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L'élimination du Brésil à la Coupe du Monde soulève une question : sont-ils plus une marque qu'une équipe ?

Le Brésil était mené 1-0. Quelques maillots jaunes ont lentement quitté les tribunes, résignés face à l’élimination prématurée. L’espoir d’un sixième titre mondial semblait s’éloigner rapidement. Peu à peu, de plus en plus de supporters brésiliens ont pris le chemin des sorties, conscients que leur équipe quitterait la compétition dès cette phase, pour la première fois depuis 1990.

La dernière fois que le Brésil avait été sorti aussi tôt, c’était il y a plus de trente ans. Cette défaite face à la Norvège, scellée par un doublé d’Erling Haaland, met fin à une série de six tournois sans triomphe. Le penalty transformé dans les arrêts de jeu par Neymar ne changeait rien à l’affaire.

Une équipe figée, incapable de se réinventer

Quand l’arbitre Ismail Elfath a sifflé la fin du match, les joueurs brésiliens sont restés sur le terrain, hébétés, comme s’ils refusaient d’admettre la réalité. Ce fut une soirée difficile, marquée par un manque d’efficacité criant. Vinícius Júnior, longtemps attendu comme le sauveur, n’a pas pu inverser la tendance. Il avait pourtant généré la plupart des occasions dangereuses contre la Norvège. Mais il n’a pas été autorisé à tirer le penalty en première mi-temps, laissé à Bruno Guimarães dont la tentative trop timide a été facilement arrêtée.

Endrick, jeune prodige entré en seconde période, n’a pas su concrétiser une occasion en or, manquant sa finition après une passe millimétrée de Vinícius. Neymar, même revenu sur le terrain pour insuffler un peu d’énergie, a semblé trop juste. Son style, à la fois rapide et hésitant, reflétait la situation confuse de l’équipe. Son but sur penalty n’a servi qu’à réduire l’écart sans pouvoir sauver le Brésil.

Carlo Ancelotti dépassé malgré des débuts prometteurs

Le sélectionneur italien a réussi à faire avancer son équipe lors des premiers matches avec des victoires convaincantes contre Haïti et l’Écosse, ainsi qu’un nul face au Maroc. Il a même orchestré une remontée face au Japon. Pourtant, tout cela n’a pas suffi. Son équipe est apparue vulnérable, surtout face à une Norvège déterminée qui n’avait jamais perdu contre le Brésil auparavant et qui disputait son premier quart de finale mondial.

Les Scandinaves ont eu leurs propres opportunités, notamment en début de match. Leur progression semblait méritée, loin d’être un coup de chance. La défense brésilienne a cédé sous la pression, notamment sur une action collective qui a permis à Haaland d’ouvrir le score.

Plus une marque qu’une équipe ?

Le Brésil reste un symbole du football mondial, apprécié pour son histoire et son image. Pourtant, il y a longtemps que la Seleção ne répond plus à ces attentes. Depuis leur Copa América en 2019, ils enchaînent les éliminations précoces aux Coupes du Monde. Le collectif semblait hésitant et incomplet, manquant de créativité et de jeunesse, surtout au milieu de terrain. Ancelotti lui-même a admis qu’il fallait renouveler l’effectif et intégrer de nouveaux talents capables d’apporter du sang neuf.

L’équipe brésilienne a tenté de profiter des erreurs norvégiennes, mais ses occasions ont été gâchées. Manque d’urgence, erreurs techniques, et panique collective ont marqué la rencontre. Le but décisif de Haaland, suite à un centre précis, a scellé le sort du Brésil.

"Nous devons trouver de nouvelles idées. Ce n’est pas la fin, mais le début d’un nouveau cycle", a déclaré Ancelotti après le match. "Il faut gérer notre tristesse et repartir dès demain."

Avec près de 1 500 jours avant le prochain Mondial, le Brésil aura du temps pour reconstruire, mais le chemin s’annonce long et incertain.