisode où il sort fragilisé, exposé. Le visage du manager, déjà marqué par la lutte pour le titre, porte désormais aussi la frustration d’un mercato qui ne suit pas ses besoins.
Et pendant que le club hésite, l’effectif se délite.
Maeda sur le départ, l’alerte rouge s’allume
Les discussions officiellement ouvertes avec Ipswich Town pour un transfert possible de Daizen Maeda ajoutent un degré supplémentaire d’inquiétude. L’international japonais, symbole de l’intensité et du pressing de Celtic, pourrait s’en aller à son tour.
Dans ce contexte, l’intérêt pour Haissem Hassan ne suffit pas à rassurer. Il éclaire surtout un constat brutal : le club refuse de recruter sérieusement tant que certains salaires n’ont pas quitté la masse salariale. Une stratégie qui, aujourd’hui, commence à peser lourd sur les ambitions sportives.
Le barrage de l’UEFA Champions League arrive à grands pas. L’équipe, elle, n’a été que très peu renforcée de manière significative. Le risque est évident : se présenter à un rendez-vous majeur avec un effectif affaibli et mal préparé.
Les avertissements ignorés
La saison passée, Celtic s’en est sorti de justesse. Cette fois, les signaux d’alarme retentissent plus fort. L’ancienne icône du club, Paul Lambert, parmi d’autres voix respectées, a déjà prévenu : le club ne pourra pas se permettre de rejouer le même scénario et espérer le même dénouement.
Aujourd’hui, Celtic se retrouve sans Kelechi Iheanacho, sans Marcelo Saracchi, peut-être bientôt sans Daizen Maeda. Et avec, pour l’instant, seulement une enquête formelle pour Haissem Hassan comme promesse de renouveau.
Le journaliste écossais Anthony Joseph a résumé l’état du dossier : Celtic a pris contact pour l’ailier de Real Oviedo, se dit très intéressé par l’international égyptien après son Mondial impressionnant et examine les conditions d’un accord, alors qu’il n’a plus qu’un an de contrat.
Une approche. Pas encore une offre. Encore moins une signature.
Entre ambition affichée et prudence paralysante
La situation laisse un sentiment étrange. Celtic vise un joueur au profil de Coupe du monde, capable d’élever le niveau de l’équipe. Mais le club agit avec la prudence d’une institution qui craint plus le risque financier que l’échec sportif.
À ce stade, certains supporters seraient prêts à se contenter du « maintien » du niveau actuel, plutôt que de nourrir des rêves de progression. Une phrase qui en dit long sur l’érosion de la confiance.
Reste une question, brutale : à force de temporiser, Celtic va-t-il encore une fois frôler la catastrophe… ou, cette fois, la payer au prix fort sur la scène européenne ?




