Ben White et l'avenir incertain à Arsenal
Ben White a longtemps incarné la fiabilité silencieuse d’*Arsenal*. 190 matches sous le maillot des Gunners, 30 apparitions toutes compétitions confondues la saison passée. Mais la campagne 2025-26 a laissé des traces. Le défenseur anglais a traîné ses soucis physiques, comme Jurrien Timber de l’autre côté, et la hiérarchie s’est durcie autour de lui.
Quand tout le monde est sur pied, le couloir droit appartient clairement à Timber. La fougue néerlandaise a pris le pas sur l’enthousiasme anglais. Dans l’axe, la paire William Saliba – Gabriel Magalhaes est devenue intouchable. White, lui, se retrouve dans un entre-deux inconfortable : capable de dépanner partout, titulaire nulle part.
Mikel Arteta sait qu’il peut l’aligner en charnière centrale, le glisser à droite, l’utiliser comme joker défensif. Mais ce statut de couteau suisse a un prix : aucune garantie sur le temps de jeu. À 26 ans passés, alors qu’il entre dans le cœur de sa carrière, White a besoin de jouer toutes les semaines. Ce n’est plus un luxe, c’est une nécessité.
La fenêtre de transfert reste ouverte jusqu’au 1er septembre. Le timing pousse forcément à la réflexion.
Dixon tranche : « Si c’était moi, je demanderais à partir »
Interrogé sur l’avenir de White, Lee Dixon, légende d’*Arsenal* et quadruple champion d’Angleterre avec le club, ne tourne pas autour du pot. Pour lui, la situation actuelle n’est pas tenable à long terme pour l’international anglais aux six sélections, recruté pour 50 millions de livres en 2021.
« Parfois, cette étiquette de joueur polyvalent se retourne contre toi », explique-t-il, rappelant aussi que l’historique de blessures de White complique la vie d’un manager. Dixon insiste sur un point : White est apprécié, respecté dans le vestiaire, avec une personnalité à part mais jugée positive pour le groupe.
Mais vu de la place du joueur, l’ancien latéral ne voit qu’une option logique : frapper à la porte de l’entraîneur. « Si j’étais lui, je serais déjà en train de frapper à la porte, parce que je voudrais juste jouer. Et il ne jouera pas si Timber est en forme », lâche-t-il sans détour.
La phrase tombe, lourde de sens : « Si c’était moi, je demanderais à partir. » Dixon nuance tout de même. Quitter un champion d’Angleterre n’a rien d’anodin. Le football moderne repose sur des effectifs élargis, des rotations permanentes. White pourrait aussi se dire qu’une quinzaine de titularisations, des entrées régulières en cours de match, suffiraient à son bonheur. « Si c’était moi, je demanderais à partir, mais chacun est différent », conclut Dixon.
Une vulnérabilité que les chiffres du corps rappellent
Pour Arteta et les champions en titre, le casse-tête ne s’arrête pas à la seule question du temps de jeu. Il y a un autre problème, plus sournois : ni White ni Timber ne peuvent être considérés comme totalement fiables physiquement sur la durée.
Dixon le rappelle avec le pragmatisme de ceux qui ont vécu longtemps dans un vestiaire de haut niveau : l’historique de blessures ne ment presque jamais. Un joueur sujet aux pépins musculaires répétés ne se transforme pas soudainement en métronome de sept saisons sans accroc. « C’est le corps qui décide », résume-t-il.
Arsenal dispose de solutions de secours. Riccardo Calafiori a déjà dépanné, capable de colmater des brèches. Declan Rice peut, à la rigueur, être glissé sur un côté de la défense, même si l’idée d’arracher son influence du cœur du milieu de terrain n’enchante personne à Londres. Les Gunners ont donc des rustines, mais pas forcément un plan durable si White venait à s’en aller.
Pour Dixon, le constat est clair : si le défenseur anglais quitte le club, il faudra le remplacer. Pas question de se contenter de bricolage sur une saison entière avec les ambitions qui sont désormais celles d’Arsenal.
Un mercato qui bouge devant, des questions derrière
Pendant que l’avenir de White s’écrit en pointillés, le club a déjà renforcé d’autres secteurs. Le milieu et l’attaque ont été musclés avec les arrivées de Bruno Guimaraes et Christos Tzolis. Le secteur offensif pourrait encore bouger : le nom de Bradley Barcola circule pour un départ de *Paris Saint-Germain* vers l’Angleterre, tandis que Gabriel Jesus et Gabriel Martinelli alimentent des rumeurs de sortie.
Derrière, le dossier du latéral droit reste en suspens. Si Arsenal décide de profiter de la valeur marchande de White, lié au club jusqu’en 2028, pour encaisser un gros chèque, il faudra très vite se positionner sur un remplaçant. L’idée de laisser partir un international anglais, capable de couvrir plusieurs postes, sans recruter, semble difficilement compatible avec les ambitions d’un champion d’Angleterre.
White, natif du Dorset, pourrait avoir besoin d’un nouveau décor pour relancer sa trajectoire. Arsenal, lui, doit choisir : conserver un joker précieux mais frustré, ou tourner une page à fort coût symbolique pour redessiner sa défense.
Dans un championnat où chaque détail compte, ce choix dira beaucoup de la manière dont le club entend défendre son trône.




