Carla Ward se concentre sur la Coupe du Monde 2027
Carla Ward n’a pas hésité une seconde. Interrogée sur un possible retour en Women's Super League et les rumeurs qui la renvoient vers Aston Villa, son ancien club, la sélectionneuse de la République d’Irlande a tranché net : sa seule boussole mène au Brésil et à la Coupe du monde 2027.
« Rien n’est tentant quand je suis dans ce poste, vous savez que j’adore ce travail et j’adore travailler ici », lâche-t-elle. Le décor est posé. Les bruits de couloir peuvent continuer de courir, Ward, elle, court après une qualification mondiale.
Un billet pour le Brésil au bout d’un marathon
Le chemin est clair, mais escarpé. L’Irlande se prépare à un barrage en deux temps. D’abord un duel face au Kazakhstan. Puis, en cas de succès, une finale aller-retour contre la Belgique ou la Pologne pour décrocher un ticket pour le tournoi au Brésil l’été prochain.
Quatre matches. Quatre rendez-vous couperets. Ward les décrit elle-même comme « quatre finales de coupe ». Pas de marge, pas de calcul. Tout passe ou tout casse sur cette séquence.
Arrivée en janvier 2025 pour succéder à Eileen Gleeson, la technicienne anglaise sait ce que représente ce défi pour un pays qui a enfin brisé son plafond de verre en 2023. Cette année-là, la République d’Irlande a disputé la Coupe du monde pour la première fois de son histoire. L’aventure s’est arrêtée dès la phase de groupes, battue par l’Australie coorganisatrice puis par le Canada, avant un nul face au Nigeria. Le souvenir reste à la fois immense et inachevé.
Trois ans plus tard, une nouvelle chance se présente. Cette fois, avec Ward aux commandes.
« Sang, sueur et larmes »
Les mots choisis par la sélectionneuse résument l’état d’esprit d’un groupe qui sait ce qu’il lui reste à livrer.
« Mon cœur et ma concentration… Je suis venue ici pour essayer d’aller à une Coupe du monde et c’est tout ce à quoi je vais penser pour les quatre prochains matches », insiste-t-elle. Pas de détour, pas de faux suspense autour de son avenir en club. La mission internationale passe avant tout.
Elle poursuit, fidèle à une ligne tenue depuis sa prise de fonctions : « Vous avez vu comment j’ai parlé ces deux dernières années, avec une immense fierté dans ce poste. Je suis ici parce que je veux aller à une Coupe du monde et je pense que nous avons fait d’énormes progrès en tant que nation. Ce serait la cerise sur le gâteau. Mais, regardez, nous avons quatre matches, quatre finales. »
Puis vient la promesse, presque un serment : « Nous devons tout donner, sang, sueur et larmes. Nous devons tout laisser sur le terrain dans tout ce que nous faisons et si nous faisons ça, nous avons toutes nos chances. »
Astana d’abord, Cork ensuite
Le premier acte de ce barrage face au Kazakhstan se jouera loin de Cork, dans la froideur contrôlée de l’Astana Arena, le vendredi 9 octobre (12h00 BST). Un déplacement piégeux, sur terrain neutre en apparence, mais avec tout ce que ce type de voyage implique de gestion mentale et physique.
Le retour quatre jours plus tard, à Pairc Ui Chaoimh, offrira un tout autre décor. L’Irlande y est invaincue. Le stade de Cork est devenu un refuge, presque une forteresse. Mais Ward refuse catégoriquement de s’y voir déjà en conquérante.
Le Kazakhstan pointe au 98e rang mondial. Un classement qui pourrait inviter à la confiance. Ward, elle, y voit surtout un danger : celui de se relâcher. Hors de question.
« Nous devons monter d’un cran, nous assurer que nous performons et que nous sommes concentrées au plus haut niveau », prévient-elle. « Si nous faisons ça, alors nous ferons le travail. Nous avons un effectif incroyable, immensément talentueux, et les joueuses prendront soin les unes des autres. »
Elle insiste sur la clarté du projet : chaque joueuse qui entre sait exactement ce qu’on attend d’elle. « Je pense que quiconque arrive sait son rôle. Nous sommes vraiment claires sur ce que nous faisons, ce que nous voulons et comment nous jouons. »
Entre rumeurs et réalité
Pendant ce temps, les rumeurs continuent de tourner autour du poste vacant à Aston Villa. Le lien est évident : Ward y a déjà laissé son empreinte. Mais elle refuse d’ouvrir la porte, même légèrement. « Ce n’est pas une conversation et ce n’est rien que j’envisagerais », tranche-t-elle.
Le message est autant destiné à l’extérieur qu’à son vestiaire. Pas question que les quatre matches qui arrivent soient parasités par des spéculations de coulisses. La sélectionneuse sait que ces campagnes se jouent aussi dans les têtes.
L’Irlande a déjà écrit une première page de son histoire mondiale. La prochaine pourrait être plus grande encore. Tout commence à Astana, se prolonge à Cork, et peut, peut-être, s’achever au Brésil. La question n’est plus de savoir où ira Carla Ward après cette campagne. Elle est bien plus simple : jusqu’où peut-elle emmener cette équipe maintenant qu’elle croit, enfin, appartenir à la scène mondiale ?



