Bournemouth ouvre la porte pour Alex Scott
Bournemouth commence à céder sur Alex Scott. Discrètement, sans communiqué fracassant, mais le verrou se desserre autour de l’un de leurs actifs les plus précieux. Le milieu anglais refuse toujours de prolonger, et le temps commence à jouer contre le club de la côte sud.
Le message qui filtrait encore l’été dernier était clair : « pas à vendre ». Les courtisans – Chelsea, Liverpool, mais aussi Manchester City, Arsenal, Manchester United et Tottenham – s’étaient heurtés à un mur. Tous avaient été refroidis et s’étaient tournés vers d’autres pistes pour renforcer leur milieu.
Ce mur, aujourd’hui, se fissure.
Un contrat qui s’érode, une valeur qui chute
Le contrat de Scott arrive à expiration dans un peu plus de 18 mois. Une éternité pour un joueur blessé, une fenêtre dangereusement courte pour un club qui sait que chaque mois qui passe fait baisser la valeur de revente. Bournemouth le sait, et ne se fait plus d’illusions : si rien ne bouge, le rapport de force basculera définitivement en faveur du joueur.
Le club ne veut pas le vendre. Pas de braderie annoncée, pas de mise sur le marché officielle. Mais la ligne a changé : si une grosse offre tombe en janvier, Bournemouth devra l’examiner. Les premiers échos qui remontent parlent d’un montant supérieur à 80 millions de livres, bonus compris, pour que la direction commence vraiment à écouter.
Un chiffre qui en dit long. Bournemouth ne brade pas sa pépite, mais accepte enfin l’idée qu’il pourrait partir.
Ambitieux, mais sans bras de fer
Alex Scott, lui, ne pousse pas ouvertement vers la sortie. Pas de grève, pas de déclaration tapageuse. Mais une ambition assumée, et l’envie de tester son niveau dans un club plus huppé. Chelsea et Liverpool restent à l’affût. Eux n’ont pas oublié le dossier.
La situation sportive de Bournemouth complique encore le tableau. Aucune victoire en Premier League jusqu’ici, une claque 5-1 encaissée à Chelsea le week-end dernier, et un maintien qui n’est pas encore assuré. Dans ces conditions, le club envisage un scénario précis : n’ouvrir la porte à une vente en janvier que si le maintien semble pratiquement acquis. La survie en Premier League passe avant tout, même avant un chèque colossal.
Une blessure qui change la donne
Comme si le feuilleton n’était pas assez dense, Scott se retrouve à l’infirmerie. Le milieu a aggravé une blessure au tendon de la cuisse en sélection, lors de sa première titularisation avec l’équipe d’Angleterre. Résultat : plusieurs semaines encore loin des terrains.
Pour Bournemouth, le paradoxe est cruel. Le club doit gérer la convalescence d’un joueur clé, tout en réfléchissant à l’opportunité de le vendre au moment où il reviendra à la compétition. Pour les prétendants, la question est simple : investir plus de 80 millions de livres sur un joueur qui revient d’une blessure musculaire délicate, c’est un pari. Mais un pari que certains grands clubs ont déjà pris dans le passé.
Marco Rose calme le jeu
Face à la montée des rumeurs, Marco Rose, entraîneur de Bournemouth, tente d’éteindre l’incendie. Interrogé avant le match de Ligue Europa contre Sturm Graz, il a tenu une ligne ferme : pas question, pour lui, de se projeter sur le prochain mercato.
Il rappelle que le dernier marché vient à peine de se refermer, qu’il refuse de « commenter des rumeurs » qui surgissent aussitôt la fenêtre close. Rose insiste sur un point : Alex Scott appartient toujours au club, il est blessé, et tout le monde à Bournemouth attend son retour pour « continuer avec lui ».
Le coach met aussi en avant l’attitude du joueur. Selon lui, Scott s’est montré « très engagé » lors des premiers matches de la saison, avant sa blessure. Message sous-jacent : il n’y a pas de fracture dans le vestiaire, pas de joueur déjà parti dans sa tête.
Entre ambition et survie
Le décor est planté : un milieu de 23 ans, international anglais, courtisé par les géants du pays, sous contrat encore un an et demi, blessé mais coté à plus de 80 millions de livres. Un club qui lutte pour se sortir du bas de tableau, qui ne veut pas vendre mais sait qu’il ne pourra pas retenir éternellement son joueur.
La suite se jouera sur deux terrains. Celui du classement, d’abord : si Bournemouth se met à respirer, la tentation d’encaisser une somme record grandira. Celui des grands clubs ensuite : lequel jugera que le moment est venu de frapper, malgré la blessure et le prix ?
En janvier, ce ne sera plus seulement une question de rumeurs. Ce sera une question de courage, de timing… et de combien vaut vraiment Alex Scott sur un marché qui ne pardonne rien.




