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Billy Sharp : de buteur légendaire à entraîneur

Billy Sharp a rangé les crampons. Il ne compte pas quitter le football pour autant. À 40 ans, la légende de Sheffield United regarde déjà vers la ligne de touche, avec une idée fixe : entraîner.

L’attaquant, auteur de 299 buts en compétitions toutes confondues, a annoncé sa retraite plus tôt ce mois-ci. Derrière ce geste, rien d’improvisé. « J’ai un plan depuis 10 à 12 ans, je passais mes diplômes d’entraîneur et j’ai fait mon diplôme de management footballistique avec la LMA », a-t-il expliqué au micro du podcast 72+ de BBC Radio 5 live. Le terrain change, l’obsession reste. « L’entraînement, c’est quelque chose dans lequel j’ai vraiment envie de mettre les mains. L’objectif final, ce serait, j’espère, de devenir manager. »

Un buteur qui prépare sa seconde vie depuis des années

Sharp ne s’est jamais contenté de vivre au jour le jour. Tandis qu’il empilait les buts, il empilait aussi les qualifications. Aujourd’hui, il se tient prêt. Il veut entrer dans les clubs, activer son réseau, apprendre un nouveau métier dans un univers qu’il connaît par cœur.

Pour l’instant, il savoure un souffle. Du temps avec la famille. Un rôle de consultant qui le garde dans l’écosystème, lui ouvre des portes, l’oblige à regarder le jeu autrement. « Être encore dans le football, c’est quelque chose qui me passionne énormément », résume-t-il. On le croit sans effort : chez lui, tout ramène au jeu.

La transition aurait même pu commencer plus tôt. La semaine dernière, au micro de BBC Radio Sheffield, il a révélé qu’il avait été approché pour rejoindre le staff de Chris Wilder à Sheffield United la saison passée, alors qu’il jouait encore pour Doncaster Rovers. L’idée était là, le timing moins. Le mouvement a été bloqué. Le message, lui, est resté : des clubs pensent déjà à lui autrement que comme un simple finisseur.

Un CV de buteur hors norme

Pour mesurer ce que Sharp emporte avec lui sur le banc, il suffit de remonter le fil. Premier but en Football League en février 2005, lors d’un prêt à Rushden & Diamonds en quatrième division. Dernier éclat en mai de cette année : un triplé avec Doncaster sur la pelouse de Peterborough. La boucle est bouclée à sa manière, dans le filet adverse.

Entre ces deux dates, une carrière pleine. Six montées. Des buts dans les quatre divisions majeures du football anglais. Une parenthèse en MLS avec LA Galaxy en 2023. Et surtout, une histoire d’amour avec son club de cœur, Sheffield United, où il a connu sa plus grande réussite lors de son troisième passage.

Avec les Blades, il a inscrit 109 buts en 282 matches de championnat et porté l’équipe vers trois promotions entre 2016 et 2023. Un chiffre surplombe tous les autres : depuis la création du Championship en 2004, personne n’a marqué plus que ses 130 buts à ce niveau. Le terme « légende de club » n’est pas galvaudé dans son cas. Il est presque trop faible.

L’art du “bagsman”

Dans 72+, le présentateur Aaron Paul lui a posé la question que tout le monde se pose en le regardant jouer : qu’est-ce que ça demande, au juste, d’être un « bagsman », ce pur buteur obsédé par la finition ?

Sharp a déroulé son savoir-faire, sans fioritures. « Il y a plein de façons différentes de marquer. Il faut rester calme, accepter de se faire mal pour être à la réception d’un ballon, et puis il y a tout ce que les gens ne voient pas : visualiser les situations, regarder des clips », détaille-t-il. Dans sa bouche, le but devient un métier d’artisan. Une boîte à outils, remplie de petits détails qui font la différence.

« Il y a tous ces petits éléments dans la caisse à outils dont on a besoin pour être un top attaquant », poursuit-il. Lui se décrit sans enjoliver : « Je sais quelles sont mes limites, je sais que je n’ai pas eu la vitesse ni la technique, mais j’ai eu ce sens d’être au bon endroit au bon moment. » Ce flair, affûté année après année, a façonné sa réputation.

Avec le temps, il estime même avoir élargi son registre. « En vieillissant et en gagnant de l’expérience, je suis devenu un meilleur joueur, pas seulement un buteur. J’ai dû travailler dur sur ma carrière, et ça prend du temps. » On entend déjà, dans ces phrases, le futur discours d’un entraîneur à ses attaquants.

Vers un manager façonné par le terrain

Sharp arrive dans le monde des coaches avec quelque chose que les diplômes ne donnent pas : la connaissance intime de la surface de réparation, de la pression, des doutes, de la répétition des efforts. Il sait ce que c’est que d’être jugé chaque week-end sur un geste, une seconde, un déplacement.

Reste à voir où tombera sa première vraie opportunité. Dans un staff, comme adjoint, ou directement à la tête d’un groupe ? Les clubs qui cherchent un manager capable de parler le langage des buteurs savent déjà où frapper.