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BoroTKD : Le club de taekwondo qui change des vies à Wellingborough

À Wellingborough, un club de taekwondo change des vies, une médaille et un coup de pied à la fois.

Alan Collins, quadragénaire de Northamptonshire, est revenu des Championnats du monde de taekwondo en Pologne avec l’or en combat et le bronze en technique. Un palmarès qui aurait semblé improbable lorsqu’il a enfilé son premier dobok à 40 ans, simplement pour faire un peu plus d’exercice.

« Je ne m’attendais pas à gagner quoi que ce soit, j’étais vraiment ravi », confie-t-il.

Derrière cette modestie, il y a des semaines d’entraînement intensif, plusieurs séances par semaine, et un club qui vit pour ce genre d’histoires.

Un club familial, 19 médailles et un état d’esprit

Collins faisait partie d’une équipe de 12 compétiteurs de BoroTKD, club basé à Wellingborough. Ensemble, ils ont ramené 19 médailles de Pologne. Un butin impressionnant pour une structure à but non lucratif qui s’appuie sur les cotisations et les dons pour payer le matériel et la location du gymnase de Glenvale Primary School.

À la tête de BoroTKD, Master Steve King. Septième dan, trente ans de pratique à la barre du club, un titre de champion de Hong Kong décroché en 2009 et une longue expérience internationale. Il voit dans ces médailles bien plus qu’un tableau d’honneur.

« C’est un témoignage des personnes qui sont parties et des efforts qu’elles ont fournis. Elles y ont mis tout leur cœur et toute leur âme », insiste-t-il.

Dans ses dojangs de Wellingborough, Wollaston et Grange Park, le décor est simple, mais l’ambition claire : former des pratiquants solides, sur le plan technique comme mental. King encourage toutes les générations à enfiler les protections, qu’il s’agisse de se défendre, de gagner en discipline ou de trouver un cadre.

Pour lui, l’essentiel se joue dans la tête : « C’est beaucoup plus une question de force mentale que de force physique. C’est continuer quand on pense qu’on ne peut plus. »

Une affaire de famille

Chez les Collins, le taekwondo est devenu un rendez-vous de famille. Alan suit des cours hebdomadaires à BoroTKD avec ses deux enfants et sa femme. Cette dernière est elle aussi montée sur le podium mondial, avec une médaille d’or en technique.

Leur fille Madison, quatre ans, est la plus jeune élève du club. Gants minuscules, regard concentré, elle incarne la nouvelle génération dont son père veut renforcer la confiance.

Pour lui, l’apprentissage de l’autodéfense n’a rien d’accessoire : « Avoir des compétences en self-défense, pour la jeune génération, c’est vraiment important. »

Collins connaît aussi, par son rôle de secouriste en santé mentale sur son lieu de travail, l’impact du sport sur le bien-être psychologique. Il parle de l’importance de « pouvoir socialiser et obtenir ces endorphines », un cocktail qui, selon lui, compte énormément pour la santé mentale. Le dojang devient alors autant un refuge qu’un lieu de performance.

Canaliser l’énergie, créer un refuge

Sur les tatamis de BoroTKD, l’esprit de famille ne se limite pas aux Collins. Kathryn Scutt et son fils Jacob y viennent ensemble depuis plus de trois ans. Pour eux, le club est bien plus qu’un simple lieu d’entraînement.

« L’ambiance familiale est vraiment adorable ; on se soucie tous les uns des autres », raconte-t-elle.

Elle a vu son fils transformer son agressivité brute en énergie maîtrisée, guidée par les règles strictes et les rituels du taekwondo. Une évolution qui lui apporte aussi un sentiment d’appartenance.

« Il doit apprendre à se défendre, parce que le monde fait un peu peur de nos jours », ajoute-t-elle, lucide sur le contexte extérieur.

Jacob, 11 ans, met des mots simples sur ce que beaucoup ressentent sans le dire : « J’ai plus une famille ici que dans les autres sports. J’adore le basket, mais ça ne va pas vraiment m’aider, alors que le taekwondo, si. Donc je l’aime pour ça. »

Dans un coin de Northamptonshire, loin des grandes enceintes et des projecteurs, un club bénévole empile les médailles mondiales, mais surtout les histoires humaines. Pour certains, c’est un sport de combat. Pour ceux qui y entrent pieds nus, c’est souvent bien plus que ça.