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Celtic s'effondre : une élimination brutale en Europa League

Celtic a explosé en plein vol. Quatre buts d’avance sur l’ensemble des deux matches, et pourtant une élimination brutale, 5-1 sur la pelouse de LASK, qui renvoie le club de Glasgow en Europa League. En Autriche, l’équipe de Martin O’Neill n’a pas seulement perdu une qualification de Champions League. Elle a perdu la face.

« Ces joueurs se cachaient »

Stiliyan Petrov n’a pas cherché ses mots. L’ancien milieu, qui a connu O’Neill à Celtic puis à Aston Villa, a livré un verdict sans ménagement devant les caméras d’Amazon Prime.

« Il faut se lever, se montrer, avoir du caractère, être capable de gérer la pression », a-t-il lâché. « Ces joueurs se cachaient. Quand ils devaient prendre leurs responsabilités avec le ballon, ils ne l’ont pas fait. Ils perdaient le ballon très facilement. LASK a été meilleur sur les deuxièmes ballons, plus agressif. Ils le voulaient plus. »

Celtic aime dicter le rythme, imposer le jeu, étouffer l’adversaire. Là, rien. « Ils n’ont jamais réussi à enlever le rythme du match, à le ralentir, a poursuivi Petrov. Parfois, vous avez besoin de grands joueurs pour ça. De joueurs qui contrôlent, qui contrôlent l’équipe. Il faut se lever, être courageux et fort. Il faut courir plus, fermer les espaces, prendre des décisions sur le terrain, dans les moments importants. Ces décisions n’étaient pas là. »

L’analyse frappe juste : manque de courage, manque de responsabilité, manque de personnalité. Sur la scène où le club rêvait de se réinstaller, la lumière s’est éteinte.

Lennon pointe le physique, et un signal inquiétant

Neil Lennon, autre ancien capitaine et ex-entraîneur de Celtic, aujourd’hui sur le banc de Dunfermline, a vu la même chose, mais sous un autre angle : celui du corps qui lâche.

« Physiquement, ils n’étaient pas au niveau, dans la puissance de course ils n’étaient pas au niveau, a-t-il expliqué. LASK était la meilleure équipe et la voulait plus, et ce n’est pas quelque chose que l’on dit souvent d’une équipe de Martin O’Neill. »

Un constat qui fait mal, venant d’un homme qui connaît l’exigence du technicien nord-irlandais. Lennon a surtout été frappé par les images de la seconde période.

« En deuxième mi-temps, j’ai vu trois ou quatre joueurs aller au sol avec des crampes. Il n’y avait que 65-70 minutes de jeu. C’est inquiétant pour moi. Ça peut être physique, ça peut être psychologique. Pour moi, c’est un signe de manque de force. Ils semblaient épuisés par moments. »

Quand les jambes lâchent aussi vite dans un match de ce niveau, la question dépasse la simple tactique. Elle touche à la préparation, à la confiance, à la capacité à encaisser la tempête.

Un banc trop léger pour l’Europe

Scott Brown, autre ancien capitaine emblématique, a attaqué un autre nerf sensible : la profondeur de l’effectif. Sur 120 minutes, Celtic a fait entrer Liam Scales, Anthony Ralston, Dane Murray, Luke McCowan, Reo Hatate et Sebastian Tounekti. Pour Brown, le compte n’y est pas.

Sur BBC Radio Scotland, il a été direct : « Je ne pense pas que les remplaçants aient eu le moindre impact sur le match. Vous attendez quelque chose d’eux – de la puissance de course, un peu de calme avec le ballon – et nous n’avons pas eu ça. »

Le message est clair : si certains de ces joueurs sont déjà titulaires à l’occasion, ce que montre ce match, c’est surtout la faiblesse du banc. « Ils font entrer des joueurs qui sont en fait dans le onze de départ, mais ça montre que, sur ce banc, ils ont besoin de joueurs de meilleure qualité pour entrer. »

Sur une campagne de Champions League, la différence se joue souvent là. Celtic l’a payé cash.

Schmeichel prévient : « d’énormes répercussions »

Dans les buts la saison passée lors du play-off perdu, Kasper Schmeichel sait ce que ce genre de chute provoque dans un vestiaire. Pour le Danois, cette défaite n’est pas un simple accident de parcours.

Sur Amazon Prime, il a parlé de « répercussions énormes ». « La Champions League est unique et l’Europa League n’a pas le même prestige. Ça impacte la vie des joueurs, et en particulier ceux que nous espérions recruter, ça peut avoir un impact là-dessus. »

L’ancien gardien de Leicester ne se fait pas d’illusions sur la réaction du public et de l’environnement. « Je sais qu’il va y avoir une réaction très, très dure envers les joueurs, envers le staff. Ça va être une tâche monumentale pour eux de se remobiliser et de ramener les supporters de leur côté. Parce que vous avez vu à la fin, ce n’étaient pas des scènes agréables. Et on a vu ce qui s’est passé la saison dernière, ce n’était pas agréable. Ce n’est pas agréable d’être joueur dans cet environnement non plus. »

Le choc sportif devient donc aussi un choc institutionnel. Image, attractivité, dynamique : tout vacille.

O’Neill, une nuit plus douloureuse que Séville

Martin O’Neill n’a pas tenté de se protéger. Le manager de 74 ans a assumé, front haut, mais le visage marqué. Avec plus de 300 matches à la tête de Celtic, il situe cette soirée parmi les pires.

« Je dirais absolument, oui », a-t-il répondu quand on lui a demandé si c’était l’une de ses nuits les plus douloureuses. « Je la placerais même devant la déception de la finale de la Coupe de l’UEFA en 2003. C’est tellement, tellement décevant. »

Ses mots tracent le scénario d’un naufrage annoncé mais évitable. « Nous aurions dû être hors de portée à la mi-temps. Nous marquons un but, ce qui est super, nous manquons deux énormes occasions. Et puis on leur donne une bouée de sauvetage juste avant la pause, puis une autre juste après. Et ils reviennent en rugissant. »

La suite, il ne l’édulcore pas. « Évidemment, nous concédons, de notre point de vue, des buts vraiment mauvais. Mais c’est mon équipe et c’est ma responsabilité. »

Interrogé sur la solidité de son effectif, O’Neill a esquivé le débat frontal sans l’enterrer. « Ce sont des matches difficiles. Et ce n’est peut-être qu’un match de qualification de Champions League, mais ça ressemblait à un match de Champions League. J’ai pensé qu’ils formaient une très bonne équipe. Mais ça ne change rien. Nous aurions dû être capables de finir le travail. Et nous ne l’avons pas fait. Parler de l’effectif, ce sera pour un autre jour. »

Un autre jour, mais il viendra vite.

McGregor ne se cache pas : « On a eu ce qu’on méritait »

Le capitaine Callum McGregor, lui, n’a cherché aucune excuse. Devant Amazon Prime, il a posé un constat glacial : « On a eu ce qu’on méritait. Je nous ai trouvés tellement passifs. Toute la nuit. On avait l’air effrayés à l’idée d’aller gagner ce match, et quand vous êtes à 3-0, c’est psychologique. »

Il remonte même au match aller, où le score flatteur avait peut-être masqué les failles. « Pour être honnête, je ne pense pas qu’on ait été si bons que ça au premier match non plus. On a marqué aux bons moments et on s’en est un peu sortis comme ça. Tu mènes 3-0 et tu penses avoir une vraie chance, mais quand tu joues comme ça, tu ne peux avoir aucune excuse. »

Le message pour les supporters est sans détour. « On doit encaisser, s’excuser auprès des supporters et du club, parce qu’il n’y a aucune raison pour laquelle on devrait perdre ce match… Maintenant, on verra quels types de caractères il y a dans ce vestiaire. »

La Champions League s’est envolée dans le vacarme autrichien. Reste une question, brutale : Celtic a-t-il encore les épaules, mentalement et structurellement, pour redevenir un club qui ne lâche pas une avance de quatre buts sur la plus grande scène européenne ?