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Bunny Shaw au cœur des rumeurs de transfert vers Chelsea

À l’approche d’un printemps décisif, le nom de Bunny Shaw résonne partout en Angleterre. Et plus les jours passent, plus il semble détaché de Manchester City pour se rapprocher de l’ouest londonien.

Dans la tempête de rumeurs, Sonia Bompastor, elle, ne bronche pas. La coach de Chelsea garde le ton posé, le regard fixé sur le projet plutôt que sur les gros titres. Interrogée sur les plans de recrutement du club, elle a simplement rappelé la ligne directrice : ambition maximale. Elle dit faire confiance aux objectifs du club, à cette volonté assumée de gagner la Champions League et de rester installé tout en haut. Le message est clair : Chelsea veut les meilleures. Et les meilleures, aujourd’hui, savent où se trouvent les trophées.

Quand le nom de Shaw est lancé, Bompastor esquisse un sourire et lâche une réplique qui fait mouche : qui ne l’aurait pas sur sa liste personnelle, à part quelqu’un de fou ? Une phrase légère, mais lourde de sens. La Jamaïcaine est devenue l’une des finisseuses les plus redoutées de la planète. Pourtant, la coach ne s’attarde pas. Elle coupe court, consciente du terrain miné que représente tout commentaire appuyé sur une joueuse encore sous contrat avec un rival direct. Elle insiste alors sur le respect dû à City et au fait que Bunny joue cette saison pour le club mancunien. Pas question de se voir reprocher un début de « tapping up ».

Derrière les sourires et la diplomatie, la réalité contractuelle, elle, est beaucoup moins lisse. Le contrat de Shaw avec City s’achève en juin. Les discussions, amorcées en janvier, avaient laissé entrevoir une prolongation. Elles se sont depuis heurtées à un mur. Le blocage porte surtout sur la durée d’un nouveau bail à long terme. City n’a pas réussi à répondre aux exigences de sa buteuse star. Et quand un club de ce calibre cale sur la longueur d’un contrat, le signal est brutal.

Résultat : à 29 ans, la meilleure arme offensive de City regarde ailleurs. Elle n’a pas vraiment le choix. Les portes s’entrouvrent, la plus grande d’entre elles menant droit vers Chelsea. Si l’opération se concrétise, on parlera de l’un des plus gros transferts libres de l’histoire de la WSL. Une attaquante de ce niveau, à ce moment de sa carrière, sans indemnité : c’est une opportunité que très peu de clubs peuvent se permettre d’ignorer. Chelsea, lui, s’est déjà placé en tête de file.

Le timing ajoute une tension presque théâtrale. Ce dimanche, City se déplace à Stamford Bridge pour une demi-finale de FA Cup. Shaw sera au centre de toutes les attentions. Elle joue pour un club, est courtisée par l’autre, et doit encore porter les ambitions de City vers un doublé national. Le vainqueur ira à Wembley le 31 mai, pour y défier Liverpool ou Brighton. C’est plus qu’un match à élimination directe. C’est un possible passage de témoin.

Depuis son arrivée en 2021 en provenance de Bordeaux, Shaw a tout renversé sur son passage. Quatre saisons de suite meilleure buteuse de City. Cette année encore, le même scénario : 19 buts en 21 matches, une nouvelle Golden Boot en ligne de mire. Elle marque, encore et encore, pendant que la rumeur de son départ enfle. Son influence est telle que son absence laisserait un gouffre dans une attaque qui vient tout juste de décrocher le titre de championne.

Andrée Jeglertz ne s’en est jamais caché : il veut la garder. En avril, le manager de City avait exprimé son souhait de voir Shaw prolonger. Mais à mesure que le calendrier file et que la direction reste silencieuse, un autre récit s’impose. Celui d’une attaquante au sommet de son art, prête à tourner la page.

Dimanche, à Stamford Bridge, chaque appel en profondeur, chaque frappe de Bunny Shaw sera scruté comme un indice. Joueuse de City, cible de Chelsea, reine des buteuses : combien de temps encore restera-t-elle du « mauvais » côté de Londres ?