CAN 2025 : Mbuemo et Diallo rient de la décision de la CAF
Le feuilleton de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a franchi un nouveau cap, loin des pelouses africaines, dans un camp d’entraînement de Manchester United en République d’Irlande. Deux joueurs du club anglais, le Camerounais Bryan Mbuemo et l’Ivoirien Amad Diallo, ont choisi l’ironie pour commenter – ou plutôt éviter de commenter – la décision explosive de la CAF d’ôter le titre au Sénégal pour le remettre au Maroc.
Un titre gagné sur le terrain, perdu en commission
Sur le gazon, l’histoire était claire. Le Sénégal s’impose 1-0 après prolongation face au Maroc, sur sol marocain, au terme d’une finale étouffante. Juste avant la fin du temps réglementaire, un penalty est accordé au Maroc. Les Lions de la Teranga quittent brièvement la pelouse, protestent, puis reviennent jouer. Le tir de Brahim Diaz, star du Maroc et du Real Madrid, est manqué. Le Sénégal tient, puis frappe en prolongation et soulève le trophée.
Deux mois plus tard, tout bascule en coulisses. La Commission de discipline de la Confédération africaine de football requalifie l’épisode : pour elle, cette sortie momentanée des Sénégalais équivaut à un retrait pur et simple. Verdict : le Sénégal est déchu, le Maroc est déclaré vainqueur sur tapis vert, 3-0.
Une décision sans précédent, qui plonge le football africain dans une crise institutionnelle ouverte. À Dakar, la Fédération sénégalaise fulmine et prépare un recours auprès d’instances supérieures, décidée à défendre un titre conquis dans la douleur.
Un fou rire en conférence de presse
C’est dans ce climat électrique qu’un journaliste, en Irlande, interroge Mbuemo et Diallo sur cette CAN 2025 qui fait trembler le continent. La scène est brève, mais lourde de sous-entendus.
À la simple évocation de la controverse, les deux joueurs éclatent de rire. Pas de tirade, pas de grande déclaration. Juste un sourire appuyé, puis cette réponse sèche d’Amad Diallo : « No comment ».
Un refus de s’exposer, bien sûr. Mais aussi une forme de commentaire en soi. Le rire remplace les mots, comme si la situation dépassait le cadre du raisonnable.
Un vestiaire sous tension silencieuse
Ce trait d’ironie prend un relief particulier dans le contexte de Manchester United. Dans le même vestiaire figure le Marocain Noussair Mazraoui, membre de la sélection marocaine qui a finalement été déclarée championne d’Afrique 2025 sur décision administrative.
D’un côté, un Camerounais et un Ivoirien qui rient d’une affaire jugée ubuesque par une grande partie de l’opinion africaine. De l’autre, un Marocain directement concerné par ce titre réattribué. Personne ne s’épanche publiquement, mais la situation illustre la fracture qui traverse aujourd’hui le football du continent : ce qui se gagne sur la pelouse peut-il vraiment se perdre dans un bureau ?
La CAF a tranché. Le Sénégal refuse de s’incliner. Et au milieu, des joueurs comme Mbuemo, Diallo ou Mazraoui, pris entre leurs clubs européens, leurs sélections et une CAN 2025 qui risque longtemps de rester comme l’une des plus contestées de l’histoire.




