Ceadach O'Neill et les rumeurs autour de son avenir international
Au Aviva Stadium, une soirée rouge… mais pas pour les bonnes raisons. Arsenal s’est incliné 3-1 face au Real Betis lors d’un amical à Dublin, sous les yeux de milliers de supporters londoniens qui avaient transformé Lansdowne Road en annexe de l’Emirates. Les tribunes étaient pleines, les maillots rouges partout, le onze de départ solide. Mais la prestation, elle, a laissé un goût amer, notamment à cause de quelques erreurs criantes de Kepa Arrizabalaga.
Mikel Arteta n’était pourtant pas venu faire du tourisme. Kai Havertz, Ben White, Viktor Gyökeres, Piero Hincapié : l’affiche avait fière allure sur la feuille de match. Sur le papier, Arsenal alignait de quoi imposer son statut de champion d’Angleterre. Sur le terrain, le scénario a été tout autre, plombé par des décisions douteuses dans les buts et une équipe andalouse beaucoup plus clinique.
Dans cette soirée compliquée, un rayon de curiosité locale a toutefois percé les nuages : l’entrée en jeu de Ceadach O'Neill.
O’Neill, quinze minutes et beaucoup de questions
L’ailier de 18 ans a foulé la pelouse en seconde période, pour une quinzaine de minutes qui n’avaient rien d’anodin. Derry sur le passeport, un passé à Linfield avant de rejoindre Arsenal en 2024, déjà aperçu la semaine précédente lors du match amical contre Girona : le jeune homme avance vite. Et à Dublin, il a surtout rappelé qu’il ne porte pas seulement un maillot de club, mais aussi un dossier international brûlant sur les épaules.
O'Neill a déjà été capé par l’Irlande du Nord, à deux reprises, en matches amicaux plus tôt cette année. Officiellement, il appartient donc au programme nord-irlandais. Officieusement, la discussion reste grande ouverte. Son profil intrigue, son histoire aussi : issu d’un milieu catholique, très marqué par le GAA, il incarne ce point de bascule qui, dans ces îles, dépasse largement le cadre du terrain.
Interrogé après la rencontre sur ce fameux « bruit extérieur » autour de son avenir international, il n’a rien fait pour calmer le débat. On lui demande si la situation est tranchée. Sa réponse, elle, ne l’est pas du tout.
« À l’heure actuelle, j’essaie juste de me concentrer sur le club. C’est tout ce que je peux faire, j’essaie juste de rester focalisé sur Arsenal en ce moment. Je parle avec Michael [O’Neill] récemment et je profite vraiment de ce que je fais maintenant et de là où je suis. C’est tout ce que je peux dire. »
Pas de déclaration d’amour à l’Irlande du Nord. Pas de phrase définitive. Rien qui ferme la porte à l’autre côté de la frontière. De quoi relancer, encore, les spéculations autour d’un éventuel basculement vers la République d’Irlande.
Un parcours GAA qui alimente les rumeurs
Le dossier ne se résume pas à quelques phrases prudentes. Ceadach O'Neill vient d’un univers où le vert et le blanc du GAA dominent largement le paysage. Neveu de l’ancienne star de Derry, Eoin Bradley, il a grandi dans ce bain-là, portant les couleurs du club de Kilrea avant de se tourner définitivement vers le football à 14 ans.
Il n’était pas qu’un simple jeune prometteur. En 2019, il avait déjà foulé la pelouse de Croke Park lors d’un match d’exhibition organisé pour la finale All-Ireland entre Kerry et Dublin. Un décor immense, un autre sport, mais déjà la sensation d’un gamin à l’aise sous les projecteurs.
Ce passé gaélique, couplé à son contexte familial, pousse naturellement certains à l’imaginer un jour sous le maillot vert de la République d’Irlande. Mais rien n’est écrit. L’exemple de Conor Bradley, actuel capitaine de l’Irlande du Nord et joueur de Liverpool, le rappelle : lui aussi vient d’un milieu similaire, et il a choisi de rester au nord.
La différence, c’est que Ceadach O'Neill n’a, pour l’instant, ni verrouillé son avenir par ses mots, ni dissipé les doutes. Son refus de s’engager clairement, à Dublin, devant un public irlandais conquis d’avance, ne fera qu’alimenter les conversations dans les semaines à venir.
Sur le terrain, ce n’était qu’un quart d’heure dans un amical perdu. En tribunes, et dans les bureaux des fédérations, ce pourrait être le début d’une bataille silencieuse pour un talent de 18 ans qui, déjà, doit choisir beaucoup plus qu’un simple maillot.




